Coup de froid sur les prix de la volaille

En juin, le cours moyen du poulet a encore baissé de 6% comparativement à  mai. Le prix de l’Å“uf a par contre augmenté en juin à  la faveur de Ramadan.

Une fois n’est pas coutume, le cours moyen du poulet de chair s’est inscrit en baisse durant le mois de juin, une période durant laquelle il avait l’habitude de prendre le sens inverse. Selon le dernier bulletin de conjoncture de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole, le cours s’est établi à 10,63 DH le kilo, contre 11,35 DH en mai et 12,58 DH en juin 2014. La baisse sur un an atteint ainsi 15,5%. La baisse est encore plus prononcée pour la dinde dont le prix a chuté en moyenne de 20% pour s’établir à 14,58 DH le kilo.

C’est là une suite logique à la tendance observée depuis le début de l’année et à laquelle s’attendait la FISA. Constatant des prévisions de production de poussins en forte augmentation en début d’année, la fédération a déjà fait savoir dans son bulletin trimestriel d’avril que la production de poulets allait être supérieure à la demande réelle du marché. Ce qui est bien le cas vu la tendance que prennent actuellement les cours.

Le secteur moderne a produit534 000 tonnes de viandesde volaille en 2014

Il existe d’autres facteurs qui pourraient expliquer le reflux des prix. Le mois de juin de cette année a en effet coïncidé avec l’avènement de Ramadan durant la seconde quinzaine. Or, habituellement, juin est un mois de forte consommation de volaille, en marge notamment de l’entame de la saison des fêtes de mariages qui boostent considérablement la demande. Cette année, ce ne fut donc pas le cas et les fêtes habituellement programmées en juin ne le seront finalement qu’à partir de la fin de juillet.Pour ce qui est des œufs, les cours se sont naturellement inscrits en hausse, en raison de l’impact du mois sacré sur la consommation. Contrairement aux viandes de volaille, Ramadan stimule la demande, ce qui a engendré une hausse du cours moyen de 13% durant le mois de juin.

Cette appréciation aura certainement pour conséquence d’alléger la pression sur la filière qui vit un contexte difficile depuis l’année dernière. Cette crise s’explique principalement par l’augmentation conséquente de la production, due aux investissements massifs réalisés au niveau des pondeuses en 2014, année durant laquelle le chiffre d’affaires global du secteur a atteint 19,4 milliards de DH, pour plus de 7,4 milliards de DH d’investissement. Les opérateurs comptent aujourd’hui sur la stratégie de développement de la filière à l’export, prévue dans le cadre du Plan Maroc Vert, pour réguler le marché. Cela revient à répondre aux besoins des consommateurs tout en évitant les pertes découlant d’un excès d’offre. L’objectif étant d’augmenter la consommation par habitant de viandes de volaille. Avec 534 000 tonnes produites en 2014, le secteur moderne se maintient au-dessus de la barre des 500 000 tonnes franchie en 2010. Cette production équivaut à une consommation moyenne de 15,7 kg par habitant. Beaucoup plus sil’on tient compte des élevages traditionnels.