Coup de frein à  la progression des ventes de ciment

En décembre 2008, l’activité a enregistré un recul de 6,33% par rapport à  la même période de 2007.
L’année s’est terminée par une hausse globale de 9,9%, moins que prévu.

Le ciment continue à bien se vendre, mais le rythme de progression marque le pas. La consommation nationale a certes enregistré une hausse en 2008 pour atteindre les 14 millions de tonnes, mais le taux de progression par rapport à l’année précédente s’est limité à 9,86 %. En 2007, par exemple, la consommation nationale avait bondi de 12,6 % en un an, atteignant les 12,7 millions de tonnes, alors que le marché avait bouclé 2006 sur un taux de croissance de 10,4 % avec plus de 11,3 millions de tonnes écoulées. En définitive, les prévisions de l’Association professionnelle des cimentiers (APC), arrêtées à 15 millions de tonnes en mai dernier, n’ont pas été réalisées.
Une analyse des statistiques mensuelles montre que la baisse d’activité enregistrée en décembre a été en grande partie à l’origine du résultat final. Durant ledit mois, la consommation a fléchi de 6,33% par rapport à la même période de 2007, à 767 436 tonnes. On invoque ici le long arrêt des chantiers dû à l’Aïd Al Adha qui coïncide avec les congés annuels des ouvriers du bâtiment, dont la plupart viennent du sud du pays. Le même scénario avait été observé au cours du mois de septembre dernier, période du Ramadan.
Mais ce n’est pas tout. A en croire Abdeljalil El Hassani, vice-président du directoire d’Holcim Maroc, la croissance sera moins importante en 2009 qu’en 2008. «Eu égard à plusieurs facteurs endogènes et exogènes, elle sera l’ordre de 4 ou 5%», souligne M. Hassani. Selon lui, le ralentissement s’expliquera par «le retard annoncé dans certains grands projets touristiques ainsi que par la faiblesse du nombre des mises en chantiers durant le deuxième semestre de 2008».
En dépit de tous ces facteurs, les cimentiers ne perdent pas espoir. Ils sont convaincus que 2010 sera l’année de la reprise. «Il est peut-être trop tôt pour en parler, mais les nombreux programmes de logements, tels que les appartement à 140 000 DH, les logements sociaux ou ceux destinés à la classe moyenne seront bien lancés lors du deuxième semestre 2009. C’est pourquoi nous sommes convaincus que la consommation de ciment sera relancée», analyse M.El Hassani.
Il faut savoir par ailleurs que les capacités sont en hausse constante. Les cimenteries du Royaume disposaient en 2007 d’une capacité globale de production de 15 millions de tonnes/an. Cette capacité ne cesse d’augmenter en raison des investissements colossaux consentis par les professionnels du secteur. De 2007 à 2010, le programme d’investissement de tout le secteur s’établit à près de 8 milliards de DH.

Forte baisse à Meknès, dans le Nord et à Casablanca
En attendant, pour 2008, c’est la région de Meknès-Tafilalt qui accuse la plus grande baisse en décembre (-23,23%), suivie de Tanger-Tétouan (-21,08%). Dans cette région, l’évolution défavorable peut être imputée à l’achèvement de certains tronçons d’autoroute et à la réduction des besoins à mesure que la réalisation de Tanger Med avance.
Le grand Casablanca accuse également une baisse de 17,10%, se limitant à 62 464 tonnes pour le dernier mois de 2008, contre 111 530 en décembre 2007. Hormis les régions du sud, celle de Doukala-Abda ainsi que Marrakech-Tensift, toutes les autres ont accusé une baisse de la consommation durant le mois de décembre.
Chiffres à l’appui, les cimentiers montrent que la région du sud, qui a enregistré une hausse de 81,94% en décembre dernier sur une consommation cependant très faible (3 859 tonnes contre 2 121 tonnes un an auparavant), n’a pas souffert d’un arrêt prolongé des chantiers durant la période de l’Aïd.