COP22 : la société civile veut être aux premiers rangs

L’un des principaux objectifs de la COP22 sera d’augmenter la prise de conscience de la société marocaine vis-à-vis de ses enjeux. Le succès de la lutte contre le changement climatique dépendra, en grande partie, de l’implication des sociétés civiles.

L’Institut français du Maroc et l’ambassade de France au Maroc ont organisé, le 1er octobre, à la Bibliothèque nationale du Royaume à Rabat, en collaboration avec une vingtaine d’acteurs marocains et français, la «Journée Climat» labellisée COP22 : «Le climat change. Et nous ?». La manifestation a rassemblé diverses ONG, associations, écoles, personnalités publiques et chercheurs. Son objectif est d’informer le grand public sur les enjeux du climat, ainsi que de lui faire connaître des solutions alternatives pour atténuer le changement climatique et adapter la société à ses effets.

Lors de la séance inaugurale de la Journée Climat, Driss El Yazami, responsable de la société civile pour la COP22, a décliné trois des principaux objectifs du Royaume lors de la Conférence de Marrakech. Le premier est l’utilisation de cette «opportunité historique» pour amplifier la prise de conscience de la société marocaine dans son ensemble sur les enjeux climatiques. Le second est de renforcer les liens entre la société civile marocaine et la société civile internationale, sachant qu’à la COP21 il y avait seulement deux entités marocaines accréditées et qu’aujourd’hui, pour la COP22, il y en a déjà 14, tandis que 18 autres associations et universités marocaines ont déposé leurs demandes d’accréditation. Enfin, le troisième objectif est d’agir pour la «territorialisation de l’action pour le climat» et ce, en travaillant de concert avec les régions et les collectivités territoriales marocaines. A ce titre, se tiendra, le 14 novembre, lors de la COP22, le 2e Sommet des élus régionaux et locaux, qui verra la participation de l’ensemble des réseaux des villes au niveau international. 

Manuel Pulgar-Vidal, ancien ministre de l’environnement du Pérou et président de la COP20, explique que «si la COP20 de Lima et la COP21 de Paris ont été couronnées de succès, c’est parce que le secteur public et privé, ainsi que la société civile ont travaillé main dans la main pour la réalisation d’un seul objectif commun. C’est pourquoi il est nécessaire de maintenir cette confiance lors de la COP 22 de Marrakech».

Sensibilisation des élèves et étudiants

De l’avis de Jean-François Girault, ambassadeur de France au Maroc, «le dialogue sur le climat entre la France et le Maroc va au-delà des relations entre les Etats et les gouvernements, dans la mesure où il concerne également les sociétés civiles, les ONG, les entreprises… Car, sans elles, il n’y aura pas de succès de l’accord de Paris». Et de se féliciter de la décision, le 30 septembre, du Conseil des ministres de l’environnement de l’Union Européenne d’accepter la ratification de l’accord de Paris; ce qui devrait permettre aux six Etats membres l’ayant déjà ratifié, à titre national, de soumettre leurs instruments de ratification au nom de l’UE. A noter que l’accord de Paris entrera en vigueur un mois après avoir été ratifié par un minimum de 55 pays représentant au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre, à l’échelle mondiale.

Ouverte au public, la Journée Climat a visé essentiellement les jeunes, notamment les élèves et les étudiants, qui ont pu visiter une quarantaine de stands tenus par des associations, écoles et institutions publiques. Ceux-ci ont également eu l’occasion de participer à plusieurs ateliers, conférences et tables-rondes, projections de films, etc. De ce fait, l’évènement a été l’occasion de «promouvoir un travail sur les consciences» autour des questions liées au climat, notamment en ce qui concerne la gestion des déchets, l’utilisation rationnelle des ressources en eau et électricité, le développement de solutions locales alternatives aux énergies fossiles, l’écoresponsabilité, etc.

De même que s’est tenue, lors de la Journée, la cérémonie de remise des prix de la troisième édition du Concours international de films courts, intitulé «Ana, Maghribi(a)», organisée par l’Institut français du Maroc. Ce concours récompense des jeunes de moins de 30 ans pour la réalisation d’un film de 90 secondes. Lors de cette édition, dont le jury a été présidé par Noureddine Lakhmari, réalisateur de Casa Negra et de Zéro, six prix ont été remis aux gagnants qui ont proposé des vidéos sur la thématique «Demain, ma planète…».