CIMR : la valeur du point augmentera de 4% par an à  partir de 2010

La situation financière nettement améliorée et des réserves de 23 milliards de DH à  fin 2008.
La valeur du point à  la liquidation est actuellement de 11,64 DH.

Une bonne nouvelle pour les affiliés de la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraite (CIMR). A partir de 2010, la caisse procédera chaque année à la revalorisation du point, actuellement fixé à 11,64 DH, à raison de 4% par an. L’évolution est de taille par rapport au taux de revalorisation qui n’est, depuis 2003, que de 0,07% uniquement pour les retraités et 0% pour les actifs. Pourtant, on est encore bien en deçà du niveau de 10% qui était appliqué avant 2003. C’est que depuis cette année-là, justement, la CIMR avait lancé une grande réforme à la suite des conclusions des études actuarielles constatant la «grande générosité du régime». Pour les cabinets auteurs de ces études, cela présentait, bien entendu, un risque de déséquilibre financier et donc compromettait sa viabilité à l’horizon 2012. Pour corriger ces dysfonctionnements, des mesures furent alors adoptées notamment la récupération de la part des cotisations données en gestion aux compagnies d’assurance, la mise en place d’une contribution non génératrice de droits pour les entreprises, une diminution de la revalorisation du point pour les retraités et le gel de cette revalorisation jusqu’en 2010 pour les affiliés actifs. Des mesures qui, il faut le souligner, concernent tous les acteurs impliqués, actifs, retraités et entreprises, dans le souci de répartir les efforts fournis pour garantir son équilibre et sa viabilité.  
Aujourd’hui, à la veille de la fin de la réforme, tout semble indiquer que le régime se porte plutôt bien. En effet, le cabinet Actuaria, chargé par la direction des assurances et de la prévoyance sociale (DAPS) de faire l’état des lieux de caisses de retraite préalablement à la mise en place de la réforme, assure que la pérennité du régime de retraite complémentaire de la caisse (CIMR) est garantie jusqu’en 2060. Il confirme ainsi le constat établi en interne par les experts et actuaires dans le cadre des études actuarielles effectuées annuellement pour le suivi de l’équilibre financier du régime. Cette première conclusion du cabinet Actuaria, non encore communiquée officiellement, pourrait, selon des spécialistes de la retraite, privilégier le scénario de maintien de la CIMR en tant qu’organisme autonome et de sa mutation en régime obligatoire. Il faut rappeler que la commission technique chargée de l’étude de la réforme des retraites avait proposé un deuxième scénario prévoyant sa fusion avec la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) qui gère le régime de base obligatoire de retraite. Les schémas définitifs de la restructuration des régimes de retraite seront arrêtés, d’après le calendrier officiel des travaux, en 2010 par la commission nationale chargée du suivi de la réforme après étude des propositions de la commission technique.
A la CIMR, on ne se prononce pas sur les récentes conclusions du cabinet Actuaria, en revanche on tient à préciser que «le régime se porte bien, est équilibré et toutes les prévisions établies en 2003 au moment du démarrage de la réforme de la caisse ont été réalisées».
Pour autant, les responsables de la CIMR ne baissent pas leur vigilance. Le taux de revalorisation de 4%, qui sera appliqué à partir de 2010, tout en étant raisonnable, puisque aligné sur la même évolution que celle qui est  enregistrée annuellement par le salaire de référence, reste modéré. Tout cela est dicté par les besoins de prudence et de bonne gouvernance que s’est imposés la CIMR en vue de garantir la pérennité du régime. Au 31 décembre 2008, les réserves de prévoyance de la CIMR étaient de l’ordre de 23 milliards de DH.
La consolidation de la situation financière permettra même d’élargir le régime de retraite complémentaire qui reçoit actuellement 8 000 nouveaux affiliés cotisants par an et de contribuer au financement d’une pension raisonnable à verser aux personnes n’ayant pas suffisamment cotisé à ce régime. Il s’agit d’une pension minimale actuellement en réflexion dans le cadre de la réforme globale des retraites et qui sera assurée collectivement par toutes les caisses de retraite en plus, certainement, d’une contribution de l’Etat.