Commerce du vélo : le marché innondé par le made in China

Le vélo est très populaire dans les villes plates comme Marrakech, Errachidia ou Erfoud. Les dons des associations ou dans le cadre des programmes de développement ont augmenté l’utilisation de ce moyen de locomotion dans les campagnes. Les premiers pèseraient la moitié du marché.

Ce ne sont pas les quelques kilomètres de pistes cyclables aménagés dans les villes ou encore la poignée de loueurs qui feront du vélo un moyen de locomotion à part entière au Maroc. Néanmoins, la petite reine est de plus en plus utilisée. Jeunes et moins jeunes, convaincus par son coût réduit, se l’approprient, certains pour les loisirs, d’autres comme moyen de transport. Les enfants, toutes classes sociales confondues, apprennent à rouler à bicyclette, et ce dès leur plus jeune âge. Voilà donc un marché qui s’est démocratisé et s’est dynamisé ces dernières années, notamment grâce à l’ouverture des grandes surfaces spécialisées que sont Decathlon Easy et Go Sport. Depuis que le Maroc ne fabrique plus de vélos ni de pièces détachées pour les cycles, l’offre  provient entièrement d’Europe, des Etats-Unis ou d’Asie. «Entre 2003 et 2008, les importations annuelles brutes représentaient entre 3 et 4 MDH par an, avant de monter à 10 millions en 2010. Depuis, elles enregistrent des hauts et des bas», révèle Amine Taha, gérant de la société Taha Taieb, spécialisée dans l’importation de pièces détachées pour vélos et cyclomoteurs. D’après ce dernier, 90% des importations de vélos proviendraient d’Asie, principalement de Chine, gros fournisseur de vélos pour tous les âges. Les vélos destinés aux adultes viennent également d’Italie, de France ou d’Espagne. Et pour les enfants, on en importe d’Italie, voire, plus récemment, de Turquie. Certaines marques, telles que Scott et Giant, très présentes dans le segment du tout-terrain (VTT) ou du bicycle motocross (BMX), viennent des Etats-Unis.

Jusqu’à 30 000 DH pour un vélo de course

Parmi les différentes catégories, le vélo de course est celui qui connaît la plus forte progression au Maroc, selon les professionnels. «Généralement de haut de gamme et utilisés pour le triathlon, la course ou la descente, ils enregistrent une évolution de l’ordre de 30% chaque année», estime Hassan Chaoui, directeur de la chaîne de magasins La Vie Sportive qui compte 5 magasins entre Casablanca, Rabat et Marrakech. Plusieurs vélos de sport d’occasion, ramenés d’Europe, sont en outre écoulés sur le marché de la contrebande de 500 à plus de 5 000 DH. «Il y a beaucoup d’importations ponctuelles effectuées par les Marocains résidents à l’étranger notamment», confirme M. Taha.
Réservés aux passionnés, le vélo de sport se vend neuf entre 7 000 et 30 000 DH.

La demande de vélo de loisirs est également en progression de l’ordre de 5 à 10% par an. Limités au goudron et fabriqués en aluminium, ces VTT ou vélo tout chemin (VTC) sont vendus neufs entre 2 500 et 6 000 DH.

Utilisé comme moyen de locomotion, le vélo remporte un franc succès dans les campagnes. De nombreuses associations et programmes de développement ont participé à ce phénomène en offrant régulièrement des vélos aux élèves dans le rural.
Les villes «plates» comme Marrakech, Errachidia ou Erfoud, représentent par ailleurs un important marché pour le vélo utilisé comme moyen de transport. Dans ce cas-là, ce sont les modèles basiques, vendus à partir de 1 000 DH, qui sont plébiscités. Le directeur de La Vie Sportive estime ce marché des premiers prix à quelque 35 000 unités par an, hors contrebande -évaluée à 10000 unités. Les marques européennes et américaines, de plus haut niveau de qualité, totaliseraient un peu plus de 10 000 unités par an. Des modèles moins conventionnels, tels que le vélo pliant ou le vélo électrique sont également disponibles en petit nombre. Par exemple, le nombre de vélos électriques, vendus entre 7500 DH (batterie au plomb) et 18 000 DH (batterie au lithium-ion), ne dépasse pas la centaine.