Compensation : 2,9 milliards de DH de plus que prévu en 2006

L’Etat doit toujours 3 milliards de DH aux pétroliers

Les charges liées aux produits pétroliers avoisinent les 11 milliards de dirhams, contre 8 milliards prévus.

Afin septembre 2006, la Caisse de compensation, c’est-à -dire l’Etat, doit aux sociétés pétrolières de distribution près de 3 milliards de DH. Et dans quelques jours, les factures d’octobre, novembre et décembre, qui ne sont pas encore parvenues à  la caisse, pourraient alourdir un peu plus le montant des arriérés.

Les charges globales de compensation pourraient atteindre 15 milliards de DH
Tout indique que, sur ce plan, on ne faillira pas à  l’habitude : chaque exercice qui s’ouvre hérite des arriérés du précédent, et avec les fortes et parfois brusques fluctuations que connaissent les prix des matières premières, des produits pétroliers tout spécialement, les prévisionnistes ne savent plus à  quoi s’en tenir et sont souvent démentis. Le cas de l’année 2005 est particulièrement édifiant : dans la Loi de finances pour cet exercice, le gouvernement avait prévu des charges de compensation d’un montant de 4,3 milliards de DH. Vers le mois de septembre de la même année, la Loi de finances actualisée revoit à  la hausse le montant, l’estimant à  8,7 milliards de DH, et au moment des réalisations, on se retrouve avec un niveau de charge de 9,1 milliards, soit donc un écart de 4,8 milliards entre les prévisions et les réalisations.

Certes, nous ne sommes plus tout à  fait dans cette configuration, les prix des produits pétroliers ayant marqué une accalmie depuis et des augmentations à  la pompe ayant été décidées entretemps. Mais malgré ces corrections, toutes relatives, les charges de compensation pour 2006 dépassent déjà  les prévisions établies en début d’année de 2,9 milliards de DH. Au lieu des 8 milliards de DH prévus, les charges nettes (arriérés compris) s’élèvent désormais à  10,9 milliards (+ 19,4 % par rapport à  2005), bien que les prix du gasoil 350, de l’essence super et du fioul soient indexés sur les cours internationaux.

Evidemment, dans ce montant, ne sont pas comprises les factures des trois derniers mois de l’année estimées à  1,5 milliard de DH, ni celles relatives au soutien des prix du sucre et de la farine qui s’élèvent, elles, à  plus de 3 milliards de DH ; soit donc un total de charges de l’ordre de 15 milliards. Quand on se rappelle les 3 milliards de DH (en moyenne) que représentaient les dépenses de compensation à  la fin des années 1990 et au début des années 2000, et qui paraissaient déjà  assez élevées, on mesure tout le poids qui pèse sur le budget de l’Etat du fait de cet accroissement considérable des charges liées aux produits pétroliers.