Comment ils voient 2007

30 patrons interrogés. Ils sont confiants et pensent que 2007 s’annonce
sous de bons auspices.
Si les pluies sont au rendez-vous, l’année à  venir pourrait
même être meilleure que 2006.
Moulay Hafid Elalamy : «L’attentisme n’est plus de mise».
Larabi Jaïdi : «Gare à  l’optimisme béat».
Cahier détachable

Ils sont optimistes et n’hésitent pas à  le dire haut et fort

– Presque tous les secteurs anticipent une forte croissance de leur activité en 2007.
– Les patrons mettent en exergue la dépendance moins marquée vis-à -vis du climat.
– Les hommes d’affaires considèrent que les élections n’auront pas d’impact négatif sur le climat des affaires.

aNon, nous ne rêvons pas ! L’état d’esprit des opérateurs économiques tranche complètement avec la mine défaitiste qu’ils affichaient au début du millénaire, dès qu’on leur demandait d’analyser la conjoncture. Ils ne scrutent plus le ciel pour s’assurer de l’évolution de la demande, tapent moins sur l’administration et semblent oublier les difficultés de financement. Tout laisse croire qu’ils refusent la fatalité et se prennent désormais en main. C’est du moins ce qui se dégage du tour d’horizon réalisé par la rédaction de La Vie éco sur leurs prévisions pour l’année à  venir. La quarantaine de chefs d’entreprises interrogés annoncent presque tous que l’exercice qui débute sera du même moule que celui qui s’achève. Des BTP à  l’agroalimentaire, en passant par le textile, l’automobile et le tourisme, la situation est au beau fixe. Plusieurs secteurs anticipent une croissance à  deux chiffres de leur activité. Au pire, elle ne descendrait pas en dessous de 5 %.

Les grands projets installent la confiance
A l’origine, il faut bien sûr citer le ferment que constituent les gros projets d’infrastructure, les investissements touristiques et dans l’immobilier à  usage d’habitation, ainsi que la découverte, par certains exportateurs, que les accords de libre-échange peuvent certes constituer une menace -volet sur lequel on s’est longtemps focalisé- mais peuvent tout aussi bien ouvrir des opportunités sur les marchés étrangers. Comme en économie, le cercle vertueux s’auto-entretient grâce à  la confiance, la situation est partie pour durer. Cela est d’autant plus probable que l’essentiel de notre panel considère les élections, ou du moins leur issue, comme un facteur neutre. Les opérateurs estiment que quel que soit le profil du gouvernement qui en naà®tra, les grandes orientations économiques ne seront pas remises en question. C’est déjà  un acquis considérable quand on sait que les investisseurs ne jurent que par la stabilité.

Mais de là  à  céder à  un optimisme béat, il y a un pas à  ne pas franchir. Les réformes structurelles doivent être poursuivies de sorte à  ce que l’économie soit encore moins dépendante de l’agriculture et pour favoriser une croissance forte permettant de réduire considérablement le déficit social qui reste une grosse épine au pied du Maroc.

Cinq questions
«Nous ne sommes plus dans l’attentisme, 2007 sera meilleure que 2006»

moulay hafid elalamy Président de la CGEM

La Vie éco : Comment a été l’année 2006 pour l’économie nationale ?
Moulay Hafid Elalamy : Le Maroc a connu sur la période 2001 – 2005 une croissance économique soutenue avec un taux moyen de 5% sur la période. L’année 2006 se caractérise par une accélération de cette croissance avec une estimation de 7%. Cette croissance du PIB a été accentuée par le ralentissement de la croissance de la population induisant un enrichissement des ménages et l’émergence d’une classe moyenne.
Les indices boursiers ont connu une croissance fulgurante de plus de 70%. L’introduction en Bourse de nombreuses sociétés, à  la fois des grandes et des moyennes entreprises, est fortement encourageante pour le pays.
Les taux d’intérêt, qui sont à  leur plus bas niveau historique, ont permis la relance de l’investissement, et la baisse des taux immobiliers. Cet élément, ajouté à  la concurrence au sein du secteur bancaire, favorise l’accès au financement pour les entreprises et pour les consommateurs.
L’ouverture de l’économie marocaine a permis au tissu économique de gagner en compétitivité mais aussi de mettre à  la disposition des ménages des biens de consommation de qualité et à  prix compétitifs augmentant de ce fait la capacité de consommation des ménages.
Par conséquent, nous pouvons dire que l’année 2006 a été une très bonne année pour l’économie nationale.

