Commission des investissements :des projets agréés, d’autres résiliés

La cité cinématographique de Marrakech et le palais des congrès d’Agadir butent sur le foncier.
Résiliation de la convention pour la réalisation d’un village touristique à Al Hoceima.

Activité soutenue pour la commission des investissements. Le 2 mai dernier, lors d’une réunion tenue au siège de la Primature, les membres de la commission ont délibéré sur un ordre du jour bien chargé. 14 points y étaient inscrits, essentiellement des demandes de conventions d’investissement et, accessoirement, des requêtes spécifiques exprimées par certains investisseurs comme des prolongations de délai ou encore des demandes d’acquisition de terrains…

Dans le lot des bonnes nouvelles, six opérateurs ont vu leurs demandes de conventions agréées. Détail intéressant: tous les projets agréés concernent le secteur touristique qui se taille la part du lion. On citera, entre autres projets, Les jardins de l’Ourika et le Golf de l’Ourika pour 2,1milliards de DH, les trois établissements de Fadesa sis à Saïdia, Med-Azur, Sable d’or et Les Orangers pour 1,34 milliard de DH ou encore les travaux de rénovation entrepris par le français FRAM dans ses hôtels à Rabat, Marrakech et Agadir.

Un terrain mitoyen à un champ de tir de l’armée
Les membres de la commission ont aussi eu à se pencher sur des dossiers plus délicats. C’est le cas du projet de la société Tritel (une joint-venture maroco- américaine) qui envisage de réaliser à Marrakech une grande cité cinématographique pour un investissement de 3,3milliards de DH.

Le dossier, déposé depuis 2005, bute sur un problème de foncier. En effet, les autorités de la ville peinent à apurer la parcelle de terrain de 260 hectares identifiée initialement pour le projet et qui appartient au domaine privé de l’Etat. En fait, ladite parcelle, comme l’explique la direction des investissements, est mitoyenne à un champ de tir exploité par les forces armées royales. Or, l’administration de la défense nationale, tout en acceptant de transférer ses activités à Benguérir, tarde à le faire. Face à ces difficultés administratives, il a été proposé au promoteur d’identifier un autre terrain moins problématique.

Autre cas à l’étude, celui de la société Expomédia qui souhaite réaliser à Agadir un grand complexe d’expositions et de congrès pour un montant de 380 millions de DH. Le projet butait, là aussi, sur un problème foncier, plus précisément sur le prix du terrain. En effet, le prix fixé par la commission administrative locale (conformément à la procédure), à savoir 200 DH le mètre carré, ne convenait pas à la direction des domaines. Après plusieurs mois de tractations, la direction des domaines et le promoteur du projet ont fini par se mettre d’accord sur le prix du terrain, à savoir 300 DH le mètre carré.
La convention concernant ce projet sera approuvée lors de la prochaine réunion de la commission.

Report de l’examen du projet Saphira
Autre projet de convention en suspens, celui de Saphira, réalisé par le groupe émirati Emaar sur la corniche de Rabat. Les difficultés sont à la mesure de l’ampleur du projet qui engendre un investissement de 30 milliards de DH avec, à la clé, la création de 2 000 emplois.

D’ailleurs, la complexité du dossier a fait que les membres de la commission des investissements ont décidé de «reporter l’examen du projet» à une réunion qui lui serait spécifiquement dédiée en présence de tous les partenaires concernés, dont le groupe Addoha, les autorités locales, les départements concernés. Objet de la réunion : repréciser les engagements des partenaires et valider la convention-cadre et les textes d’application. Lors de sa réunion du 2 mai, les membres de la commission ont eu également à prendre des mesures de sanction. C’est le cas notamment de la société Luna Rossa qui avait signé une convention d’investissement en mars 2003.

Son projet portait sur la réalisation à Al Hoceima d’un village touristique de 1ère catégorie, dans une zone forestière, pour un montant de 280 MDH. Sachant que le délai de réalisation accordé au promoteur, d’origine italienne, a déjà expiré, la commission a décidé de résilier purement et simplement la convention. Le projet n’est pas pour autant abandonné. La société Luna Rossa a en effet proposé à la commission de revendre 80% de ses parts à un nouvel opérateur de son choix, en la personne de Maroc Azur Résidences.

Tout en ne fermant pas les portes, les membres de la commission ont demandé aux départements concernés de rechercher, dans la foulée, d’autres opérateurs présentant des références solides et aux garanties suffisantes à même de reprendre le projet. Enfin, le groupe Accor, lui, a été plus heureux.

En effet, alors que le délai de 36 mois qui lui avait été accordé pour ses trois Ibis (El Jadida, Sidi Maârouf, Ouarzazate) et son Casa City Center devait expirer le 31 mars 2007, le groupe ayant dûment justifié le retard de réalisation par les difficultés d’obtention des autorisations administratives, les membres de la commission ont donné leur accord de principe pour qu’un délai supplémentaire de 36 mois lui soit accordé.

Foncier
Sadet cherche terrain !

Marrakech, ce n’est pas uniquement du tourisme. Le groupe industriel Sadet a récemment saisi le CRI de Marrakech pour lui demander une assistance dans la recherche d’un terrain où il compte réaliser une unité de production de hourdis, blocs et pavés en béton précontraint. Le groupe, leader du préfabriqué et des composants en béton précontraint, est déjà implanté à Bouskoura, Témara et Fès. Le projet nécessitera un investissement de 29 MDH pour lequel la Sadet demande un terrain de 5 ha. L’usine, dont le groupe compte démarrer la construction en janvier 2009, sera opérationnelle en octobre de la même année et pourra produire jusqu’à 4 millions d’unités par an.