Concession des polycliniques CNSS : position floue de BMCE Capital

BMCE Capital n’a pas encore publiquement annoncé son retrait du groupement
qu’il constitue avec l’espagnol USP Hospitales

Selon des sources internes,
il devrait s’impliquer indirectement via un fonds d’investissement en cours de
constitution.

Coup de théâtre dans les discussions relatives à  la cession de la gestion des 13 polycliniques de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Alors que les discussions semblaient suivre leur cours normal, BMCE Capital s’est retirée du groupement, déjà  retenu, qu’il constituait avec l’espagnol USP Hospitales. Selon la CNSS, la décision a été communiquée lors d’une réunion tenue le 30 janvier, mais, à  l’heure o๠nous mettions sous presse, l’information n’était ni confirmée ni infirmée par la banque.

Dans tous les cas, le processus a été perturbé puisque, toujours selon des responsables de la CNSS, «USP Hospitales a demandé une suspension des négociations pour analyser la situation». Selon nos sources, le groupe espagnol a cependant confirmé son intention de reprendre les discussions dans les jours qui viennent, ajoutant même que son équipe de négociateurs sera conduite par le président du groupe en personne, rôle jusque-là  dévolu à  son DG. A la CNSS, on souligne que cette démarche «confirme la volonté du groupe espagnol de poursuivre son chemin, même sans le partenaire marocain». Le retrait de BMCE Capital est qualifié de «non-événement» dans la mesure o๠«le chef de file est toujours intéressé» et que «le changement de partenaires en cours de route n’affecte en rien le processus de gestion déléguée».

USP Hospitales prévoit un investissement de 2 milliards de dirhams
Il y a toutefois des zones d’ombre dans cette affaire. Officieusement, des sources internes à  BMCE Capital indiquent que «la banque est toujours dans le coup à  travers un fonds d’investissement dédié au projet, qui est en voie de constitution». Pourtant, selon un spécialiste de la gestion déléguée, «ce véhicule n’est pas tout à  fait adapté à  ce cas de figure. Car il n’est pas pérenne dans la mesure o๠son objectif est de faire fructifier sa prise de participation pour revendre par la suite. Or, une gestion déléguée, et spécialement dans le secteur de la santé, nécessite beaucoup de temps pour se stabiliser et réaliser les objectifs». Il y a un autre élément à  prendre en considération, en l’occurrence le cahier des charges qui peut limiter la marge de manÅ“uvre des gestionnaires délégués.

Les négociations sont provisoirement suspendues
Quoi qu’il en soit, pour les observateurs, le retrait de la banque, si celle-ci le confirme officiellement, ne devrait pas gêner outre mesure USP Hospitales qui «est un organisme coté en Bourse, ce qui lui permet de lever les fonds nécessaires pour investir dans ce projet». Certains vont même jusqu’à  dire que «l’alliance avec la banque locale avait beaucoup plus une valeur de symbole».

Rappelons que le groupement constitué d’USP Hospitales et BMCE Capital avait été sélectionné en octobre 2007 pour des négociations finales en vue de reprendre la gestion des 13 polycliniques qui totalisent environ 1 000 lits, emploient plus de 2 000 personnes et réalisent un chiffre d’affaires annuel de 360 MDH (dernier chiffre communiqué). Pour l’opérateur espagnol, dont 70% du capital a été acquis en 2007 par la société financière britannique Cinven, l’idée de prendre pied au Maroc s’inscrit dans une logique de croissance externe à  l’international. L’objectif est de doubler sa taille dans les cinq prochaines années et de ramener la part du marché espagnol à  45% du chiffre d’affaires, qui est de l’ordre de 3,3 milliards de DH au titre de l’exercice 2007, contre 95% actuellement. USP Hospitales envisage de consacrer un budget de 2 milliards de DH sur 15 ans pour la restructuration et la mise à  niveau de ces unités de soins souvent pointées du doigt en raison de la dégradation des équipements et du sureffectif.

Signalons que, afin de les rendre plus séduisantes aux yeux des repreneurs potentiels, la CNSS a réalisé des travaux de réaménagement de ces polycliniques et mis en Å“uvre un plan de départs volontaires. Affaire à  suivre donc.