Compensation : le surcoût risque d’atteindre 8 milliards de DH

Les 12 milliards budgétisés pour les produits pétroliers sont épuisés à  fin août.
L’enveloppe globale estimée pour l’année est aux alentours de 22 milliards de DH.
En cas de besoin, l’Etat devrait puiser dans les charges communes.

Théoriquement, l’enveloppe de compensation d’un montant de 14 milliards de DH est épuisée ! En fait, et vu le temps que nécessite la procédure de traitement des dossiers présentés par les sociétés créancières, notamment les sociétés pétrolières, quelque 10 milliards ont été payés aux opérateurs à fin juin, au titre de soutien aux produits pétroliers, sur les 12 milliards dédiés à ces produits ; les 2 autres milliards restants étant réservés au soutien des autres produits comme le blé et le sucre. Il reste donc pour les produits pétroliers (hydrocarbures, butane, propane) 2 milliards de DH au titre des mois de juillet et août, qui sont certes dus mais dont les dossiers ne sont pas encore parvenus aux services de la Caisse de compensation. «En fait, c’est à partir du mois d’octobre, une fois liquidés les dossiers de juillet et août, que l’argent va réellement manquer», confie une source à la Caisse de compensation.
Que compte faire le gouvernement pour les quatre mois restants, courant à partir de septembre ? Décider d’une rallonge budgétaire, comme il l’avait fait en 2008? Et s’il le fait, où ira-t-il chercher les  surplus sachant que les estimations font état d’un besoin de 8 milliards de DH? Dans la rubrique des «charges communes» bien sûr ! A moins qu’il ne traîne les pieds dans le paiement des créances dues !

Le baril de la mer du Nord à 72 dollars pour livraison en octobre

Mais le montant risque d’être trop pénalisant pour les sociétés pétrolières. «L’idée de rallonge budgétaire est dans l’air, mais pour le moment rien de concret n’est décidé. L’argent prévu n’est pas encore totalement décaissé», déclare un fonctionnaire du ministère des finances.
Tout cela reste cependant théorique vu l’évolution des cours des matières premières qui commencent à pâtir du pessimisme ambiant et de l’incertitude qui plombent l’environnement macroéconomique mondial. Après avoir atteint 84 dollars au début du mois d’août, les cours du pétrole sont désormais en baisse, passant même parfois sous la barre des 72 dollars le baril. Mardi 24 août, en effet, le baril du brent de la mer du Nord pour livraison en octobre s’échangeait à 72,16 dollars, en baisse de 1,01 dollar par rapport à la clôture du lundi 23 ; et à New York, le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en octobre, lâchait 1,04 dollar à 72,06 dollars, après avoir dégringolé jusqu’à 71,45 en milieu de journée du mardi, un plus bas depuis début juin.
Si cette tendance baissière se confirmait, le gouvernement pourrait être soulagé d’un surplus de subvention qui, supporté, alourdirait sans doute le déficit prévu, il se contenterait alors de tirer sur les arriérés. A suivre.