Et comment se présente l’année 2007 ? Quels sont les secteurs qui devraient tirer la machine ? A contrario, quels sont ceux qui risquent d’être moins performants ?
A mon sens, l’année 2007 se présente sous les meilleurs auspices. Le prolongement de la loi sur l’exonération fiscale va permettre à  un plus grand nombre d’entreprises d’avoir accès aux capitaux, et par conséquent de se développer pour faire face à  la concurrence internationale.
Le gouvernement marocain a mis en place une politique réussie de développement du logement social en incitant les promoteurs privés à  y investir par le bais notamment d’incitations fiscales, et de mises à  disposition de terrains. Je pense que le «boom» immobilier entamé va s’accélérer permettant à  un plus grand nombre de Marocains de vivre dans de meilleures conditions.
Le secteur du tourisme continue également sur sa lancée. Plus de 13 000 lits sont prévus pour la seule année 2007, ce qui permettra au secteur de s’approcher des objectifs de la Vision 2010. Un autre secteur qui est en place de devenir une réelle locomotive est l’offshoring. Je ne crois pas qu’il y ait des secteurs moins performants, mais plutôt des entreprises moins performantes, celles qui ne s’engagent pas dans la mondialisation.

Vous êtes en contact avec les patrons. Quelles sont vos impressions quant à  leur degré de confiance par rapport à  l’exercice à  venir ?
Je suis très agréablement surpris par l’attitude des patrons aujourd’hui. Nous avons intégré que la globalisation n’était plus une option mais une réalité qui rattrape toute entreprise qui veut continuer d’exister. Nous avons pris les mesures nécessaires pour améliorer la productivité de nos entreprises, de nous rapprocher du consommateur pour mieux comprendre ses besoins, d’offrir plus de services à  l’export, de chercher de nouveaux marchés, d’attacher une plus grande importance à  nos ressources humaines. J’ai le sentiment que nous ne sommes plus dans l’attentisme, ni dans les revendications, mais que nous avons pris notre destin en main. Nous sommes certes conscients que le challenge est de taille, mais nous réalisons aussi, à  mon sens, que le succès est à  notre portée. C’est une forme de confiance en l’avenir, n’est-ce pas ? Mais il reste beaucoup à  faire !

Pensez-vous que la tenue des législatives aura un impact sur le business ? Etes-vous de ceux qui pensent que l’économie va perdre 15 jours d’activité à  cause des élections ?
Je pense que notre pays poursuit sa transition démocratique et il est important d’encourager nos concitoyens à  s’y intéresser mais surtout à  y prendre part. C’est notre avenir à  tous en tant que nation qui est en jeu. C’est un processus normal en période électorale. Nous imaginons bien une petite inflexion mais qui ne devrait pas avoir de répercussion significative sur la marche des affaires.

Finalement, vous diriez que 2007 sera meilleure que 2006, sera bonne mais moins bonne que 2006, sera une année moyenneÂ…
Par la position que j’occupe à  la CGEM, j’ai la chance d’être témoin des grands chantiers lancés dans quasiment tous les secteurs de l’économie marocaine et qui auront un impact sur l’ensemble de la société. Cela me permet de dire avec grande conviction que 2007 sera meilleure que 2006.
Fadel Agoumi

Les anticipations des patrons

« 2007 peut-être meilleure que 2006»

