CNSS et Cnops refusent l’identifiant unique de l’Agence de l’assurance maladie

L’Anam a déjà entamé la réflexion, mais CNSS et Cnops le jugent prématuré.
L’identifiant unique jugé compliqué à mettre en place et à gérer.

L’Agence nationale de l’assurance maladie (Anam) planche sur le projet de mise en place d’un identifiant unique qui consiste à doter chaque assuré d’un numéro qui permettrait son identification auprès de tous les organismes de sécurité sociale. La réflexion sur l’identifiant unique porte sur deux pistes principales : le numéro de la carte d’identité nationale ou encore un code en chiffres et en lettres qui renseignerait sur le lieu de résidence, le sexe de la personne, sa date de naissance…

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la mise en application de l’Assurance maladie obligatoire (Amo), notamment pour assurer une transparence de la gestion des dossiers et faciliter la coordination entre les divers organismes concernés par le système, à savoir la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (Cnops) qui devront, au passage, abandonner progressivement leurs systèmes d’immatriculation.

Cependant, ces deux dernières ne l’entendent pas de cette oreille. «C’est un chantier lourd à concrétiser et qu’on ne peut pas mettre en place rapidement», affirme-t-on à la Cnops. Il faudra attendre, selon cette dernière, au moins 3 à 4 ans, le temps que le nouveau régime de l’Amo se stabilise et que celui de l’assistance médicale (Ramed) entre en vigueur. De plus, la Cnops, qui a déjà son propre système d’immatriculation, souligne en substance que l’identifiant unique n’ira pas sans entraîner un coût et un réaménagement de son système d’informations et de gestion qu’elle vient juste de modifier avec l’entrée en vigueur de l’Amo.

Pour l’Anam, l’identifiant unique est un passage obligé
A la CNSS, tout en restant conscient de l’utilité de l’identifiant unique, on précise que le système n’est pas aisé à mettre en place, même s’il y a concertation des différents acteurs. «Nous avons notre propre système d’immatriculation pour les entreprises et les assurés. Et même si l’identifiant unique est adopté, la caisse conservera son propre système car l’Anam a uniquement pensé au volet maladie, alors que nous avons tout le volet retraite qui n’est pas simple à gérer en raison de l’importance des informations, notamment concernant les cotisations et le nombre de jours déclarés», explique un responsable de la CNSS.

Du côté de l’Anam, à qui La Vie éco a posé la question, aucune réponse n’a pu être obtenue à l’heure où nous mettions sous presse.

En attendant, des sources proches du dossier reconnaissent qu’il n’y a pas d’urgence sur ce dossier car l’essentiel, notent-elles, est d’asseoir le système de couverture médicale et d’introduire le Ramed pour permettre l’accès aux soins à l’ensemble des Marocains. Cela dit, l’identifiant unique est considéré par l’Anam comme étant un passage obligé. Il reste à en convaincre les autres parties.