Cours de soutien : jusqu’à  2 500 DH par mois dans des écoles spécialisées

Assistance à  la préparation du Brevet, du Baccalauréat ou des classes prépas… elles proposent plusieurs formules. Les matières scientifiques sont plus demandées.

L’école publique est désertée ? L’école privée la remplace au prix de sacrifices matériels conséquents ? Comme si cela ne suffisait pas, le recours au cours de soutien devient de plus en plus répandu. Les parents qui en ont les moyens -et même ceux qui n’en ont pas !- n’hésitent plus à payer cher pour que leurs enfants puissent être aidés en dehors des heures de classe. Et la demande est telle que plusieurs établissements s’y sont spécialisés, alors qu’il y a quelques années la prestation se faisait surtout à domicile, chez certains professeurs de la classe ou le soir, dans certaines écoles de l’enseignement privé. «Cette formule s’impose de nos jours afin de pallier l’encombrement des classes et aussi, il faut le dire, au manque de concentration des élèves en cours», explique un responsable d’un établissement de cours du soir.  On en compte plusieurs situés dans les grandes villes, notamment Casablanca, Rabat, Kénitra et Marrakech. Mais c’est naturellement dans les deux premières citées que la demande est la plus importante. L’offre porte sur des cours de soutien dans quasiment toutes les matières, dispensés en petits groupes, de 6 à 8 élèves. C’est le cas de MyScholl, à Rabat, qui s’est spécialisée, dès sa création en 2008, dans les cours à domicile mais qui, pour répondre à la forte demande, propose également des cours en groupe. L’établissement prépare les élèves aux examens de fin d’année (Bac et Brevet) ainsi qu’aux concours d’entrée aux grandes écoles, tout comme il propose un simple soutien pour l’amélioration des résultats des élèves en difficulté. Les responsables ne nous ont pas communiqué leurs tarifs mais précisent qu’ils sont à la portée des familles qui ont des enfants scolarisés, aussi bien dans le système d’enseignement national que dans les écoles de la Mission française.

12 000 à 14 000 DH par an dans une école à Casablanca

Académia, implantée à Rabat également, propose aussi des cours de soutien et une préparation aux concours pour les bacheliers. Les élèves ont huit heures de cours par mois, soit deux heures par semaine, dans les matières souhaitées et en groupe de huit. Les tarifs varient en fonction du système de scolarisation.
Ainsi, pour un lycéen du système marocain, les parents paieront 580 DH le mois alors que pour un collégien, le tarif est de 800 DH. Pour les élèves des lycées français, les cours sont facturés 720 DH et 640 DH pour les collégiens. Cette école propose même des sessions intensives pendant les vacances. Ces cours, étalés sur 10 heures, sont facturés 650 DH par matière quel que soit le système.
Le tarif fixé pour les collégiens de l’Education nationale s’explique par le fait que la demande n’est pas significative alors qu’il faut mettre en place une logistique (salle, professeurs…) quel que soit le nombre d’inscrits.
Pour les lycéens, les élèves des écoles françaises paient plus cher que ceux du système national. Un différentiel que de nombreux observateurs expliquent par le fait que les familles ayant choisi ce système disposent de plus de moyens. Il semble pourtant qu’il ne s’agit là que d’un préjugé car, dans de nombreux cas, le choix de ce système d’enseignement est un véritable sacrifice financier pour les parents !
Un sacrifice que font beaucoup de parents, encore plus ceux qui paient des cours de soutien dans une célèbre école spécialisée à Casablanca. Souhaitant garder l’anonymat, le responsable de cet établissement explique que «pour avoir des cours de soutien de qualité avec des professeurs compétents et un suivi des matières, il faut y mettre le prix». Et celui-ci varie de 12 000 à 14 000 DH par an pour les élèves du secondaire de la Mission française, spécialité de cette école.
A côté de ces établissements, d’autres écoles privées, tel que le Groupe scolaire Yasmine et Al Hikma à Casablanca, assurent des cours du soir pour les élèves de première et de terminale du système marocain pour les aider à préparer les deux années du Baccalauréat. Assurés deux fois par semaine à raison de deux heures par soir, les cours, en groupe de 20 à 25 élèves, coûtent entre 1 500 et 2 500 DH par mois.
Pour les collégiens, sauf cas exceptionnel, les cours sont plutôt dispensés à domicile ou en groupe chez les professeurs. Ceux-ci se font payer entre 100 et 150 DH l’heure. Si l’élève souhaite être pris en charge individuellement, le prix peut monter jusqu’à 250 DH l’heure ! En résumé, ce qui autrefois constituait l’exception, pour aider des élèves en difficulté à passer un cap, est en train de devenir, progressivement, une banale habitude…