Concession des annexes de la mosquée Hassan II : pas avant fin 2008

Chaque année, un déficit de 25 MDH pour la mosquée
L’Agence urbaine procédera à  la réfection des installations avant de les confier au privé
Le lot comprend bains maures, sauna, parking…

La mosquée Hassan II de Casablanca coûte cher au contribuable : plus de 45 MDH au titre de l’année budgétaire 2007 prélevés sur le budget de l’Agence urbaine de Casablanca. A ses frais de gestion et d’entretien réguliers, s’ajoutent des frais de travaux de rénovation qui concernent des infrastructures qui n’ont jamais été utilisées depuis l’inauguration du site, en 1993.

Le déficit financier enregistré par l’administration de cet édifice est énorme si l’on sait que les recettes de la mosquée ont été constituées par les seules rentrées d’argent provenant des droits d’entrée et de visite des touristes étrangers et nationaux. Pour les douze mois de l’année 2006, ces visites ont rapporté un peu plus de 22 MDH. Pour faire face à  ce déficit, mais également pour donner au projet l’ampleur qui était initialement sienne, l’Agence urbaine de la métropole, dont relève directement l’administration de la mosquée, a décidé de concéder plusieurs installations annexes.

Des bains maures, un sauna, un bassin d’eau chaude et un parking sont concernés. «Nous sommes en phase d’étude. Nous avons décidé de prendre tout notre temps parce que nous nous sommes rendu compte de l’état de délabrement dans lequel se trouvent ces infrastructures. Tuyauteries, canalisations et autres équipements n’ont quasiment jamais servi depuis l’inauguration de la mosquée», explique Allal Sekrouhi, directeur de l’Agence urbaine de Casablanca.

Et de préciser que sont concernés par ces études tous les équipements du sous-sol du gigantesque édifice. «Pour ce qui est du coût prévisible d’une telle réfection, nécessaire avant le lancement d’un quelconque appel d’offres, nous n’en avons encore aucune idée», indique M. Sekrouhi, qui précise enfin que tout sera fait pour que «la procédure soit achevée rapidement pour pouvoir concéder ces installations au privé et les ouvrir au public à  fin 2008».

En 2002, des opérateurs privés ont offert 2 MDH par an, l’Agence urbaine en demandait 20
Du côté de l’administration directe de la mosquée, on nous déclare sous le sceau de la confession que la totalité du dossier est gérée au niveau de la direction de l’Agence urbaine. «Nous ne disposons d’aucune information à  ce sujet», s’est contenté de répondre notre source.

Mais cette relance de l’appel d’offres n’est pas pour faire oublier l’échec de la première tentative de concession de la gestion de ces infrastructures au secteur privé. En effet, en 2002 déjà , un premier appel d’offres avait été lancé pour la concession des bains, sauna et parking de la mosquée Hassan II.

En vain, puisque l’appel n’a pas abouti, les offres présentées ayant été jugées très en deçà  des attentes de la ville. La meilleure ne dépassait pas les 2 MDH par an alors que le cahier des charges portait, lui, sur un montant de 20 MDH !

«A l’époque, le cahier des charges n’était pas très détaillé et la situation dans laquelle se trouvaient toutes ces infrastructures a fait peur aux prétendants», souligne une source proche du dossier. La fin 2008 connaà®tra également l’inauguration de deux autres bâtiments, actuellement en cours de réalisation. Il s’agit de la médiathèque et de l’Académie des arts et des métiers dont la convention de réalisation a été signée en avril 2006, et qui coûteront la somme de 187 MDH.

Plus de 122 MDH seront consacrés à  la médiathèque qui comprendra des services d’accueil et d’information, des salles de lecture, une photothèque, des espaces pour les chercheurs, un espace de presse, une bibliothèque sonore pour les non-voyants ainsi que des espaces d’animation (auditorium, stand de rencontres). Ces deux nouvelles institutions seront gérées par l’Agence urbaine de Casablanca, le ministère du tourisme et de l’artisanat, l’OFPPT et le Conseil de la ville.