Coup de pouce du Crédit Agricole à  la filière oléicole

Il propose des crédits spécifiques pour chaque étape
Depuis juin dernier, la banque a financé 20 projets oléicoles pour un montant de 50 MDH.

Le Crédit Agricole du Maroc (CAM) a fait du financement de la filière oléicole un des principaux axes de son développement. La preuve en a une nouvelle fois été donnée lors de la deuxième édition du FIO (Forum d’investissement dans l’olive) organisé les 15 et 16 mars à Meknès. Du premier investissement à l’aide à l’amélioration de la compétitivité, la banque propose désormais des formules de crédit adaptées à chaque étape et, apparemment, les opérateurs sont de plus en plus interessés par les opportunités qu’offre la filière. Toutefois, le Crédit agricole, malgré son volontarisme, agit en banquier averti, c’est-à-dire qu’il ne s’engage que si le dossier est bien ficelé. Depuis l’été dernier, il a financé 20 projets d’investissement en oléiculture d’une valeur globale de 50 MDH, indique Ouafae Chekrouni, directeur des marchés des filières alimentaires.

Ces projets figurent parmi les 280 dossiers d’intention d’investissement déposés lors de la première édition du FIO, organisée en juin 2006 à Skhirat. A en croire Mme Chekrouni, les demandes non satisfaites sont le fait d’investisseurs qui attendaient l’augmentation annoncée du soutien de l’Etat. De même, l’indécision des investisseurs sur les choix techniques (traditionnel, intensif, super intensif) a contribué au retard observé dans les réalisations.

La banque promet d’accélérer les procédures
Pour cette deuxième édition, 94 dossiers, dont 42 comprennent ou portent sur une unité de trituration, ont été présentés. La superficie concernée est de 8 400 ha et l’investissement prévisionnel se monte à 560 MDH. Rappelons par ailleurs que le fonds Oléa, monté avec des institutions locales et étrangères, le Groupe Société générale notamment, est aussi à la disposition des investisseurs potentiels.

Lors de ce forum, les investisseurs ont soulevé de nombreuses questions à caractère commercial, technique ou financier. Beaucoup ont mis le doigt sur l’évolution erratique des cours de l’huile d’olive sur le marché international, notamment le prix exceptionnel de la campagne précédente, qui risque d’induire en erreur les novices quant à la rentabilité d’un investissement. Autre point important soulevé, pour bénéficier des subventions et pour obtenir le financement du CAM, il faut présenter un dossier avec une étude de projet, des autorisations de creusement et de pompage ainsi qu’une autorisation du ministère de l’agriculture, préalable à toute opération sur le terrain… Tout ceci peut demander plusieurs années sans que l’on ne soit sûr de la concrétisation du projet.

En réponse à ce problème administratif, Tarik Sijilmassi, président du directoire du CAM, invoque le manque de moyens humains au niveau des caisses régionales et le nombre élevé de contrôles imposés par le ministère de l’agriculture. Il a pris l’engagement d’écourter les délais qui devraient passer à un ou, au maximum, deux mois.