Chocolat : les industriels annoncent une hausse du prix en octobre

Le cours du cacao a augmenté de 18.31% sur les 3 derniers mois. La hausse ne touchera que le chocolat haut de gamme. Pour parer à  une possible baisse de la demande, les industriels entendent programmer des promotions sur les produits à  base de poudre.

Le prix du chocolat connaîtra une hausse dès octobre prochain. Les industriels ont envoyé des lettres à leurs divers partenaires et clients les informant de cette augmentation dont le niveau n’est toutefois pas encore annoncé. Actuellement, le prix du chocolat varie de 200 à 800 DH le kilo, en fonction de la qualité et la teneur en cacao. La hausse annoncée ne concernera toutefois que les chocolats à forte valeur ajoutée qui sont fabriqués à base de beurre de cacao et non les produits dits «végécacao» contenant plutôt de la poudre de cacao. Le beurre de cacao, selon les professionnels, «est l’ingrédient qui fait la différence pour les amateurs de chocolat. Il en faut au moins 20% pour fabriquer une tablette de chocolat de qualité».

Cette révision à la hausse du prix est, selon la Fédération nationale de l’agroalimentaire, inévitable car le cours international de la fève de cacao est sur une tendance haussière depuis plusieurs semaines. Son prix a atteint un pic de 1 725 livres sterlings la tonne contre 1 611 livres au début du mois de septembre. Et sur les trois derniers mois la variation est de 18,31%. Après son broyage, la fève de cacao donne, à parts égales, de la poudre et du beurre. Toutefois, si la production de ces deux produits est égale, leur consommation, quant à elle, est déséquilibrée et reste tributaire des tendances de la demande à l’international. Ce qui explique les variations de leurs cours.

Les deux tiers du chiffre d’affaires des chocolatiers réalisés pendant les fêtes de fin d’année

Actuellement, les chocolatiers signalent la flambée du cours du beurre de cacao dont le prix est passé de 2 à 7 euros le kilogramme depuis le début du mois de septembre. Un niveau de prix justifié par une forte demande, après le creux de 2012, de l’industrie du chocolat en Europe, premier marché mondial du chocolat et en Amérique du Nord où le volume broyé est estimé à 126 000 tonnes au cours du premier trimestre 2013, en progression de 6% par rapport à l’année antérieure. En Europe, ce sont 339 000 tonnes qui ont été broyées au cours des trois premiers mois de l’année. 

Les professionnels soulignent que la tendance actuelle est à rebours de ce qui s’est passé l’an dernier. En effet, on avait assisté à une ruée sur la poudre de cacao du fait d’une très forte demande en provenance des pays asiatiques qui se sont mis à consommer de plus en plus de biscuits, de glaces et de boissons chocolatées fabriqués uniquement à base de poudre de cacao. Parallèlement, la consommation de beurre de cacao, utile pour donner du moelleux aux barres chocolatées et autres chocolats les plus fins, avait ralenti dans les pays européens frappés par la crise. D’importants stocks de beurre de cacao étaient constitués, entraînant une chute du prix qui était passé, et c’est une première, en deçà du prix de la poudre.

Cette année donc c’est l’inverse. Au point qu’il est difficile, selon des observateurs, de trouver du beurre de cacao devenu deux fois plus cher que la poudre. Pour les industriels marocains, il est tout aussi difficile de ne pas répercuter la hausse du cours international sur le prix consommateur. «Une répercussion qui est mal tombée sachant que les trois prochains mois sont importants pour le secteur qui enregistre, en raison des fêtes de fin d’année, une augmentation de la demande de chocolat», affirme un responsable de la Fénagri. C’est la période durant laquelle les chocolatiers réalisent près de 70% de leur chiffre d’affaires annuel. Serait-ce le cas cette année ? A la Fénagri, on reste sceptique car on escompte une baisse de la demande en raison de la hausse du prix du chocolat. Et pour compenser l’éventuelle baisse ou du moins en limiter les dégâts, certains chocolatiers entendent lancer des promotions sur les produits végécacao (donc fait à base de poudre de cacao). Reste à savoir si cette politique sera suffisante pour atteindre ces objectifs.