CGEM : My Hafid Elalamy entame

Fin du laxisme sur la question des mandats des présidents de fédérations externes.
Toute entreprise qui cumulera deux ans de cotisations impayées sera
radiée de la liste des membres.

Pas de vacances cet été pour Moulay Hafid Elalamy, président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) depuis le 30 juin dernier. En un mois, le nouveau patron de la centrale patronale s’est attelé à dépoussiérer l’institution. Un travail qui a donné lieu à plusieurs décisions, communiquées aux membres du bureau lors de la réunion mensuelle tenue jeudi 27 juillet.

Mandats des présidents de fédération : réussira-t-il là où Chami a échoué ?
Selon les indiscrétions qui ont filtré, le successeur de Hassan Chami serait décidé à en finir avec le laxisme en matière de respect du règlement. Ainsi, désormais, toute entreprise qui n’aura pas versé ses cotisations pendant deux années successives sera automatiquement radiée de la CGEM. Cette disposition était certes de rigueur bien avant son arrivée, mais elle a été peu appliquée. Un check-up approfondi des comptes a en effet permis de découvrir qu’une centaine d’entreprises n’avaient pas réglé leur dû depuis de nombreuses années. «Certaines, avant même le mandat de Hassan Chami», s’étonne-t-on de source proche du dossier. Un délai leur a donc été donné pour payer et les nouvelles règles ont été (ré)expliquées.

Autre mesure stricte, «la mise en conformité des fédérations externes avec les statuts de la centrale». Le communiqué émis à l’issue de la réunion du 27 juillet inclut cette formule diplomatique qui cache en fait un problème très pointu : celui du nombre de mandats des présidents desdites fédérations. Deux cas sont particulièrement rapportés par les membre du bureau : celui du président de la Fenagri (agroalimentaire), qui en est à son troisième mandat, et celui de Bouchaïb Benhamid, patron de la fédération du BTP depuis de longues années. Un problème sur lequel Hassan Chami avait buté, en dépit de l’existence d’une jurisprudence en la matière : Rachid Jamaï avait été obligé de démissionner de la présidence de la fédération de l’immobilier pour la même raison.

Parallèlement à ces resserrages de boulons, M. Elalamy s’attelle progressivement à professionnaliser l’institution, comme il en a fait la promesse lors de sa campagne électorale. Pour cela deux voies ont été explorées. Les ressources humaines et les moyens financiers. C’est ainsi qu’après avoir recruté un poids lourd en la personne d’Amina Lamrani, centralienne débauchée auprès de l’ONE pour occuper le poste de directeur délégué, le président s’apprête, selon des sources concordantes, à recruter plusieurs profils de haut niveau pour compléter l’équipe exécutive de la CGEM. Combien, de quel type ? On n’en saura rien pour le moment. M. Elalamy, joint au téléphone par La Vie éco, sera peu disert sur la question, comme d’ailleurs sur le reste, se contentant, pour seule concession à l’information, de dire : «Je me suis engagé sur un programme, et je suis en train de travailler dans ce sens».

Enfin, dernier point, celui des ressources financières. Actuellement, le budget de la CGEM tourne autour de 14 MDH par an, insuffisant pour, à la fois payer des cadres de haut niveau, s’assurer les prestations d’experts privés pour aider les commissions à mieux préparer leurs dossiers et défendre leurs doléances, et lancer des services à valeur ajoutée, payants certes, mais consommateurs de moyens.

Solution : augmenter le budget. Pour cela, et en plus des cotisations normales dont le montant devrait augmenter, 22 nouvelles entreprises ayant rejoint la CGEM en deux mois, une cotisation spéciale sera créée pour laquelle il sera fait appel à la générosité des grandes entreprises. Des proches du président affirment son intention d’atteindre les 50 MDH de budget et ce dès l’exercice 2007.