Couvertures : Mazafil consolide sa notoriété sur le marché

Les importations frauduleuses proviennent de Mauritanie, Sebta, Mellilia et Nador. De nombreuses unités informelles sont également en activité.

Se démarquer sur un marché sévèrement fragilisé par l’informel. C’est l’objectif de Mazafil qui vient de lancer sa campagne de communication télévisée. Celle-ci permettra, explique Omar Sajid, directeur général de Mazafil, d’«asseoir la notoriété de la marque, de réaffirmer le respect des normes de fabrication et de mettre en évidence les caractéristiques des couvertures» de l’entreprise. Cette communication, qui sera suivie d’une campagne digitale, est axée sur le produit et permettra de soutenir les actions mises en œuvre depuis 2013, notamment le changement de l’identité visuelle et le développement de la gamme de produits.

Marque historique sur le marché de la couverture, Mazafil propose une offre adaptée à toutes les bourses puisque les prix sont dans une fourchette de 180 à 800 DH. Les couvertures sont commercialisées dans le circuit traditionnel (Derb Omar et Kissariates) et dans la grande distribution, notamment à Asswak Salam et Marjane. Il est difficile de travailler, dit-on à Mazafil, sur un marché étouffé par les importations en contrebande et la production informelle qui représentent en tout près de 90% du marché. Aujourd’hui, cette branche de la filière du tissu de maison ne compte plus que deux unités de production, dont une à Tanger, contre une trentaine il y a dix ans. L’industrie locale a même perdu de sa superbe sur les marchés étrangers. Contrairement aux années passées, Mazafil n’exporte plus qu’une toute petite part de sa production.

Les couvertures de contrebande largement distribuées, même dans la grande distribution

Eu égard à ce contexte, Omar Sajid tient à préciser qu’il est difficile de développer son activité et donc d’investir. «J’ai aujourd’hui gelé deux projets d’investissement en attendant d’avoir plus de visibilité. L’essentiel pour nous est de soutenir notre marque face aux produits de contrebande qui inondent le marché», explique-t-il. Celui-ci est alimenté par le Nord (Sebta, Mellilia, Nador et Tanger) et les importations en sous-facturation en provenance de la Chine «où la marque Mazafil est très connue et même copiée», fait savoir le DG. Les articles importés frauduleusement sont commercialisés, même dans la grande distribution, à des prix défiant toute concurrence : 120 DH pour l’entrée de gamme et de 450 à 500 DH pour le haut de gamme.

Dans le secteur, on affirme que le marché parallèle est bien structuré. Les importateurs disposent de hangars de stockage et d’un parc de véhicules leur permettant de distribuer leurs marchandises dans un grand nombre de villes du pays à partir de Casablanca dans laquelle arrivent quotidiennement plus de 10 camions de couvertures. Pourtant, en 2012-2013, l’Administration des douanes avait fixé, à la demande de l’AMITH, des prix d’alerte afin de maîtriser les importations informelles en sous-facturation. Mais cette mesure ne semble pas suffire, souligne une source à l’AMITH. Cette même source estime nécessaire un contrôle régulier aux frontières pour barrer la route à des produits pouvant nuire à la santé des consommateurs parce que n’ayant pas été fabriqués selon les normes sanitaires requises. Du coup, les professionnels incitent les autorités de contrôle à plus de vigilance afin d’endiguer ce business parallèle qui aspire toute la croissance qu’enregistre le marché des couvertures.