Cosmétiques : les opérateurs créent une association pour organiser le secteur

Les sept membres fondateurs contrôlent environ 80% du marché. Ils ont un double objectif : structurer et développer leur activité et garantir la sécurité des consommateurs.

L’Oréal Maroc, Pelissard, Avon, Pierre Fabre, Colgate Palmolive, Procter & Gamble  et Unilever. Ce sont les sept membres fondateurs de l’Association Cosmétiques Maroc. Ils représentent environ 80% du secteur et veulent «permettre aux Marocaines d’avoir des produits de qualité qu’elles peuvent utiliser en toute sécurité et d’être rassurées quant à leur efficacité», souligne Phillipe Rafraye, président de l’association et DG de L’Oréal Maroc. Le groupement professionnel existe légalement depuis début février, mais ses fondateurs ont tenu leur assemblée générale constitutive en octobre 2017 à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). L’association s’est dotée d’un comité technique ainsi que d’un conseil d’administration. Cette nouvelle entité vise l’organisation de ce secteur qui compte actuellement une centaine d’opérateurs et dont le développement est quelque peu bloqué par l’informel. Estimé à 6 milliards de DH, ce marché est caractérisé par une forte pénétration (90%) des produits de maquillage et des shampoings.

Les objectifs de l’association sont divers, notamment favoriser le développement du secteur grâce à une collaboration mutuelle entre les différents membres, promouvoir les intérêts communs matériels et moraux du secteur, défendre la profession auprès des autorités marocaines et organismes étatiques, échanger les informations relatives aux innovations scientifiques, contribuer à l’harmonisation et la standardisation des réglementations relatives aux produits cosmétiques, sensibiliser et impliquer les pouvoirs publics aux phénomènes de la contrefaçon et de la contrebande et enfin promouvoir la cosmétovigilance pour garantir la sécurité du consommateur marocain.

Une nouvelle réglementation des AMM pour les cosmétiques est en préparation

L’association a donc du pain sur la planche. Il faut, comme l’explique son président, «rectifier le tir, car les opérateurs ont beaucoup de frustrations en raison d’une méconnaissance de cette industrie et des nombreuses difficultés rencontrées, principalement en matière de réglementation». C’est pourquoi des réunions ont déjà eu lieu avec la Direction du médicament et de la pharmacie au ministère de la santé pour mettre en place une nouvelle réglementation des AMM (Autorisations de mise sur le marché) et des procédures d’enregistrement des produits. L’objectif est d’assurer une traçabilité des produits et de contrecarrer les ventes dans le circuit informel qui impacte l’image des marques distribuées sur le marché.

Par ailleurs, le bureau de l’association appelle l’ensemble des opérateurs organisés à y adhérer. Deux nouveaux membres, Olka et Cosmética, ont rejoint le groupement professionnel.  Celui-ci entend par ailleurs s’impliquer dans des actions grand public pour sensibiliser les consommateurs et former les professionnels du secteur, notamment les coiffeurs.