Couchsurfing ou comment la notion de "Daïf Allah" essaime au niveau mondial

Le réseau internet compte plus d’un million et demi de membres dans le monde, dont près de 4 000 Marocains.
Le principe : un hébergement gratuit chez l’habitant un peu partout dans le monde.

Connaissez-vous le couchsurfing ? C’est un phénomène récent qui permet aux personnes voyageant à l’étranger de se loger gratuitement chez l’habitant. Enfin, pas n’importe quel habitant puisqu’il faut s’inscrire sur le site www.couchsurfing.com pour trouver un membre du réseau qui vous offre la possibilité d’être accueilli dans la simplicité dans le pays et la ville de votre choix. Loger n’est pas la seule option offerte, on peut aussi juste rencontrer un guide pour faciliter l’accès à la culture du pays d’accueil ou prendre un café avec un autochtone, histoire de se mettre dans l’ambiance locale.

Peu de déceptions chez les adhérents

Ce réseau qui a  le vent en poupe avec une moyenne d’un millier d’adhérents supplémentaires chaque semaine compte à l’heure actuelle plus de 1,5 million d’adeptes. Il a été créé en 2004 aux Etats-Unis par un certain Casey Fenton, mais n’a connu son véritable essor qu’au cours des deux dernières années. Au Maroc, elles sont 3 628 personnes à adhérer à ce réseau et proposant l’hébergement aux étrangers. La toile couchsurfing fonctionne un peu à l’image comme Facebook, le plus connu des réseaux sociaux, avec présentation du membre, son profil, les photos du logement qu’il propose, le nombre d’amis ainsi que les témoignages et recommandations des touristes qui ont eu affaire à la personne. On peut lire sur le profil de Hicham d’Agadir, 24 ans, des dizaines de commentaires comme celui-ci : «Ce fut un moment très sympa que j’ai passé en compagnie de Hicham. Il m’a fait visiter la ville, on a mangé, son couch est confortable, je le recommande fortement». A propos d’Adil de Rabat, 29 ans, on relève : «Mon expérience fut unique, j’ai passé deux jours à Rabat avec lui et sa famille. Des gens très adorables. Il m’a fait visiter la ville et m’a invité pour un couscous exquis». Si le réseau affiche 99,6% d’expériences positives, donc très peu de déception, c’est en raison de son principe très simple : pas d’obligations, pas de contrainte. On n’est pas obligé de proposer un hébergement pour être membre du réseau, et on peut refuser d’héberger quelqu’un qui ne nous plaît pas ou avec lequel nous sentons qu’il n’y aurait pas d’affinité. Au final, couchsurfing c’est un peu comme cette tradition marocaine qui voulait que l’on accueille l’étranger qui demandait : «Daïf Allah» (invité de Dieu). Il était assuré d’avoir le gîte et le couvert pour la nuit.