Comme attendu, Bank Al-Maghrib ramène le taux directeur à 2,25%

L’inflation est suffisamment basse et la croissance devient moins vigoureuse. Les comptes sur carnet deviennent encore moins intéressants.

C’était attendu. Bank Al-Maghrib a réduit le taux directeur de 0,25 point, à 2,25% «pour soutenir l’activité économique». L’annonce en a été faite, mardi 22 mars, à l’issue de la première réunion trimestrielle du Conseil de la banque au titre de l’année 2016. Tendance baissière de l’inflation, faible rythme de la croissance non agricole, poursuite de l’atténuation du déficit budgétaire et renforcement des réserves de changes, le contexte se prête à la décision des autorités monétaires. Abdellatif Jouahri, le gouverneur de Bank Al-Maghrib, s’est expliqué longuement sur tous ces points.

Après un taux de 1,6% pour l’ensemble de l’année 2015, la variation des prix en glissement annuel est revenue à 0,5%, en moyenne, durant les deux premiers mois de 2016. De ce fait, les prévisions du conseil pour l’ensemble de l’année ont été revues à la baisse à 0,5%, avec un ralentissement de l’inflation sous-jacente. Dans le même temps, la croissance sera bridée par une campagne céréalière médiocre. Le PIB n’augmentera que de 1%, suite essentiellement à l’ajustement de l’hypothèse relative à la production céréalière de 70 millions à 38 millions de quintaux. La valeur ajoutée agricole devrait ainsi se contracter de 13,8% et le PIB non agricole continuerait à évoluer à un rythme limité de 2,9%. Quant au déficit budgétaire, il devrait avoisiner les 3,7% du PIB en 2016 et 3,1% du PIB en 2017.

Nette amélioration des réserves de changes

Les comptes extérieurs se sont aussi redressés en 2015 du fait de l’atténuation sensible du déficit du compte courant qui se serait établi à 2,3% du PIB. Il devrait s’établir à 0,1% en 2016 et 0,3% en 2017. Cette amélioration tient en aval à la contraction du déficit commercial et à l’augmentation des transferts (investissement directs étrangers et transferts des MRE). L’amélioration des réserves de change s’est reflétée au niveau de la situation de la liquidité bancaire qui, après une forte amélioration en 2015, devrait devenir excédentaire à partir du deuxième trimestre 2016.

En principe, une baisse du taux directeur se répercute sur le loyer de l’argent. Seulement, la relation n’est pas tout aussi mécanique. Il faudra quelques mois pour que les emprunteurs le ressentent, à condition, bien sûr, que leurs dossiers soient bancables. Il est par contre sûr que les détenteurs de comptes sur carnet sont pénalisés. L’inflation étant faible, leur capital ne va pas s’effriter, mais à moins de 1,48% -dernier taux avant la baisse du taux directeur- ce produit ne présente plus aucun intérêt, sauf pour ceux qui n’ont pas le choix.