Compteurs généraux : 400 dossiers devant les tribunaux de Casa

Plusieurs syndics d’immeubles refusent de payer la consommation indivise d’eau.
A cause de la fraude et des fuites, 300 000 m3 d’eau peuvent être difficilement facturés.

ACasablanca, les compteurs généraux installés dans les immeubles, d’eau essentiellement, continuent à poser des problèmes, même si la Lydec estime que ce casse-tête commence à être maîtrisé. De quoi s’agit-il ? Le concessionnaire de la distribution d’eau et d’électricité est responsable de la pose des compteurs, mais cette obligation s’arrête à l’entrée des immeubles car, au-delà, commence la propriété privée. Il incombe alors aux habitants, locataires ou copropriétaires, de prendre le relais en se raccordant chacun au compteur général de l’immeuble. Pour la Lydec, la consommation facturée est celle affichée par le compteur général. Pour ce faire, il faudrait que cette consommation coïncide exactement avec la somme des consommations de l’ensemble des compteurs individuels. Or, le plus souvent, ce que les spécialistes appellent «des prises libres» sont pratiquées, à partir du compteur général, pour alimenter un usage destiné aux parties communes qu’il s’agisse d’arrosage ou de nettoyage ou parfois même du compteur du concierge…

Rien qu’à Casa-Anfa, 40% des compteurs généraux posent problème
Cette consommation résiduelle peut aussi avoir pour origine une utilisation frauduleuse ou tout simplement des fuites. Il faut en effet savoir qu’une simple chasse d’eau qui «coule» peut avoir un débit de 80 litres par heure. Il faut aussi savoir que, sur une consommation globale de 120 millions de m3, 300 000 relèvent d’une consommation résiduelle. Or, si dans les immeubles organisés le syndic règle cette différence de consommation entre le compteur général et les compteurs particuliers, il arrive souvent que la consommation résiduelle atteigne des montants élevés et que les habitants refusent de payer. La facture peut grossir jusqu’au jour où le fournisseur réclamera le paiement aux habitants considérés solidairement responsables.
L’exemple de l’immeuble Romandie est encore dans les mémoires. En effet, la différence de consommation non recouvrée avait atteint 1 million de DH en 1999. Le plus grave est que l’immeuble en question était alimenté par un compteur général unique sur lequel se fournissaient directement les habitants. Notons qu’il y a 14 000 compteurs généraux dans la ville contre 180 000 compteurs individuels. Rien que dans la préfecture de Casa-Anfa, qui compte 7 000 immeubles, 40 % posent un problème de consommation résiduelle. A la Lydec, on annonce que 400 dossiers sont devant les tribunaux.
Le distributeur propose l’installation de compteurs individuels et la suppression du compteur général – pourvu que les habitants acceptent de prendre en charge les frais – ou encore la répartition de la consommation résiduelle sur les factures individuelles, à travers des accords conclus avec les syndics. Par ailleurs, Lydec prend langue avec les promoteurs au moment de la construction des immeubles pour l’installation de compteurs individuels