Samia Bouchareb DG de Coca-Cola Export corp.
2007sera assurément une bonne année par le marché des softs drinks. La tendance observée au cours du dernier trimestre 2006 nous conforte dans notre optimisme. Je pense qu’une certaine confiance s’est installée au niveau de l’économie et il est même très probable que 2007 soit meilleure que 2006 en termes de chiffres. Nous prévoyons un taux de croissance de l’activité autour de 10% et si la saison agricole est bonne, nous devrions gagner quelques points de croissance en plus. Quant aux élections, leur impact sur notre business est inexistant et pourrait même être positif en raison d’une activité événementielle (meeting, campagne) plus soutenue.

« La dynamique hôtelière boostera les ventes»

Lucien Lewenkroon DG Top Class expresso (Lavazza)
L’année à  venir s’annonce bien et même très bien. Nous espérons une croissance des ventes de l’ordre de 18% pour la bonne raison que nous allons avoir plus de clients. Le marché de l’hôtellerie et de la restauration s’élargira avec les ouvertures d’établissements programmées par les groupes touristiques (Accor, Barcelo, Fadesa…), donc, l’année à  venir sera meilleure que celle qui s’achève, sans compter le fait que les réalisations de 2006 ont donné confiance aux patrons qui ont augmenté soit leurs investissements soit leurs dépenses. Je pense même que l’absence éventuelle de pluies n’aura pas un impact significatif sur l’économie. En revanche, il est probable que l’on perde quelques semaines d’activités en raison des élections.

« Les clients sont actifs»

Denis Germain Directeur Conseil-associé, agence Mosaà¯k
L’année à  venir s’annonce plutôt bien. Il y a un vent d’optimisme qui souffle et les patrons sont relativement confiants dans la bonne tenue de l’économie. Nos clients sont actifs et maintiennent leur plan de communication quant ils ne l’augmentent pas. Sur l’année 2007, nous avons au moins de la visibilité sur le premier semestre, ce qui nous pousse à  envisager un taux de croissance du chiffre d’affaires de l’ordre de 15%. De manière globale, le volontarisme est là , mais certains secteurs devraient communiquer plus que d’autres eu égard aux chantiers et nouveaux produits : téléphonie, alimentaire, automobile, habitat et BTP sont dans ce schéma-là .

« 2007, année de consolidation de la croissance»

Kamil Ouazzani Importateur-distributeur de produits de consommation
Jen’ai pas encore suffisamment de visibilité sur l’année mais je pense que ça s’annonce bien. Les prévisions que nous avons effectués tournent bon an mal an autour d’un taux de croissance de 10 à  15% et je pense qu’il en sera de même pour tout le secteur de la distribution. Même si les pluies ne sont pas au rendez-vous, 2007 sera probablement meilleure que 2006 : cette année, les bonnes nouvelles sont venues un peu par hasard alors que l’année à  venir sera celle de la consolidation de la croissance. Je le sens, les patrons veulent être optimistes. Ils y croient.

« Les projets en cours maintiennent la demande»

Abdelilah Guerouali Directeur commercial Socob (bois)
Au vu de tous les projets de bâtiment et d’habitat qui sont en cours ou à  venir, l’émergence de nouvelles villes satellites, l’effet d’entraà®nement qu’aura le port de Tanger-Med sur le Nord, l’année 2007 ne peut qu’être bonne. Déjà  en 2006, la croissance de l’activité par rapport à  l’année précédente a été de 10%. En 2007 je pense que l’on maintiendra ce rythme sinon on le dépassera si la pluviométrie est au rendez-vous. Par ailleurs, quoique les achats dans l’activité du bois ne soient pas programmés longtemps à  l’avance, nous avons une certaine visibilité sur le premier trimestre. Enfin, j’estime que les élections n’auront pas d’impact sur le business. L’économie s’est détachée de la politique au cours des dernières années.

