Cours du brut : l’accalmie durera-t-elle ?

L’appel de l’OPEP à une baisse de la production pourrait relancer la spirale de la hausse.

Les pays importateurs de pétrole doivent se sentir quelque peu soulagés : après la course folle du prix du baril, qui a culminé à plus de 78 dollars l’été qui vient de s’achever, le cours de l’or noir est revenu, presque sans raison apparente, à un niveau que beaucoup estiment à peu près raisonnable : autour de 60 dollars.

Lundi 9 octobre, le marché avait cependant manifesté des velléités de reprise, anticipant une baisse de la production de la part de l’OPEP et une recrudescence des tensions géopolitiques liée à l’essai nucléaire nord-coréen. Le baril gagnait un dollar, à 60,58 dollars pour le «light sweet crude», la référence sur le marché new yorkais, et à 60,91 dollars pour le brent de la Mer du nord, la référence sur le marché londonien. Vingt-quatre heures plus tard, c’est de nouveau l’accalmie : à New York, le baril perdait 46 cents et à Londres 58 cents.

Pourquoi ce recul ? La première explication avancée par les experts des marchés pétroliers est liée au fait que l’OPEP, en dépit des déclarations de son président, le Nigérian Edmund Daukorou, ne paraissait pas vraiment décidée à réduire le plafond de sa production, actuellement fixé à 28 millions de barils/jour (mbj).

Cependant, pour Olivier Rech, économiste à l’Institut français du pétrole (IFP), le marché est et restera probablement tendu encore longtemps. Selon ses récentes déclarations, «au-delà des fluctuations à court terme liées à des facteurs conjoncturels, les acteurs du marché intègrent un pétrole durablement cher». Et la principale raison, selon lui, en est une forte progression de la consommation aux Etats-Unis et en Chine principalement. Or, cette hausse de la consommation n’est pas suivie par des investissements suffisants à la fois dans la production et le raffinage.

Focus
Utilisation et réserves

L’Institut français du pétrole (IFP) donne quelques indications édifiantes sur le niveau de consommation de ce produit :
• 16 % de la population mondiale se partage 70 % de la consommation.
• Chaque habitant consomme 4 barils de pétrole par an (20 barils pour un Américain, 11 pour un Français et 1,5 pour un Chinois).
• Jusqu’à aujourd’hui, entre 850 et 950 milliards de barils ont été consommés. Il resterait à produire (réserves existantes + réserves à découvrir) un peu plus de 1 000 milliards de barils d’après l’ASFO (Association for the study of peak oil) et plus de 2 000 milliards de barils d’après l’USGS (United states geological survey)