Chaque insuffisant rénal coûte à  l’AMO en dialyse jusqu’à  124 000 DH par an

Les dossiers de 5 435 personnes en moyenne sont traités chaque année auprès de la CNOPS et la CNSS, gestionnaires du système. Un assuré AMO a besoin, en moyenne, de 118 séances par an. 99% des dépenses de dialyse profitent au secteur privé de la santé.

Après le médicament et l’accouchement, la dialyse est le troisième plus important poste de dépenses de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (Cnops). Une étude présentée lors de la réunion du conseil d’administration, tenue le 27 juin et dont l’objectif est d’évaluer le poids de cette pathologie dans le budget Assurance maladie obligatoire de la caisse, mais aussi de cerner et connaître les caractéristiques épidémiologiques, sociodémographiques et la consommation de soins des assurés en vue d’un suivi régulier, révèle que la dialyse absorbe 10% de la totalité des dépenses du budget AMO géré par cette caisse au profit des agents actifs et retraités du secteur public.

L’analyse épidémiologique révèle qu’en moyenne 2 593 malades ont été traités annuellement par dialyse entre 2006 et 2011. De plus, 518 nouveaux cas sont répertoriés chaque année par la Cnops. Ce qui situe le taux d’incidence (rapport entre la population totale assurée et le nombre des nouveaux dialysés au cours d’un exercice) des nouveaux dialysés à deux patients pour 10 000 assurés. Le taux de prévalence annuel de l’insuffisance rénale chronique terminale (le nombre de cas de maladie rapporté à la population totale assurée) est, quant à lui, de l’ordre de 1 177 malades par million d’assurés en moyenne.

La consommation des patients (nombre de séances et dépenses engagées par la Cnops) a pour sa part augmenté de 29% entre 2006 et 2011 avec un taux de croissance annuel moyen de 7%. Ce taux a été de 8% en 2007, suite à la revalorisation des tarifs de la dialyse dans le cadre des nouvelles conventions avec les prestataires de soins publics et privés.
Les hommes sont à l’origine de 53% des dépenses

En tout, la population dialysée a consommé au cours des six dernières années 1,58 milliard de DH pour 15 560 personnes ayant bénéficié des soins. Le coût moyen annuel par malade est de l’ordre de 100 690 DH. Ce qui correspond en moyenne à 118 séances par personne et par an. Si l’on ajoute les dépenses des médicaments, le coût moyen annuel atteint 124 806 DH.
La région de Rabat-Salé-Zemmour-Zaër accapare 23% des dépenses et celle de Casablanca 20%, soit au total 43%. Les autres régions ne dépassent pas 7%. Les plus faibles consommations, liées aussi à la densité de la population, sont constatées dans les provinces sahariennes. Leur part ne dépasse pas 2%.

A la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) qui gère l’AMO pour le compte du secteur privé, ce sont 3 670 assurés qui ont été déclarés atteints d’insuffisance rénale en 2011, dont 2 842 qui ont bénéficié de séances de dialyse, selon un responsable de la caisse. Les dépenses se sont élevées à 311 MDH dont 152 millions pour les assurés actifs et 159 millions pour les pensionnés. Le coût moyen annuel s’élève à 109 681 DH pour un patient assuré. Cette caisse signale que la moitié des personnes traitées sont âgées de plus de 60 ans.

Des maladies collatérales dans la plupart des cas

Pour revenir à l’étude de la CNOPS, on retiendra quelques données intéressantes : le nombre moyen annuel de dossiers de dialyse est de 8 par patient. Les hommes sont à l’origine de 53% des dépenses, les 43% restants reviennent aux femmes.
Par ailleurs, l’analyse épidémiologique des assurés dialysés couverts par la Cnops s’est aussi penchée sur la polypathologie de cette population. On peut retenir, selon les conclusions, que ces patients sont pour la plupart traités pour d’autres affections de longue durée. Ainsi, 12% de ces personnes sont diabétiques, 12% souffrent de l’hypertension artérielle, 3% d’une néphropathie grave et 1% sont atteintes d’une maladie coronaire.

Par type de bénéficiaire, il apparaît que 73% des personnes dialysées sont des assurés adhérents. Les conjoints comptent pour 23% alors que les enfants représentent 4% du total. L’étude démontre par ailleurs une prépondérance des assurés retraités parmi la population dialysée. En 2011, les pensionnés représentent plus de 42%, suivis par les assurés actifs (31%) et les conjoints des retraités avec une part de 13%.

Il en ressort enfin que le secteur privé (les centres d’hémodialyse, les cliniques, les associations d’hémodialyse et les polycliniques de la CNSS) monopolise le traitement en dialyse puisqu’il draine 99% des dépenses de ce poste. Pour les actes de dialyse effectués dans le secteur public, les centres hospitaliers concentrent 72% de la dépense suivis par les hôpitaux militaires avec 26%.