« Optimiste, mais gare à  la dépendance de l’immobilier»

Chakib Alj Industriel
Jesuis optimiste. Je pense que le Maroc connaà®t le même processus de décollage économique que l’Espagne au début des années 80. Nous avons une bonne image à  l’étranger et les réformes entamées ainsi que le potentiel d’évolution du pays ont dopé son attractivité, ce qui fait que les investissements étrangers seront plus soutenus. Nous avons semé durant 5 ou 6 ans, maintenant le pays commence à  récolter, indépendamment de la pluviométrie ou de la tenue d’élections. Ma seule crainte est que le dynamisme de l’économie devienne trop dépendant de l’immobilier. Je prévois une croissance d’activité de l’ordre de 5%.

« Concurrence exacerbée, mais activité en hausse»
Aziz Qadiri DG de CMP (carton)
Pour l’année 2007 la compétition sera difficile étant donné les échéances de démantèlement douanier qui attendent le secteur du papier et carton. Mais nous restons sereins. Sur les cinq dernières années, le secteur se porte relativement bien et la demande reste en augmentation stable. 2006 a été une bonne année et pour celle qui suit nous l’espérons. Compte tenu de la concurrence, notre chiffre d’affaires devrait évoluer de 3% environ, mais notre résultat, lui, augmentera de 5%. Quant aux élections, je pense qu’elles auront un impact positif sur le secteur parce que l’impression d’affiches et de tracts augmentera la consommation de papier.

« Le taux d’équipement des ménages s’accroà®t sensiblement»

Abdeljalil Lahlou DG de Siera
L’année 2007 sera assurément bonne. Le taux d’électrification du pays est en hausse, les ventes de logements ne sont pas en reste et la dynamique de l’immobilier a encore de bonnes marges de progression. Résultat de tout cela, de nouveaux couples qui s’équipent et des ménages qui achètent du matériel électroménager. Aujourd’hui, il n’est plus rare de trouver au sein du foyer d’une famille moyenne deux, même trois téléviseurs, une machine à  laver, une chaà®ne Hi-fi, sans compter les réfrigérateurs et cuisinières. Le taux d’équipement des ménages progresse avec un bon trend. Avec toute l’activité économique qui existe, le consommateur qui s’enrichit cherche de plus en plus à  vivre confortablement. Nous prévoyons un taux de croissance de 10 à  15% selon les conditions climatiques.

«De la visibilité sur toute l’année 2007»

Chakir Fassi Fihri PDG du groupe Saga Communication
Nous sommes extrêmement optimistes pour l’année à  venir. Nous avons renouvelé tous les grands contrats et décroché de nouveaux clients, ce qui nous laisse entrevoir une croissance de 20 à  25 % du chiffre d’affaires et de manière globale tout le secteur de la publicité devrait profiter de l’embellie. Les branches qui communiqueront le plus sont la Banque-Finance, le transport, les télécoms, l’immobilier, le tourisme et le secteur des loisirs. Je pense que 2007 sera une bonne année pour toute l’économie même s’il ne pleut pas, car nous sommes de plus en plus indépendants des conditions climatiques. Les élections, pas plus que leur résultat, n’auront pas un impact notable sur le business, le projet de société est relativement stable.

«Trop tôt pour se prononcer. Pour les assurances, tout se joue en fin d’année»

Ali Boughaleb Directeur de la Fédération marocaine des sociétés d’assurance et de réassurance
Ilest trop tôt pour se prononcer sur les prévisions de l’année 2007. Pour le secteur de l’assurance, c’est en fin d’année que tout se joue car c’est la période forte pour le renouvellement des contrats d’entreprises. Les compagnies ne seront, par conséquent, fixées que dans quelques semaines. Maintenant, pour les élections, il n’y a pas de lien direct ni d’impact sur le secteur car les opérateurs comme les particuliers lorsqu’ils doivent s’assurer ou assurer leurs affaires, le font indépendamment du contexte politique et de la conjoncture.

