Confiserie-biscuiterie : les industriels veulent produire sous douane

Une étude sectorielle sera incessamment soumise aux pouvoirs publics

Un contrat-programme
en préparation

Les produits émiratis représentent, en
2006, 25% de parts de marché.

Dans les jours qui viennent, l’Association de la biscuiterie, confiserie et chocolaterie (AB2C) présentera la version définitive de son étude sectorielle au ministre de l’Industrie, du commerce et de la mise à niveau, Salah Eddine Mezouar. Réalisée par un cabinet étranger, cette étude dresse un état des lieux du secteur qui a souffert, ces deux dernières années, de la sous-facturation et d’une concurrence féroce des produits turcs et émiratis. Ce diagnostic servira de base aux négociations entre industriels et pouvoirs publics en vue de l’élaboration d’un contrat programme. Premier objectif du contrat, permettre à cette industrie de retrouver sa compétitivité.

En 2007, un biscuit sur deux consommé au Maroc sera émirati
Les conclusions de l’étude sectorielle n’étant pas encore connues, on retiendra que l’AB2C met en avant deux revendications majeures. Première revendication : pour être au même niveau de compétitivité que les produits importés (particulièrement les biscuits) des Emirats Arabes Unis, les industriels réclament la possibilité de produire sous douane. Un système qui se rapproche de l’admission temporaire puisque les matières premières utilisées pour les biscuits ne seront soumises à aucune taxation douanière. Le système est plus avantageux car le producteur marocain sous douane est « considéré comme son concurrent émirati et doit s’acquitter uniquement de la taxe sur la valeur ajoutée pour vendre sa production sur le marché local », explique-t-on auprès de l’association

Selon les industriels de la biscuiterie, «le mécanisme de production sous douane aura un double impact puisqu’il permettra aussi de lutter contre le marché informel et la contrebande». Rappelons que la production sous douane a été revendiquée par les industriels il y a deux ans, précisément depuis l’entrée en vigueur de l’accord de libre-échange avec les Emirats Arabes Unis. Selon l’AB2C, la part de marché des biscuits émiratis est passée de 10% en 2005 à 25% au premier semestre 2006. La tendance ira en s’accentuant. Les industriels prévoient qu’en 2007 un biscuit sur deux en vente au Maroc sera d’origine émiratie.

Par ailleurs, les industriels de la biscuiterie et confiserie proposent la mise en place d’une nomenclature spécifique afin de contrecarrer la sous-facturation car, disent-ils, les prix d’alerte appliqués par la douane sont inefficaces.