Covid-19 : des polycliniques de la CNSS à la disposition des autorités sanitaires pour la prise en charge des patients…

• Après avoir été au nombre de quatre, à savoir Ziraoui, Inara, Marrakech et Tanger, les deux premières polycliniques continuent toujours à recevoir exclusivement des patients atteints du coronavirus.
• Pour soulager les hôpitaux de Casablanca, les polycliniques de Mohammédia et Inara reçoivent les patients pour des prestations en maternité et chirurgie générale.
• Cela s’est fait dans le cadre d’un partenariat entre la CNSS et les autorités sanitaires de la Région.

Partenariat réfléchi entre la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et le secteur public de la santé. La CNSS a décidé de mettre quelques unes des polycliniques, qui sont restées ouvertes, faut-il le rappeler, depuis le début de la pandémie en mars dernier, à la disposition des autorités sanitaires afin de renforcer le dispositif de prise en charge des malades du Covid-19. Cette collaboration s’articule autour des deux schémas suivants.
Premièrement, quatre polycliniques dont deux à Casablanca, notamment celles de Ziraoui et Inara, et deux autres dans les villes de Marrakech et de Tanger reçoivent, depuis quelques mois, exclusivement les patients atteints du coronavirus. Cela s’est fait dans le cadre d’un partenariat liant les délégations régionales de la santé dans ces trois villes et la Caisse nationale de sécurité sociale. La Caisse n’intervient pas dans la gestion de ces quatre polycliniques. Cependant, la CNSS prend en charge les frais de fonctionnement de ces quatre unités. Deuxièmement, et cette fois-ci pour libérer les lits dans les hôpitaux de la ville de Casablanca, les polycliniques de Inara et Mohammédia reçoivent, depuis le mois de septembre dernier, les patients des hôpitaux pour divers actes médicaux notamment la maternité à Inara et la chirurgie générale à l’unité médicale de Mohammédia. L’accord établi avec la direction régionale de santé de Casablanca-Settat engage le gestionnaire des polycliniques à la seule prise en charge des frais de fonctionnement (les charges du personnel, maintenance, produits consommables, médicaments et logistique) de ces deux unités. Pour leur part, les hôpitaux utilisent les plateaux techniques et apportent, en cas de besoin, des produits et médicaments mais aussi leurs médecins et infirmiers pour renforcer les moyens humains. «Cette collaboration vient renforcer la contribution des polycliniques de la CNSS à la lutte contre la pandémie du coronavirus. Nos unités médicales ont fait le choix, il faut le souligner, de maintenir leur activité durant la période de confinement. Nous avons, pour assurer une prestation de qualité et en toute sécurité, mis en place toutes les mesures de protection afin de respecter les gestes barrière», explique Radouane Frej, directeur du Pôle des unités médicales (PUM).

La subvention aux polycliniques est passée de 503 à 179 Mdhs entre 2000 et 2020
Ce partenariat qui se fait gracieusement ne manquera certes pas d’impacter l’activité des polycliniques durant l’exercice 2020, mais il confirme le rôle social joué par les polycliniques depuis 1980, date de création de la première unité médicale : la polyclinique de Derb Ghallef. Au nombre de 13, les polycliniques sont implantées dans 9 villes à travers le pays et couvrent 6 régions. Offrant des prestations médicales de base (médecine, chirurgie, obstétrique et pédiatrie), d’hémodialyse, d’analyses médicales et d’imagerie médicale, elles tiennent à appliquer et respecter la Tarification nationale de référence.
Pour assurer une prise en charge médicale de qualité, une stratégie est ainsi mise en place dans le but de maîtriser et de sécuriser l’activité, d’entretenir les infrastructures et d’améliorer les conditions d’hospitalisation des patients. Les volets des ressources humaines et de l’organisationnel ne sont pas en reste puisqu’un plan de recrutement a été établi sur une durée de trois ans en vue de renforcer les effectifs et aussi des mesures d’amélioration de la gestion des unités de soins qui ont été adoptées. Globalement, 40 millions de dirhams sont, selon le directeur du PUM, investis annuellement pour cette mise à niveau. Par ailleurs, un effort constant est effectué en vue d’améliorer la situation financière de ces unités de soins. Les polycliniques, qui ont toujours assuré des soins en respectant scrupuleusement le Tarif national de référence, ont enregistré, durant ces dernières années, un déficit récurrent. Raison pour laquelle elles ont régulièrement bénéficié d’une subvention annuelle versée par la CNSS en vue de rétablir leur équilibre financier. La maîtrise et la rationalisation des dépenses mises en place par la CNSS ont permis de ramener cette subvention de 503 à 179 millions de dirhams sur les vingt dernières années. L’objectif prioritaire, souligne Radouane Frej, «est de faire disparaître définitivement cette subvention et permettre aux polycliniques d’atteindre un équilibre financier».
Les investissements et la maîtrise des dépenses s’inscrivent dans la stratégie de mise à niveau permanente des polycliniques en vue de leur permettre de jouer leur rôle social en offrant des prestations médicales adaptées aux besoins de leurs patients. Par ailleurs, cette stratégie permettra aussi d’améliorer la santé de ces unités dont l’externalisation de la gestion est de nouveau sur la table. Aujourd’hui, le chantier est lancé par le gouvernement qui a mis en place une feuille de route, désigné un comité de pilotage et demandé à la CNSS d’élaborer un CPS en vue de la contractualisation avec une banque d’affaires qui aura pour tâche de l’accompagner tout au long du processus dont le but est de désengager la CNSS de la gestion directe des ses unités médicales. Le comité de projet mis en place par la CNSS a tenu dans ce cadre plusieurs réunions et ses travaux avancent.
Pour l’heure aucune dead-line n’a été encore fixée pour le désengagement de la CNSS de la gestion directe des polycliniques tel que stipulé par l’article 44 de la loi 65-00 relative à l’assurance- maladie obligatoire. Cet article, rappelons-le, interdit à tout organisme gestionnaire d’un ou de plusieurs régimes d’AMO de cumuler la gestion de l’assurance-maladie avec celle d’établissements assurant des prestations de diagnostic, de soins et d’hospitalisation et/ou des entreprises ayant pour activité la fourniture de médicaments, de matériels, dispositifs ou équipements médicaux.