«La croissance devrait se poursuivre, mais dans des proportions moindres»

Amine Benabdesslem Président du directoire de la Bourse de Casablanca
La croissance devrait se poursuivre en 2007 mais dans des proportions moindres. 2006 aura été une année record en termes de croissance des indices (plus de 70%) et des introductions en Bourse (10 sociétés). Pour le carnet de commande, la particularité de notre activité fait que nous n’avons pas ce type de visibilité.
Nous tablons sur une hausse de 7 à  10 % du chiffre d’affaires de la société gestionnaire contre 40 % pour 2006. Le bénéfice devrait progresser de 5 % en 2007, contre plus de 20 % en 2006.
En ce qui concerne les élections, nous ne pensons pas qu’elles auront un impact direct sur notre activité.

«Beaucoup d’éléments incitent à  l’optimisme. Les patrons marocains commencent à  investir»

M’Fadel El Halaà¯ssi DG adjoint BMCE-Bank
Sauf accident, il n’y a aucune raison pour que la croissance (plus de 7%) enregistrée en 2006 ne se poursuive pas en 2007. Ceci est d’autant plus vrai que cela a été réalisé grâce à  la contribution beaucoup plus importante que par le passé de secteurs productifs comme le BTP. Autre élément qui incite à  l’optimisme : la décrue du chômage. Par ailleurs, il faut signaler aussi que les investisseurs nationaux, qui étaient à  la traà®ne, commencent à  bouger. Et comme les Marocains sont imitateurs d’eux-mêmes, je reste confiant pour l’avenir. S’agissant des élections, il y a certes des investisseurs étrangers qui doivent attendre leur tenue avant de se décider, mais, le Maroc doit aussi montrer que sa démocratie est en marche.

«L’importance des besoins en flexibilité devrait maintenir la croissance de l’intérim»

Jamal Belahrech DG de Manpower
L’activité de travail temporaire devrait continuer à  enregistrer une croissance à  deux chiffres. La prospérité de l’intérim est expliqué par l’importance des besoins en flexibilité, besoins liés par ailleurs aux «incertitudes générées par le nouveau code du travail».
Bien que dans notre secteur on ne peut parler de carnets de commandes, le budget que nous avons arrêté pour 2007 (quelque 160 MDH) devrait pouvoir être réalisé.
Il y a cependant quelques inquiétudes, tout au moins des interrogations à  propos des prochaines échéances électorales. Mais nous souhaitons que la dynamique engagée ne soit pas cassée par des considérations politiciennes, car sinon ce serait une énorme perte pour le pays

«Il n’y aura pas d’attentisme dans le monde des affaires. 2007 s’inscrira dans la continuité de 2006»

Ahmed Rahhou Pdg de Lesieur Cristal
L’année à  venir s’inscrira, pour Lesieur Cristal, dans la continuité de l’exercice précédent à  savoir une année de croissance. Pour les ventes, on ne peut pas donner d’estimation dans la mesure o๠nous restons dépendants de la campagne agricole, notamment son effet sur la consommation des produits courants et de première nécessité.
Concernant le secteur de façon globale, il y aura une amélioration de la rentabilité des entreprises, si les règles du jeu sont respectées par tous les opérateurs. Par ailleurs, je pense que les élections n’auront aucun impact sur le monde des affaires. Pour sa part, Lesieur Cristal compte poursuivre son programme d’investissement qui est d’ailleurs ambitieux.

«2007 s’annonce bonne pour l’agroalimentaire et la période électorale est propice au lobbying»

Hammad Kessal PDG des Etablissements Rayane
Pour 2006 nous attendons une croissance d’au moins 20 % contre 17 % en 2005. 2007 s’annonce également de bonne augure. Les mesures de la Loi de finances pour le secteur agroalimentaire devront permettre de lutter davantage contre la contrebande. Pour mon activité, celle des pistaches, les droits de douane passeront de 50 à  35 %, ce qui va nous soulager.
Ceci étant, la période préélectorale pourrait présenter des opportunités pour négocier des dossiers en suspens. Généralement, cette période est propice pour des actions de lobbying et les décisions y sont prises plus rapidement. Je pense aussi que l’après élections quant à  lui ne perturbera nullement nos activités car il n’y aura ni rupture ni changement radical

