Forum du commerce : le commerce de proximité discuté

Ce mercredi 24 avril 2019, lors d’un atelier sur le secteur de la distribution, dans le cadre du forum du commerce qui se tient à Marrakech, les commerçants de proximité ont occupé la majeur partie de la discussion. Principaux points évoqués : Fiscalité, plateformes logistiques ainsi que le danger des distributeurs modernes, comme BIM.

Ce mercredi 24 avril 2019 à Marrakech, le forum marocain du commerce a été ouvert. Objectif : mener une organisation du secteur, sur la base de propositions et de recommandations des intervenants. « Les chaînes de valeur, l’approvisionnement et la distribution à l’épreuve de la révolution technologique » a été l’un des sujets discutés.

Modéré par Aziz Boucetta, directeur de publication de Panorapost, cet atelier a connu la participation du secrétaire d’Etat chargé de l’investissement, Othman El Ferdaous, de Moncef Belkhayat, opérant dans le secteur de la distribution entre autres ainsi que Badr Tahiri, président de la chambre de commerce d’industrie et des services de la région Fès-Meknès.

Seuls 3% des commerçants de proximité ont bénéficié du Plan Rawaj

C’est Othmane El Ferdaous qui a ouvert le bal des discussions, en axant son intervention sur le rôle que peuvent jouer les commerçants de proximité dans la collecte de l’information.

Ces commerçants, selon lui, ne sont pas à l’écart de la stratégie de transformation digitale. C’est dans cette perspective que le Plan Rawaj 2020 a été lancé. Sauf que, ce plan n’a profité qu’à ’”3% des commerçants de proximité”, a précisé Othmane El Ferdaous. « Sur la base des recommandations de ce forum une nouvelle stratégie intégrée sera conçue », a-t-il ajouté.

Les marchands ambulants

Lors de cet atelier, la problématique éternelle des marchands ambulants a été mise sur la table. Objectif : discuter des moyens qui permettront leur intégration dans le secteur formel. Parmi les solutions envisagées : le statut de l’auto-entrepreneuriat. “Une feuille de route est prévue pour intégrer les marchands ambulants. Elle comprend : la formation, la couverture sanitaire ainsi que l’accès au programme de l’auto-entrepreneuriat », a énuméré le secrétaire d’Etat.

Othmane El Ferdouas a précisé que “la réussite de cette feuille de route est tributaire de la mise en en place de la couverture sanitaire”. Moncef Belkhayat a, pour sa part, évoqué “la pression fiscale”. Pour lui, c’est ce facteur qui fait que les marchands ambulants “fuient le secteur formel”.

BIM dans le viseur 

Intervenant en tant président de Tijara 2020, une association de 100 entreprises actives dans le secteur de la distribution, Moncef Belkhayat a plaidé pour la protection des commerçants du détail. Il a ainsi évoqué, entre autres, deux principaux volets : la nécessité de clarifier le cadre fiscal régissant les commerçants du détail ainsi que « l’étouffement » des commerçants traditionnels à cause de la présence des distributeurs modernes. 

“Des surfaces de proximité, tel que BIM, étouffent les commerçants traditionnels. C’est pourquoi nous demandons la mise en place d’un cadre légal, qui permet un équilibre entre la distribution moderne et traditionnelle”. Et d’ajouter, “BIM ramène 80% de ses marchandises, subventionnés, depuis la Turquie ». 

Déficit en matière de plateformes logistiques 

La chaîne logistique est basée sur trois piliers : le transport des marchandises depuis l’usine ou le port vers une unité centrale de stockage, ensuite vers des unités de stockage régionales ou locales, en vue de les distribuer auprès des commerçants du détail.

“La logistique est une composante fondamentale dans la chaîne de valeur de la distribution. Au Maroc, elle est coûteuse, par rapport à d’autres pays”, a souligné Moncef Belkhayat, avant d’expliquer les raisons de cette cherté, qui impacte les marges du commerçants, dont ceux du détail. 

Parmi les facteurs que l’ancien ministre de la jeunesse a évoqué : l’inexistence de plateformes logistiques dans toutes les régions du royaume. “Le ministère de l’intérieur ainsi que celui de l’industrie n’ont pas travaillé sur la création des zones logistiques dans toutes les régions du pays. Aujourd’hui, lorsqu’on demande un  terrain de 20 000 mètres carrée pour y construire une plateforme logistique, les autorités locales nous disent qu’elles ne peuvent pas dépasser 1000 mètres carrés”, a-t-il fait savoir.