Ciment : perspectives sombres pour la fin d’année

Tout juste 2% de croissance annuelle anticipée par les opérateurs pour 2016. La croissance observée sur les mois écoulés devrait s’atténuer sur le dernier quart de l’année du fait du ralentissement des chantiers.

Malgré les signaux encourageants donnés par la consommation de ciment sur les mois écoulés, les opérateurs du secteur n’envisagent pas la fin de l’année sous de meilleurs auspices, avec un pronostic de croissance annuelle du marché tout juste autour de 2%.

Durant le mois d’août, la progression des ventes a approché les 4%, la consommation sur les 8 premiers mois de l’année affichant une hausse de 2%, à près de 10 millions de tonnes. Les spécialistes attribuent ce bon comportement à une accélération des chantiers sur les derniers mois. Mais cette croissance devrait s’atténuer sur les mois restants, selon le consensus du marché. L’on s’attend déjà à un renversement de vapeur ce mois de septembre marqué par une quinzaine de jours d’arrêt des chantiers en raison de la fête du sacrifice. En outre, l’essentiel de la croissance sur le marché du ciment se fait avant le début des pluies. «A considérer qu’il commence à pleuvoir à partir de la mi-octobre, comme cela est observé durant les années normales, le dernier trimestre devrait en principe être mauvais pour le secteur cimentier», explique un analyste. La morosité du BTP, appelée à se poursuivre sur les mois à venir, ne devrait pas non plus arranger les choses.

Arrivée de nouvelles capacités de production

Cependant, il demeure une lueur d’espoir. «Selon la lecture que feront les opérateurs des résultats des élections, les affaires pourraient reprendre. Il est vrai que l’impact positif qui pourrait en résulter ne sera pas immédiat mais les effets d’intention pourraient déjà pousser les grossistes à stocker du ciment avant la fin de l’année», anticipe un spécialiste.

Dans ce marché globalement sans reliefs, les reconfigurations qui ont eu lieu récemment, à savoir la constitution du géant LafargeHolcim Maroc qui détient aujourd’hui près de 55% du marché et le passage de Ciments du Maroc dans le giron de Heidelberg n’ont produit que peu d’effets. Côté prix notamment, la tendance est à la stabilité selon les analystes et cela devrait se prolonger l’année prochaine. Ce qui devrait faire bouger les lignes, en revanche, c’est l’arrivée de nouvelles capacités, les mois à venir, à travers l’entrée en activité des usines d’Atlantic Ciment du groupe Boutegray. Avec une surcapacité estimée à 6 millions de tonnes à fin 2016, les opérateurs ne parviennent déjà à maintenir la rentabilité de certaines de leurs unités que grâce à l’export. Ceci sachant qu’en acheminant leurs produits vers les marchés internationaux, les cimentiers perdent en marge au regard du coût de transport et des prix du ciment moins élevés qu’au Maroc.