Cinq régions sont dans une situation de stress hydrique

Il s’agit des régions d’Errachidia, de l’Oriental, Ouarzazate, Tensift et de la zone côtière entre Rabat et Casablanca. La demande actuelle en eau s’élève à  13 milliards de m3/an pour des disponibilités de 22 milliards. Chaque Marocain dispose en moyenne de 700 m3/an.

Il n’y a plus de doute, la question de l’eau prend de plus en plus d’ampleur au Maroc, comme en témoigne la tenue, ce 28 janvier, de la première journée d’un séminaire stratégique sur l’eau, organisé par le cabinet Radius et Blue Cap. Deux autres journées sont prévues en février et mars prochains.

Cette première journée, qui avait pour thème «la gestion durable des ressources en eau, enjeux et perspectives», aura connu l’intervention de nombreux acteurs concernés par le domaine au Maroc : institutions publiques, collectivités locales, agences des bassins hydrauliques, régies mais aussi industriels ou constructeurs.

La situation actuelle de l’eau au Maroc mérite au moins cette mobilisation. D’après les données communiquées par le ministère délégué chargé de l’eau, la demande actuelle en eau est de 13 milliards de m3 tandis que les ressources disponibles s’élèvent à 22 milliards de m3/an environ. Si l’on rapporte la disponibilité des ressources à la population marocaine, cela donne un ratio national d’environ 700 m3/hab/an. Un ratio de moins de 1000 m3/hab/an illustre un équilibre fragile alors qu’en dessous de 500 m3/hab/an, on est en situation de stress hydrique. «En 1960, le ratio national au Maroc était de 2 500 m3. Nous prévoyons 500 m3 entre 2025 et 2030», souligne Abdeslam Ziyad, chef de la division planification et gestion de l’eau au sein du ministère délégué chargé de l’eau.
Pour l’heure, cinq zones vivent un stress hydrique. Il s’agit de la région d’Errachidia, l’Oriental, Ouarzazate, Tensift et la zone côtière entre Rabat et Casablanca. Pour cette dernière, il est malgré tout possible d’aller chercher l’eau dans l’oued Sebou, dans le bassin d’Oum Er Rbia, ou tout simplement dans la mer. «En cas de besoin, on ira chercher l’eau là où elle se trouve», assure M. Ziyad. Casablanca est d’ailleurs alimentée par les bassins du Bouregreg et d’Oum Er Rbia. «Les régions de Marrakech et d’Errachidia affichent des taux assez faibles. La situation n’est pas critique, mais elle reste préoccupante», ajoute M. Ziyad.

Comme le Maroc est situé dans une zone semi aride, les mesures d’économies sont incontournables, à l’instar de ce qui se fait dans l’agriculture. Choix logique, étant entendu que l’irrigation absorbe 88% des disponibilités contre 10% pour l’eau potable et 2% pour la lutte contre la pollution (lâcher d’eau dans les cours d’eau). Le bassin d’Oued Sebou est le plus concerné par la pollution du fait de la présence dans la zone des tanneries, des unités de trituration d’olives et des sucreries de canne et de betteraves.

Les entreprises spécialisées dans la gestion de l’eau affluent

Pour Mounir Bakkali, responsable du département secteurs d’activité eau, agroalimentaire & industrie automobile chez Schneider Electric, «la priorité est de gérer la demande, que ce soit pour l’irrigation ou l’eau potable. Les technologies nouvelles restent des solutions très coûteuses (investissement et exploitation) et ne suffiront pas à combler l’écart grandissant entre l’offre et la demande», confie-t-il. Dépendant des coûts liés à l’énergie, le prix de l’eau est très volatil. Avec son système StruxureWare, Schneider Electric peut se vanter de proposer un système de management global de l’énergie qui permet aux industriels de réduire de 30% en moyenne leur facture énergétique.

Pour accompagner les efforts déployés par le Maroc en matière de gestion de l’eau, à travers notamment le plan national d’assainissement lancé en 2006, de nombreuses entreprises ont été créées ou sont venues s’installer au Maroc. «Les techniques se sont popularisées et la concurrence a évolué. Notre activité est florissante car les clients sont sensibilisés à la préservation de leur patrimoine», confie Eric Poncet, DG de Brunet Aménagement. Présente au Maroc depuis 15 ans, cette entreprise s’est spécialisée dans la conservation du patrimoine et les travaux sur mesure. «Lorsque les collecteurs se font vieux, les clients pensent à les changer alors que nous pouvons refaire l’étanchéité qui durera encore 50 ans. Cela évite de reconstruire toute l’infrastructure, limite donc les coûts et les pertes de temps», explique M. Poncet. Brunet Aménagement dispose d’une usine à Témara où officient une trentaine d’employés dans la fabrication de pièces sur mesure. Sensibles à cette approche, les exploitants de Casablanca, Rabat, Agadir, Fès et Marrakech ont souscrit à cette méthode. C’est ainsi que 400 m de réseau ont été réhabilités à Casablanca, tout près du parcours du tramway. Cela a permis un impact environnemental et économique moindre.