Cosumar veut couvrir 53% des besoins en sucre brut en 2012

Son programme de 5 ans baptisé «Indimaj 2012» comprend l’accompagnement des
agriculteurs
et la modernisation de l’outil industriel

Une enveloppe de 120 MDH déjà  engagée
pour l’augmentation du capital de Suta et la réduction de son passif.

120 MDH ! C’est la première tranche déboursée par la Cosumar dans le cadre de son plan «Indimaj 2012», portant sur l’intégration, de développement industriel et de mise à  niveau globale pour les quatre sucreries (Surac, Suta, Sunabel et Sucrafor) acquises en 2005 dans le cadre de la privatisation. Ce montant a été injecté dans le capital de Suta pour le porter à  388 MDH et éponger son passif qui s’élevait à  124,4 MDH.

Parallèlement à  ces opérations de restructuration financière, un des axes majeurs du programme Indimaj 2012 concerne l’intervention en amont de la filière, c’est-à -dire l’accompagnement des producteurs de betterave et de canne à  sucre. En décembre 2007, d’ailleurs, la Cosumar a soumis au ministère de l’agriculture un schéma analogue à  celui qui avait été adopté l’année précédente pour les sucreries de Doukkala (Sidi Bennour et Khémis Zemamra) et qui s’est avéré payant. Il s’agira, selon des sources à  la Cosumar, d’«accompagner les 80 000 agriculteurs avec qui nous sommes partenaires pour leur permettre d’améliorer leur productivité et de réaliser des économies et des gains en matière d’achats et de gestion des ressources hydrauliques». Les mêmes sources précisent que ce projet d’accompagnement permettra aux agriculteurs de réaliser une économie d’eau de 30 à  40% par ha, sachant que les cultures de betterave nécessitent 6 000 m3 d’eau par an et la canne à  sucre 10 000 m3. Rappelons que ces agriculteurs sont localisés dans les zones de Tadla, Doukkalas, le Gharb, la Moulouya et le Loukkos.

Discussions avec l’Agriculture pour alléger les procédures des subventions aux agriculteurs
Dans ce plan figurent également des aides pour l’achat d’équipements et d’intrants (semences, engrais et produits phytosanitaires) et la facilitation de l’accès au crédit bancaire. «Selon nos prévisions, les achats regroupés d’équipements permettront un gain très intéressant de 10 à  15% sur le prix. Tout comme une demande collective de crédit permettra un accès plus facile au financement du fait que la Cosumar se porte garante auprès du pourvoyeur de fonds», explique-t-on.

Les différents points de ce projet d’accompagnement ont été discutés avec les Offices de mise en valeur agricole et une rencontre est prévue, selon la présidence de la Cosumar, avec le ministre de l’agriculture. Outre l’accompagnement des exploitants, l’objectif est de simplifier et d’alléger les procédures d’attribution des subventions par les pouvoirs publics aux agriculteurs. Ce projet aboutira à  l’augmentation des superficies cultivées qui se sont déjà  élargies de 13% en 2007 par rapport à  l’année 2006. Aujourd’hui, on compte 57 000 ha de betterave et 19 000 ha de canne à  sucre.
Résultat : la Cosumar envisage raisonnablement que la production nationale en betterave et canne à  sucre pourra couvrir, en 2012, 53% des besoins nationaux en sucre brut (environ 1,1 million de tonnes par an) contre 45% actuellement. Signalons que la Cosumar raffine actuellement du sucre brut importé essentiellement du Brésil.

Pour ce qui est du volet industriel du programme Indimaj 2012, plusieurs investissements sont prévus pour mettre à  niveau les unités de production, notamment à  travers une modernisation des équipements par l’automatisation des machines, l’amélioration de la méthodologie d’analyse et d’extraction ainsi que la rénovation des centres de réception. A travers ces actions, la Cosumar ambitionne d’atteindre les standards de compétitivité comparables aux normes européennes et de développer des économies d’énergie.
L’entreprise réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de 5,5 milliards de DH en commercialisant 80% de sa production sur le marché de bouche (grossistes, semi-grossistes et grandes surfaces) et 20% auprès des industriels (biscuiterie, chocolaterie, limonadiers et fabricants de jus de fruits). Par ailleurs, elle produit également 200 000 tonnes par an de pulpe destinée à  l’alimentation du bétail et 150 000 à  180 000 tonnes de mélasse.