Chaussures : 20 millions de paires exportées en 2007

Avec 1,8 milliard de DH de recettes en 9 mois, les exportations de chaussures
représentent 78% de l’activité du secteur.
La progression sur ce créneau est la plus élevée : plus de 15% en une année.
Pour relancer l’ensemble du secteur, un budget de 15 MDH a été alloué à  la
promotion pour les 3 prochaines années.

En dépit de diverses tentatives de développer les autres produits (notamment les vestes et sacs), l’industrie du cuir au Maroc reste dominée par la chaussure, une branche qui s’en sort plutôt bien. Une fois encore, le chiffre d’affaires tiré des exportations a connu une progression à  deux chiffres au cours des neuf premiers mois de 2007, par rapport à  la même période de l’exercice précédent. En valeur, il a totalisé 1,85 milliard de DH, marquant une hausse de 19,5%.

Toutefois, les entreprises ne sont pas toutes logées à  la même enseigne. En effet, seuls 40 des 234 chausseurs que compte la branche exportent leur production (chaussures de ville et de sport), vers les marchés européens essentiellement, des pays arabes et africains ainsi que vers le marché américain qui constitue un potentiel à  exploiter, en particulier pour les fabricants de chaussures de sport qui tentent de développer la niche des chaussures de golf.

En moyenne, le Maroc exporte 15 à  20 millions de paires chaque année. Un volume qui est appelé à  se développer dans la mesure o๠plusieurs donneurs d’ordre s’apprêtent à  y délocaliser leur production. C’est le cas d’un chausseur espagnol, venu il y a une semaine en prospection au Maroc, qui compte installer plusieurs unités à  Casablanca. La croissance viendra également, dit-on à  la Fédération des industries du cuir (Fedic), «de la stratégie adoptée par la branche de la chaussure puisque les entreprises ont opéré une importante mise à  niveau de leur outil de production qui leur a permis de développer leurs propres collections et de proposer des produits finis». C’est donc la fin de la sous-traitance pour ces entités qui souhaitent avoir un meilleur positionnement sur les marchés étrangers, notamment sur le créneau du haut de gamme, et se démarquer de la concurrence chinoise qui, elle, est imbattable sur les modèles basiques.

La mise à  niveau de ces entreprises s’est traduite par une réorganisation du travail. Désormais, les fabricants ont décidé de se focaliser sur la création, la production et l’approvisionnement, en déléguant toute l’activité de piquage, par exemple, à  des ateliers de sous-traitance locaux. Une trentaine d’ateliers ont ainsi vu le jour et sont gérés par d’anciens chefs de production des entreprises exportatrices.

La tannerie reste à  la traà®ne…
Outre la mise à  niveau industrielle, les chausseurs, pour améliorer leur compétitivité, ont décidé d’ouvrir des antennes et des show-rooms permanents à  l’étranger pour aller à  la rencontre des donneurs d’ordre étrangers. Dans un souci d’agressivité commerciale, ils planchent actuellement sur le projet de création d’un consortium d’exportation (www.lavieeco.com), l’exemple des entreprises de textile ayant prouvé l’existence de synergies à  exploiter. Cependant, il existe un bémol à  toutes ces actions de développement. La branche souffre en effet d’un handicap majeur : l’inexistence d’une industrie de moules pour la fabrication de la semelle, ce qui réduit fortement, selon les professionnels, la compétitivité de la chaussure marocaine. Le pays importe annuellement pour 55 MDH de semelles en moyenne pour couvrir les besoins des exportateurs.

Evolution en dents de scie pour la filière vêtement de cuir, liée à  l’effet de mode
De manière globale cependant, la branche de la chaussure connaà®t une croissance soutenue et fait preuve d’une adaptation notable. Ce n’est pas le cas de la tannerie, deuxième filière du secteur, qui réalise un chiffre d’affaires de 373,5 MDH. Celle-ci n’arrive pas, selon les industriels, à  décoller. Sur les 58 tanneries, dont 10 exportatrices, que comptent la branche, plus de la moitié demeure artisanale. Ce qui explique la décision prise par les professionnels d’engager la mise à  niveau de la tannerie qui constitue actuellement un handicap pour l’industrie marocaine du cuir. A la Fedic, on a même dédié l’année 2008 à  l’amélioration de la compétitivité de cette branche.

Enfin, troisième branche, celle de la maroquinerie et des vêtements en cuir, qui totalise 66 entreprises et représente un chiffre d’affaires de 175,5 et 143,5 MDH respectivement. La production des deux filières est essentiellement exportée vers les pays européens. Pour le vêtement en cuir, l’évolution est en dents de scie car elle reste très liée à  l’effet de mode. Mais, cette filière, comme les autres branches du secteur, recèle d’importantes potentialités de développement à  l’exportation. D’ailleurs, précise-t-on à  la Fedic, «des études menées au niveau européen sur le devenir du secteur du cuir concordent pour désigner l’Afrique du Nord, et plus particulièrement le Maroc, comme une région à  fort potentiel et précisent que ce dernier est appelé à  jouer un rôle de premier plan dans l’approvisionnement de l’Europe».

C’est pourquoi la mise en place d’une stratégie promotionnelle des entreprises industrielles marocaines est devenue prioritaire. Un budget de 15 MDH couvrant les trois prochaines années a été alloué pour la promotion dans le cadre du plan Emergence. En outre, la Fedic vient de confier à  un cabinet marocain une étude pour la relance du salon professionnel du cuir, le Sitec, dont la dernière édition s’était tenue en 1998, sous l’appellation probable de «Cuir Maroc»