Combien les MRE investissent-ils ?

S’il y a une idée qui taraude l’esprit des responsables de la Direction des investissements, c’est bien celle de pouvoir appréhender de manière précise le montant de l’investissement émanant des MRE. Ce montant est comptabilisé par l’Office des changes en tant que transfert uniquement, ce qui ne permet pas, explique Saïd Aqri, chef de la Division études à la Direction des investissements, de cerner avec précision l’utilisation de cet argent. Il s’agit, selon lui, de quelque 70 milliards de DH qui sont déposés dans des comptes courants sans que l’on sache quelle part revient à l’investissement. Non pas, tient il à préciser, que la DI cherche en soulevant cette question, à gonfler les statistiques des investissements étrangers, mais tout simplement, il est logique que les MRE puissent bénéficier de tous les avantages dont disposent les investisseurs étrangers. Cependant, on ne peut pas incriminer uniquement l’approche et la méthode statistique utilisées. Les MRE ont aussi leur part de responsabilité dans cette situation, car, contrairement à l’investisseur étranger qui s’entoure de toutes les garanties que lui accorde la loi marocaine pour ce qui est du transfert des fonds, le MRE qui arrive au Maroc pour investir n’inscrit pas sa démarche dans cette logique. Souvent, il n’ouvre même pas de compte en dirhams convertibles, car il est dans une logique plutôt affective.
Pour corriger ces distorsions, deux cellules de réflexion regroupant la Direction des investissements, Bank al Maghrib, l’Office des changes et le GPBM ont été créées. La première est chargée d’améliorer, sinon assurer, «le suivi statistique des investissements des MRE et les intégrer dans les chiffres investissements extérieurs réalisés par le Maroc», notamment en affinant les documents d’information qui circulent entre les différents organismes.
La deuxième cellule va s’atteler à mettre en place des opérations de promotion et de communication à l’adresse des MRE pour les informer des opportunités et du climat d’affaires dans leur pays d’origine.
Les MRE de la troisième génération qui ont réussi dans le pays de résidence sont particulièrement visés