«2007 pourrait être excellente si nous disposons de suffisamment de poisson à  traiter»

Mohamed El Jamali Pdg de LGMC, président de l’Unicop
2007 pourrait être une excellente année à  condition de disposer des intrants nécessaires pour répondre à  la demande. Au 31 décembre 2006, le tonnage traité par les unités de notre secteur aura baissé de 10 % par rapport à  2005. Les autorités de tutelle promettent l’entrée en vigueur en 2007 du plan d’aménagement pélagique, mais ce n’est pas pour autant que nos problèmes seront résolus. En 2006, nous avons traité 300 000 tonnes contre un potentiel de 500 000 tonnes.
Notre secteur est un grand créateur d’emplois et donc un garant de stabilité sociale. Néanmoins, nous craignons que la période électorale ne soit pas propice pour une prise de risque chez les politiques.

«Une croissance à  deux chiffres pour notre activité et un développement à  l’export»

Amine Berrada Dg d’Aiguebelle
L’exercice à  venir sera une bonne année pour notre entreprise. Elle sera l’année du développement de notre activité d’exportation. Pour cela nous avons effectué des investissements importants pour augmenter la capacité de production et pour la diversification des produits. Aujourd’hui, nous exportons vers huit pays.
Sur le marché local, l’année 2007 sera marquée par le lancement de produits nouveaux.
Nous prévoyons une croissance à  deux chiffres de notre chiffre d’affaires. Une croissance qui se fera sans problème et en dépit de la conjoncture qui sera fortement dominée par la politique. Cela dit, la tenue des élections n’aura aucun impact sur le business.

«Malgré la baisse annoncée des droits de douane l’activité progressera de 10% environ»

Mamoun Marrakchi DG de Offsetpolyplast,
et président de l’Association de plasturgie
Pour 2006, l’activité de notre société devrait progresser de 10 % en volume et en chiffre d’affaires. Cette tendance sera maintenue en 2007 même si la baisse annoncée des droits de douane nous prive de visibilité.
Pour 2007, l’évolution dépendra impérativement du comportement des secteurs en aval. A cet égard, 2007 s’annonce bonne pour l’agroalimentaire. Le secteur devra aussi être tiré par le BTP qui se porte à  merveille et par l’industrie automobile. Mais il faut noter qu’après les grosses dépenses de Aà¯d Al Adha, le ralentissement de la consommation des produits agroalimentaires se fait généralement sentir durant tout le semestre qui suit.

«La demande en poids lourds sera forte avec une progression de 25 %. Les carnets de commandes sont garnis»

Haidar Madhloum PDG d’Iveco
Pour nous, 2007 s’annonce sous de bons auspices. Nous espérons réaliser un chiffre d’affaires en hausse de 25 % par rapport à  2006. Nous bénéficions enfin de la reconnaissance de la qualité des véhicules Iveco, reconnue mondialement, sur la place. Dans son ensemble, le secteur sera en croissance parce que les carnets de commandes sont bien garnis. Le secteur bénéficiera des mesures d’encouragement initiées par les pouvoirs publics pour le renouvellement du parc. Quant aux élections, nous ne pensons pas qu’elles auront un impact sur l’activité : le terrain économique est déjà  balisé, c’est l’essentiel.

