Comment le microcrédit contribue à  l’amélioration des conditions de vie de ses bénéficiaires

Un peu plus de la moitié des prêts est investi dans le commerce. Les clients voient leurs revenus augmenter, se nourrissent mieux et rénovent leur logement.

«Dans quelle mesure les services offerts par Albaraka (ex-Fondep) participent-ils au renforcement de l’inclusion financière et à l’amélioration des conditions de vie des clients et de leurs familles ?». Telle est la problématique à laquelle a tenté de répondre l’étude d’impact socio-économique réalisée, au cours de l’année 2014, par l’institution de microcrédit. Cette étude a été effectuée sur un échantillon de 375 clients répartis en trois groupes, en fonction de leur ancienneté. Le premier, qui est le groupe témoin, comprend les clients ayant moins de 3 mois d’ancienneté, dits «nouveaux clients», le deuxième est constitué de clients ayant une ancienneté de 12 à 24 mois, dit «anciens clients» et le troisième est composé des clients ayant une ancienneté de plus de 24 mois, dit «très anciens clients».

D’après les résultats, ce sont les clients les plus anciens qui réalisent les meilleures performances financières. Leurs ventes sont supérieures en moyenne de 42% à celles des nouveaux clients. De même, le deuxième groupe réalise un flux d’affaires de 17% plus élevé que les nouveaux.

Le microcrédit a aussi un impact positif sur les ressources financières. C’est ainsi que 3,2% des très anciens clients ont vu leur revenu total considérablement augmenter. Il en est de même pour 26% des anciens clients et 20% des nouveaux clients. Naturellement, cette amélioration du revenu contribue à l’accroissement du patrimoine du microentrepreneur.

Pour ce qui est des conditions de l’habitat, l’amélioration est davantage constatée chez les clients les plus anciens, avec 60% des clients de plus de 24 mois d’ancienneté qui effectuent des modifications dans leur maison ainsi que plus de 47% de l’ensemble de l’échantillon.
Concernant l’alimentation, la moyenne de la durée de la «période maigre» -période de difficulté- chez les nouveaux entrants est de 6,7 mois, contre 3,9 mois pour les clients de plus de 24 mois.

L’Association revendique plus de 20% des microentreprises du secteur

La population servie par Albaraka est constituée de 75% de mariés et elle est en moyenne âgée de 39 ans. Le taux d’analphabétisme est, quant à lui, de 21%. Leur dernier prêt est investi dans le commerce, négoce et vente au détail (57%), la fabrication (15%), les services (12%) et l’agriculture (11%).

Cette association montre une certaine vitalité dans le recrutement. En 2014, le nombre de ses clients a augmenté de 10,3% contre 5,6% pour l’ensemble du secteur. L’institution a financé près de 140 000 clients (dont 51% sont des femmes), soit plus de 20% des microentreprises du secteur. L’encours de crédit s’est élevé à 1,023 milliard de DH, en hausse de 21% par rapport à l’année précédente. Le montant moyen déboursé a atteint 10 271 DH, en progression de 9%. Le plafond est fixé à 50000 DH.