CGEM : un plan ambitieux, cohérent et équilibré pour la phase de la relance

La crise a démontré pour tous les opérateurs le rôle providentiel de l’Etat pour amortir les chocs socio-économiques. Un grand chapitre consacré au secteur informel et les mécanismes de son encadrement.

La Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) voit grand pour la phase de relance de l’économie. La corporation présidée par Chakib Alj vient de tenir un point de presse par visioconférence pour détailler sa proposition de plan de relance. M.Alj informe que ce plan très détaillé se veut ambitieux, équilibré et cohérent. Il a été fait en interne et a nécessité plus de trois semaines de travail de l’ensemble des composantes du patronat. L’objectif est d’éviter la récession et préserver l’appareil productif de la panne sèche. Pour le président de la Confédération patronale, le fait que sur les 217 000 entreprises répertoriées auprès de la CNSS, 134 000 ont demandé l’appui pour les allocations d’arrêt provisoire de travail, démontre que plus de 60% du tissu productif fait face à des difficultés. Parmi les grands axes par lesquels ceci pourrait être possible, à en croire la CGEM, figure le maintien de la commande publique, l’intégration de l’informel, plus d’inclusion finan­cière pour les opérateurs et la réduction soutenue des délais de paiement. «Nous sommes très optimistes et nous croyons fort dans la capacité de l’éco­nomie marocaine à surpasser cette crise et rebondir», estime M.Alj. Le patron des patrons ajoute que la confiance entre les opérateurs et l’Administra­tion est rétablie. «Ce qui nous facilitera de manière substantielle la tâche et nous permettra de rattraper facilement le temps perdu». Passée l’étape de la résistance sur les mois de mars, avril, mai et juin, la phase de relance commencera à partir de juillet. La CGEM propose sept actions phares pour le redémarrage concret. Mehdi Tazi, vice-président de la CGEM, explique que ces mesures vont être activées et désactivées selon la situation pandémique et les mesures prises par les autorités. Par­mi ces sept propositions, il existe des actions qui concernent l’offre et la demande et d’autres transverses qui concernent les problématiques struc­turelles du tissu économique.

Par ailleurs, la proposition de re­lance consacre un grand chapitre au secteur informel et les mécanismes de son encadrement. Pour M.Alj, le mo­ment est venu pour intégrer les agents économiques de ce secteur dans l’éco­nomie formelle de façon plus efficace et réfléchie, et dans une optique win-win. «La finalité recherchée est que ces gens ne trouvent plus aucune raison ou gain pour être dans l’informel», détaille-t-il. La crise a démontré pour tous les opérateurs, transparents et moins transparents, le rôle providentiel de l’Etat pour amortir les chocs socio-économiques. «Pour que l’Etat ait les moyens pour agir de la sorte, il lui faut des ressources. D’où l’importance pour les acteurs du secteur informel de migrer vers l’économie formelle et d’acquitter leur dû», recommande le président de la CGEM. Pour ce grand chantier d’in­tégration des opérateurs de l’informel dans le tissu économique transparent, la Confédération patronale propose trois grands axes. A commencer par la réduction des écarts de compétitivi­té entre les opérateurs transparents et l’informel, et ce par le renforcement des mesures douanières et la baisse des TVA dans les secteurs les plus touchés par la concurrence déloyale de l’informel. Ensuite, prévoir un mé­canisme d’inclusion des entreprises informelles et de leurs salariés. Un statut de microentreprises est proposé et bénéficiera d’un impôt unique et d’un statut spécial auprès de la CNSS pour les obligations sociales. Enfin, la CGEM recommande le renforce­ment de certaines règles de confor­mité telles que la généralisation de l’Identifiant commun de l’entreprise (ICE) et la mise en place de mesures plus sévères pour les opérateurs non transparents.