Coup de pouce financier pour inciter les MRE à investir dans l’Oriental

Le conseil régional a arrêté un budget de 55 MDH pour verser des subventions ou des primes à l’emploi. Pour être éligible, un projet doit requérir un investissement supérieur ou égal à un million de DH et générer au moins 20 emplois. Sur 278 dossiers d’investissement traités en 2016, seulement 10% émanent des MRE.

Les investissements vont peser davantage dans le budget de la région de l’Oriental en 2017. Le président du conseil de la région, Abdenbi Biioui, a annoncé la constitution d’une enveloppe de 55 MDH pour soutenir les Marocains résidents à l’étranger (MRE) qui souhaitent investir dans des projets ou pour l’extension de leur activité économique. Cette offre, qui prend la forme de subventions à l’investissement mais aussi des primes à l’emploi, concerne l’agriculture, le tourisme, la logistique, l’industrie, l’offshoring, les énergies renouvelables et d’autres secteurs à haute valeur ajoutée. Pour être éligible, le projet doit nécessiter un investissement supérieur ou égal à un million de DH et générer au moins 20 emplois. Ce dispositif a été rendu public lors de la première édition du Forum économique organisé les 5 et 6 mai à Saïdia par le Conseil de la région de l’Oriental pour encourager l’investissement des MRE. Une soixantaine d’entre eux, en mesure d’investir ou de ramener de l’investissement, et 250 invités ont assisté à cette grand-messe

Cette première édition du Forum économique de l’oriental s’inscrit aussi dans le cadre du programme Primo (Programme régional de l’initiative des MRE dans l’Oriental). Une déclinaison régionale du projet Sharaka qui fait l’objet d’une convention de coopération entre le conseil, la Wilaya de la région de l’Oriental et le ministère chargé des MRE et des affaires de la migration. Ce projet Sharaka est cofinancé par l’Union Européenne, le ministère des affaires étrangères et du développement international et le ministère néerlandais des affaires étrangères. Il est mis en œuvre dans le cadre d’une gestion déléguée par Expertise France, une agence internationale de coopération technique. Le redéploiement du projet prend la forme d’un programme pilote étalé sur une période de 11 mois à hauteur de 11 MDH (un million d’euros). La finalité est de consolider les liens entre les MRE et leur territoire d’origine et de renforcer la collaboration des acteurs nationaux et régionaux autour des MRE. Le programme repose sur trois piliers : la promotion du territoire, l’intégration d’un volet MRE dans la stratégie de planification régionale et l’accompagnement des investisseurs

Six heures pour créer une entreprise

Dans l’Oriental, les choses ont beaucoup changé en matière d’infrastructures économiques, sauf qu’aujourd’hui il faut accélérer le rythme et la dynamique des investissements. Il faut souligner que plus de 30% des MRE est issue de cette région. Mais malgré les liens forts qui les lient à leur région, leur contribution en matière d’investissement demeure faible. Selon le Conseil régional d’investissement, sur les 278 dossiers d’investissement traités en 2016, seulement 10% proviennent des MRE. Cette faiblesse provient, selon une panoplie d’investisseurs, de la lenteur des procédures et des difficultés à obtenir un financement bancaire. A cela s’ajoute l’atonie du marché en raison de la fermeture de la frontière avec l’Algérie.

«Nous sommes en train de travailler sur un cahier des charges pour faciliter le processus d’investissement dans la région», a indiqué Abdenbi Biioui. Ce cahier des charges sera consultable sur le site de la nouvelle 13e région virtuelle qui sera prochainement destiné aux Marocains entrepreneurs du monde. La plateforme comportera le maximum d’informations liées à l’investissement au Maroc. De plus, des cadres seront mobilisés pour répondre immédiatement en ligne aux différentes questions posées par les investisseurs. «Nous souhaitons devenir un intermédiaire positif entre les Marocains du monde et les administrations. C’est une révolution qui aura un impact positif sur la rentabilité des investissements», a déclaré Abdelkrim Benatiq, ministre délégué aux affaires étrangères chargé des MRE. En parallèle, le ministère des affaires étrangères a mis en place un dispositif d’accompagnement destiné aux MRE dont l’objectif est de fournir les informations nécessaires et orienter les intéressés. Les porteurs des projets sont également accompagnés dans toutes les étapes de l’investissement, et ce, dès le départ. A ce titre, le Centre régional d’investissement de la région s’est employé à rendre ses procédures plus fluides. Aujourd’hui, la création d’une entreprise ne dépasse pas les six heures avec un accompagnement personnalisé. Le délai de traitement des réclamations qui concernent l’investissement est fixé à 5 jours.

L’agriculture est le socle historique sur lequel s’est bâti le développement économique de la région, qui se présente comme l’un des principaux greniers nationaux. La surface cultivable dans la région s’élève à 901 470 ha. L’Oriental compte près de 118 000 exploitations spécialisées, entre autres, dans les filières oléicole, aquacole, maraîchère et dattier. La région cherche à attirer des investisseurs pour améliorer sa capacité de production afin de répondre aux besoins alimentaires locaux. Le secteur agricole présente donc des opportunités pour les industriels de l’agroalimentaire. Coté industrie, la chimie et la parachimie représente 55% du tissu industriel de la région. En revanche, le poids de d’industrie manufacturière reste relativement modeste. A titre d’exemple, les filières textile et cuir, électronique et agroalimentaire ne représentent que 3,4% et 14% de la production. D’autres filières de production sont jugées indispensables, notamment la fabrication de matériaux destinés aux secteurs maritime et aérien, la production d’emballage en plastique et des unités de production de cellules photovoltaïques. Le tourisme est aussi un puissant levier économique pour l’Oriental. Le secteur a généré sur les trois dernières années un volume d’affaires de 4,7 milliards deDH. En 2016, le nombre d’arrivées s’est envolé de près de 32%, à 213 588. Le taux d’occupation s’est bonifié de 9 points pour atteindre 49% sur la même période. Pour cela d’importants investissements ont été réalisés pour porter la capacité d’accueil à 11 000 lits. Un chiffre qui reste faible par rapport aux ambitions de la région.