«Des perspectives prometteuses. Une croissance de 7 à  10% pour la chaussure»

Abdessalam Alaoui PDG de Macha et président de la Fédération du cuir (Fedic)
2007 s’annonce excellente. Pour la chaussure, segment pour lequel nous disposons de suffisamment de visibilité, nous prévoyons une croissance d’au moins 7 à  10 %. Pour les autres filières, maroquineries et vêtements, nous allons maintenir les acquis sans pour autant être dans une logique de décroissance. Cependant, il y a lieu de signaler que les accords de libre-échange signés avec les Emirats Arabes Unis et celui d’Agadir pourraient présenter un danger pour le marché domestique si la règle d’origine n’est pas scrupuleusement respectée.
On note aussi le problème structurel des tanneries qui souffrent de la multiplication des intermédiaires. S’agissant des élections, nous sommes un secteur opérationnel, tourné vers l’export et peu sensible à  ce genre de rendez-vous

«Nous pensons doubler le taux de croissance de notre activité»

Marc Thépot Dg Accor Maroc
Ence qui concerne notre groupe, 2007 sera sans doute une bonne année, car nous prévoyons l’ouverture de quatre nouveaux hôtels. La croissance de notre activité au Maroc étant aujourd’hui à  10%, nous pensons qu’avec les nouvelles ouvertures qui ont de plus grandes capacités d’hébergement, nous pouvons tabler sur une croissance d’environ 20%.
Reste malgré tout cette question sur les élections prochaines ou plutôt comment leurs résultats vont être interprétés. Mais dans le secteur du tourisme, nous pensons qu’il n’y aura pas de grands changements dans la vision, même si l’arrivée d’une nouvelle équipe pourrait se traduire par des retouches mineures.

«2007 s’annonce bonne. Une croissance de 12 à  15% attendue avec une forte progression des voyages organisés»

Othman Chérif Alami Président d’Atlas Voyages
2007 s’annonce bonne pour nous. Nous tablons sur une croissance de l’ordre de 12 à  15 %, avec une progression forte des voyages organisés des Marocains vers l’étranger et dans l’autre sens de l’activité des congrès, des séminaires et de l’incentive.
Pour le secteur, la profession est plutôt optimiste, et à  Casablanca, on est d’ores et déjà  en mesure d’annoncer la création dès le début 2007 d’une centaine d’emplois, notamment pour les conseillers en voyage.
2007 va aussi nous confirmer si la progression des vols low-cost va profiter au secteur du tourisme, car pour l’heure, sur certaines destinations comme Oujda ou Casablanca, les vols profitent surtout à  une clientèle non composée de touristes.

«Plus de compétition, d’offres et de motivation»

Inigo Serrano DG de Méditel
2006 a été pour Méditel une année d’adaptation, car nous sommes devenus un acteur à  part entière dans le segment fixe, et notamment auprès des clients entreprise. Pour l’exercice qui s’annonce, Méditel sera une entreprise différente, plus innovante et plus proche de ses clients. Par ailleurs, elle continuera à  accroà®tre sa rentabilité au niveau de tous les compartiments de gestion. Avec l’entrée en lice du troisième opérateur télécoms sur le marché marocain, la configuration concurrentielle du secteur sera plus prononcée. 2007 est aussi l’année de changements réglementaires majeurs : portabilité des numéros, dégroupage partiel, tarifs d’interconnections orientés coûts

«Activer les réformes pour ne plus dépendre de l’agriculture»

Hassan Chami Président de Marbar SA
Pour une partie de nos activités, les matériaux de construction, le marché marocain est porteur ; et vu le nombre important de projets d’infrastructures, nous prévoyons une poursuite de la dynamique positive. Le secteur table d’ailleurs, pour 2007, sur un taux de croissance de l’activité de l’ordre de 7 %. Et ceci, malgré le fait que, contrairement à  d’autres secteurs, les commandes ne se font pas à  l’avance, mais au fur et à  mesure de l’avancement des chantiers. Une nuance toutefois : avec l’ouverture des frontières, le produit Maroc est de plus en plus handicapé par le coût de l’énergie. Quant à  nos activités de distribution de produits chimiques (comme les phytosanitaires), leur sort dépend de l’agriculture Est-ce que les prochaines élections auront un impact sur l’économie ?
Moi je dis que plus on aura rapidement une vision sur les prochaines échéances électorales, moins celles-ci auront un impact sur la vie économique.