CNSS : les Finances n’accordent que 95 MDH pour les augmentations de salaires sur les 135 MDH demandés

La direction de la caisse obligée de revoir à  la baisse des hausses déjà  promises au syndicat. Les salariés concernés saisissent l’UMT pour dénoncer l’incapacité du syndicat à  les défendre.

C’est mercredi 16 mars qu’ont repris les négociations entre la direction générale de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Fédération nationale du personnel de la sécurité sociale (FNPSS) affiliée à l’UMT. Elles portent sur les trois points du protocole d’accord signé en mai 2009 et qui ne sont toujours pas entrés en vigueur. Il s’agit de la révision de la grille indiciaire, de la révision des indemnités des directeurs régionaux, centraux et de pôles et de la bonification des indemnités des chefs de bureau, de service, de division et de projet. Ces mesures n’ont pas été appliquées étant donné que leur entrée en vigueur, rappelons-le, dépend de la décision du ministère des finances. Leur application nécessite, en effet, une enveloppe de 135 MDH à débloquer en trois tranches s’étalant sur trois années. Le retard pris dans l’application du protocole avait d’ailleurs poussé le syndicat des employés de la CNSS à programmer trois périodes de débrayage, dont la dernière prévue les 23, 24 et 25 février avait été annulée à la demande de la direction de la caisse. Le syndicat avait même prévu, en cas de non-reprise des négociations, un arrêt de travail hebdomadaire d’une durée de 72 heures.

Il n’y a pas de scission du syndicat

Aujourd’hui, il semble que l’on soit revenu aux négociations. La FNPSS préfère plutôt se mettre à table pour engager un deuxième round des discussions. Il faut toutefois souligner que ces négociations ont été entamées sur fond de tensions suscitées par la décision du ministère des finances. En effet, le département de Salaheddine Mezouar, après plusieurs mois d’attente, a finalement décidé de lâcher 95 MDH au lieu des 135 millions demandés par la CNSS. Ce qui implique une révision à la baisse des indemnités de responsabilité destinées aux chefs de bureau, de division, de service et de projet. Ces indemnités seront alors ramenées de 2 000 à 1 000 DH. Acceptée par la FNPSS, cette mesure a, bien sûr, suscité le mécontentement des personnes concernées. Celles-ci ont, selon des sources syndicales, saisi l’UMT tout en remettant en question la représentativité de la FNPSS.
Pour éviter une aggravation de cette lutte intestine, Miloudi Moukhariq, secrétaire général de l’UMT, a décidé, dans une lettre adressée à la direction générale de la CNSS, de mettre la FNPSS sous la tutelle du secrétariat général de la centrale syndicale. Par ailleurs, il a désigné quatre membres du bureau central de l’UMT qui sont chargés, dorénavant, de négocier avec le gouvernement et la direction générale de la CNSS. Ce qui risque, selon des sources proches du dossier, d’aboutir à une mise à l’écart de la FNPSS dans le cadre des négociations. Cela ne risque pas de se produire, rétorque un membre du bureau central de l’UMT, car «les quatre personnes ont été désignées seulement pour épauler la fédération dans le processus de négociations». En effet, la FNPSS ne semble pas gênée par l’intervention de l’UMT. Son président Azzedine Zekri, qui se félicite des acquis, avance que la mise sous tutelle n’a pas, dans ce contexte, de signification administrative. Il s’agit, explique-t-il, d’un simple soutien de la centrale syndicale dans la mesure où les prochaines négociations ne seront pas seulement engagées avec la direction générale de la caisse, mais impliqueront également le ministère des finances.
Un membre de bureau central de l’UMT tient, quant à lui, à préciser qu’«il ne faut pas tirer des conclusions hâtives mais attendre les résultats des négociations à la lumière desquelles des mesures seront décidées».
Contactée par La Vie éco, la direction générale de la CNSS n’a pas souhaité se prononcer sur des affaires qui concernent le syndicat. Cependant, elle confirme la décision du ministère des finances et donc la révision à la baisse du montant des indemnités pour certaines catégories de son personnel.
Il faut rappeler que les revendications des employés de la CNSS portent, outre les révisions des indemnités, sur la révision de la convention collective (l’actuelle convention a été signée, il y a 20 ans), l’augmentation des salaires et l’octroi de diverses primes (Achoura, scolarité, primes de panier et de transport), la promotion des fondés de pouvoir et l’accélération des mutations. Parmi les revendications honorées, on citera les avances sur salaires, la prime de panier (400 DH) et la révision de la prime de tournée versée aux inspecteurs et aux contrôleurs. Les autres points seront discutés dans les prochaines réunions prévues avec le ministère des finances. Une première rencontre est prévue dans les jours qui viennent.