Comment le Maroc a réussi un approvisionnement régulier et constant en produits agricoles

• Les efforts des agriculteurs et les politiques adoptées par l’Etat depuis plus de 10 ans, en terme de planification et de gestion stratégique, ont restructuré l’agriculture marocaine sur des bases solides.

Fait plutôt rare, lors de la session des questions orales du lundi à la première Chambre, l’ensemble des groupes parlementaires, y compris celui du PJD et ceux de l’opposition, ont tous salué l’action du ministre de l’agriculture et particulièrement la réussite du PMV. Ses résultats sont, en effet, là, palpables même en cette période de crise sanitaire avec des répercussions économiques et sociales. Pour preuve, le succès du programme des cultures printanières et d’été a permis la réalisation d’un approvisionnement complet en produits agricoles des marchés de toutes les régions du Royaume, comme l’a souligné, lors de cette session, le ministre de tutelle Aziz Akhannouch. Ainsi, et en réponse à une question centrale sur «les préparatifs pour faire réussir la saison agricole actuelle à la lumière de la propagation de la pandémie», à la Chambre des représentants, le ministre a indiqué que le programme des cultures printanières et d’été pour les légumes, qui est un programme d’intervention structurel dans le domaine de l’agriculture et qui a démontré son importance, a permis un approvisionnement complet en tous produits agricoles à toutes les régions, réalisant ainsi un succès significatif dans des circonstances très difficiles.
La réussite de ce programme est illustrée par la superficie des légumes cultivés au printemps, qui a atteint 91 000 hectares, soit 114% du programme spécifié sur 80 000 hectares, tandis que les superficies programmées dans le cadre du programme pour certains légumes, comme les pommes de terre, ont dépassé 312%, tout comme les tomates (143%) et les oignons (120%), ce qui a permis de couvrir les besoins de consommation des citoyens.
Concernant la culture des légumes d’été, M. Akhannouch a souligné qu’un programme de distribution de façon naturelle a été élaboré sur une superficie estimée à 20 800 hectares, dont 60% consacrés aux pommes de terre et 20% aux tomates, ajoutant que les réalisations ont atteint environ 17 000 hectares de la surface cultivée, soit environ 82% de l’objectif tracé du programme, soulignant que le programme couvrira les besoins des consommateurs pour la période d’octobre à décembre 2020.
Le ministre a estimé que les efforts des agriculteurs et les politiques adoptées par l’Etat il y a 10 ans, en terme de planification et de gestion stratégique, ont restructuré l’agriculture marocaine sur des bases solides, notant que ces chantiers se sont basés sur l’accompagnement et la motivation des agriculteurs, particulièrement dans le domaine de la mécanisation et des techniques agricoles et l’encouragement des agriculteurs à développer leurs investissements, à travers une réforme radicale et une révision profonde du système d’incitation agricole, pour devenir un levier d’investissement et un outil contribuant à la croissance de l’économie nationale et à l’amélioration des revenus des agriculteurs.
Plus de 60% des bénéficiaires du système d’incitation des petits agriculteurs possèdent moins de cinq hectares de terres agricoles, a-t-il relevé, notant que ces interventions ont permis la réalisation de 2 500 projets de développement agricole et 985 projets du deuxième pilier de l’agriculture solidaire, avec des investissements atteignant 14,5 MMDH au profit de 733 000 bénéficiaires et 19 000 contrats programmes de développement des chaînes de production.
Douze milliards de dirhams ont également été investis, selon le ministre, pour développer l’industrie alimentaire, en poursuivant la mise en œuvre du contrat-programme de développement agroalimentaire, qui permettra la mise en place de 371 nouvelles unités, offrira 38 000 opportunités d’emploi Supplémentaires et 13 MMDH de valeur ajoutée annuelle supplémentaire, en plus du lancement de plusieurs pôles agricoles dans les principales zones et l’équipement d’environ 800 000 hectares en systèmes d’irrigation, dans le cadre des trois programmes d’irrigation, qui sont représentés par le Programme national d’économie d’eau et le partenariat public-privé dans le cadre de l’irrigation au profit d’environ 235 000 domaines.
Ces réalisations ont permis, souligne M. Akhannouch, la modernisation du secteur et l’augmentation de la productivité, ce qui a contribué à assurer un bon niveau d’autosuffisance en de nombreux produits alimentaires, notant qu’elles ont également contribué à améliorer les revenus des agriculteurs de plus de 66%, à créer 50 millions d’emplois supplémentaires entre 2008 et 2018, ainsi qu’à améliorer et rationaliser la gestion des ressources en eau, grâce aux trois programmes d’irrigation structurés qui ont permis l’économie de deux milliards de m3 d’eau d’irrigation.
En revanche, le ministre a estimé que les circonstances exceptionnelles, qui ont eu des répercussions et des effets sur tous les aspects de la vie économique et sociale ont prouvé que l’agriculture marocaine joue un rôle fondamental dans l’approvisionnement régulier des marchés dans toutes les régions du Royaume.