Conflit social à  l’ONMT

L’UGTM et la FDT accusent la nouvelle direction de créer une ambiance malsaine et menacent de faire grève

La direction impute les problèmes à «une poignée de privilégiés» rappelés de l’étranger.

Malaise à l’ONMT (Office National marocain du tourisme). Depuis quelques jours, le torchon brûle entre la nouvelle direction et les deux syndicats représentés au sein de l’office, en l’occurrence l’UGTM (Union générale des travailleurs marocains) et la FDT ( Fédération démocratique du travail) qui menacent à coup de communiqués adressés à la presse, «d’user de tous leurs droits réglementaires». Les représentants des deux syndicats accusent sans détour la direction générale de harcèlement du personnel, de menaces, de licenciements abusifs, d’affectation à des postes de travail sans rapport avec les compétences des personnes… Bref, selon l’expression d’un syndicaliste, «l’ONMT ressemble de plus en plus à un souk».
Et le dialogue dans tout ça ? Selon les représentants syndicaux, la direction de l’office refuse toute discussion et nie les faits qui lui sont reprochés, mettant en avant un seul argument, celui de la rationalisation de la gestion des ressources humaines. Une rationalisation qui n’est pas du goût des représentants syndicaux, de leur aveu même. A titre d’exemple, ils trouvent scandaleux que les vigiles leur demandent de présenter un bon de sortie avant de quitter l’office durant les heures de travail. Ceci étant, les protestataires, dont il est difficile d’évaluer le nombre, entendent bien demander une rencontre avec le ministre du Tourisme pour qu’il tranche dans ce conflit.

La direction tient à réduire les charges de fonctionnement
Que pense la direction de l’office de ce conflit qui couve au sein de ses locaux de Rabat, où se côtoient 120 personnes, sans parler de son impact sur les délégations à l’étranger, qui comptent quelque 80 personnes ? Pour le directeur général, Abbas Azzouzi, le problème est plus simple qu’on ne le pense. Il explique qu’une dizaine de personnes à peine, qui officiaient à l’étranger et qui ont été rappelées, sont en train de semer la zizanie au sein de l’établissement car elles sont mécontentes de perdre leurs privilèges et surtout d’être «mises face à leurs nouvelles responsabilités». Au passage, le DG de l’ONMT souligne qu’il s’agit de réduire les charges de fonctionnement de l’office. Celles-ci représentent, actuellement, 30 % du budget annuel qui s’élève à 400 MDH. «Nous avons, explique le DG, un discours et des objectifs clairs, et nous comptons réaliser ces objectifs, conformément à la mission qui est assignée à l’office. Alors, si quelques personnes veulent ameuter la presse pour continuer à profiter de la
situation, cela ne nous fera
pas changer d’avis», martèle
M. Azzouzi qui se montre, pour l’heure, inflexible.
Affaire à suivre… .