Challengers II : des projets agricoles raflent la mise

L’un des vainqueurs a choisi la culture de la pistache, l’autre la production de fertilisants et biostimulants

21 candidats bénéficieront d’une assistance pour la concrétisation de leurs projets.

Anas Chliyah, avec son projet de production de fertilisants et biostimulants, et Abdelkrim Mostalih, décidé à se mettre à la culture de la pistache, sont sortis vainqueurs de la deuxième édition de Challengers, une compétition initiée par 2M dont l’objectif est de stimuler l’esprit d’entreprise chez les jeunes. Les deux lauréats, fortement motivés pour mener à bout leur projet, ont reçu chacun une enveloppe de 200 000 DH de la part de l’organisateur. De plus, ils seront accompagnés tout au long de la phase de démarrage par Attijariwafa bank pour le volet financier et l’Ordre des experts-comptables en ce qui concerne les formalités de création ainsi que pour la gestion.

Retenons que la finale suivie par les téléspectateurs de 2M, samedi 8 avril, est le résultat de plusieurs dizaines d’heures d’audition et de préparation qui ont commencé depuis le 25 février 2006. Sur les 1 500 dossiers épluchés, il a fallu d’abord auditionner 500 candidats pour n’en retenir que 21. En fin de compte, 6 candidats sont restés en lice pour la finale.

La déception des uns et des autres est cependant sensiblement atténuée. Outre le soutien financier du groupe Attijariwafa bank, qui a annoncé, dans la foulée, son intention de dédier une enveloppe d’un milliard de DH au profit des jeunes opérateurs (voir en direct p. 6), 21 porteurs de projet issus des sélections bénéficieront d’un prêt bancaire pour le financement de leur affaire et seront, de plus, assistés par des instances comme le CRI (Centre régional d’investissement) de Casablanca, qui s’est impliqué depuis la première édition. En effet, les porteurs ont le plus souvent du mal à préciser et la conception du business choisi et l’évaluation des besoins de financement. Hamid Benlafdil, directeur du CRI, explique que, sur les 10 porteurs de projet accompagnés l’année dernière, ils étaient de l’ordre de 9 MDH au départ. Or, pour les 7 projets entrés en phase de réalisation, les concours bancaires ont dépassé 13 millions. A l’avenir, de telles erreurs seront évitées.

Les besoins de financement sont souvent sous-estimés

Sur le même registre, les candidats ont été soumis à différentes épreuves comme des stages de travail en entreprise, des séances de coaching ou encore un accompagnement pour concevoir leur première annonce qui fera l’objet d’une publication gratuite par 2M.

Pour l’édition de cette année, les projets ont concerné des domaines d’activité aussi divers que la collecte et le traitement des déchets médicaux, la production de pâte pour prothèse dentaire, le tourisme, la confiserie gélifiée, l’élevage de poisson ou l’agriculture. Il y a même eu un projet de production de r’fissa, ce qui démontre la créativité des candidats mais aussi la diversité de leurs domaines de compétence. Soulignons aussi que les jeunes entrepreneurs sont issus de différentes filières (université, agronomie, technologies de l’information…). On notera aussi que si toutes les régions ont été représentées, les projets émanant de candidats originaires des régions du Sud ont été nombreux.

Anas Chleyah
Il a opté pour les fertilisants
Il a 27 ans et il est ingénieur agronome. Anas Chleyah envisage de s’implanter à Ait Melloul (région d’Agadir). Il a déjà un terrain. Il compte déployer son activité à partir d’un point de vente de 70 m2 et d’une usine sur 1300 m2. Sa clientèle-cible est constituée par des agriculteurs et des revendeurs. Ses produits, a-t-il expliqué à La Vie éco qui l’a joint par téléphone, intéressent toutes sortes de cultures mais spécialement les cultures sous serres, les rosacées et les agrumes. Outre un apport personnel de 500 000 DH, il devra emprunter une somme de 1,6 MDH.

Abdelkrim Mostalih
Des pistaches à Benguérir
Agé de 28 ans, Abdelkrim Mostalih est titulaire d’un Bac et d’un diplôme technique. Il a confié à La Vie éco que, dès le départ, il avait la certitude d’être parmi les gagnants, fort, dit-il, de la maîtrise de son concept. Il compte produire de la pistache. Et comme pour cette culture le premier cycle de production est de 6 ans, il projette d’investir aussi dans d’autres espèces immédiatement rentables. Il prévoit de commencer l’exploitation d’une superficie de 10 ha dans la région de Benguérir. Le montant de l’investissement nécessaire est évalué à 800 000 DH.