Comanav injecte 31 MDH dans ses filiales

Comanav Voyages et Manuco voient leur capital renforcé en vue de jouer un rôle de premier plan dans leur créneau

La Comanav confirme son redressement avant d’entrer en Bourse au cours de l’année 2005.

Comment passer en deux ans de la situation d’éclopé du secteur au statut d’entreprise en parfait ordre de marche ? Taoufik Ibrahimi, Pdg de la Comanav, pourrait apporter un précieux éclairage sur la question.
En effet, tirée d’une situation financière critique (fonds propres négatifs de près de 200 MDH à fin 2002) par une deuxième recapitalisation en 2003, la société a dû entreprendre une restructuration drastique pour relancer son activité principale (fret et transport de passagers). Dans la foulée, la compagnie s’est adjugé deux concurrents de taille, Limadet et Ferry Maroc. Conforté par les premiers fruits de son redressement (bénéfices dégagés dès fin 2003 et confirmés à fin septembre 2004), le transporteur se penche sur son pôle de services, troisième pilier de la vision stratégique «Comanav croissance», mise en œuvre en 2003.

Le CA agrégé des deux filiales devrait atteindre 150 MDH en 2004
C’est ainsi qu’en décembre dernier, la société a procédé à deux augmentations substantielles de capital au profit de ses deux principales filiales. Comanav Voyages a vu son capital passer de 500 000 à 8,5 MDH, soit un apport de 8 MDH. Rappelons que l’agence de voyages du groupe Comanav a entamé en 2003 un redéploiement salutaire pour investir le marché très concurrentiel de l’organisation des voyages, notamment les prestations pour la clientèle haut de gamme dite «Comanav Voyages corporate», les incentives et les circuits golfiques. L’objectif principal de cette réorganisation était de ne plus rester confiné dans le seul métier de la billetterie. Mais le processus réformateur avait aussi un coût exorbitant, notamment en frais de campagnes publicitaires et en rénovation. Cette injection d’argent frais vient donc à point nommé pour doter cette entité des moyens de son développement.
C’est ensuite Manuco, filiale opérant dans les métiers de la manutention et de la consignation, qui voit son capital augmenter de 2,3 MDH à 25,3 MDH. Là encore, l’opération est cohérente avec la stratégie de la maison-mère qui, dans le cadre de la libéralisation de l’activité des services portuaires, ambitionne de se hisser au premier rang dans ces métiers à haut potentiel de développement. Déjà, l’acquisition au prix de 50 MDH, au cours du deuxième semestre 2004, de Marbar, dont Hassan Chami, président de la CGEM, était l’un des principaux actionnaires, devait permettre à la compagnie de contrôler près de 50 % de ce marché au Maroc. Le CA agrégé de ces deux filiales devrait atteindre, dès 2004, près de 150 MDH.
Conjuguée à l’acquisition de nouveaux navires, en stade avancé, cette étape propulse la Comanav dans une posture encore plus confortable pour préparer son introduction en Bourse prévue cette année .