Céréales : 70 à  75 millions de quintaux

Attaques d’insectes, températures élevées et maladies cryptogamiques ont perturbé la croissance des plantes.
La poursuite d’un climat humide et de températures moyennes pourrait
améliorer la production.

La période des moissons pointe déjà  son nez. En effet, la migration annuelle des moissonneuses-batteuses et presses à  paille vers le sud du pays a commencé depuis quelques semaines. On signale le début des travaux dans la région de Guelmime et le fauchage manuel, qui nécessite une période de surmaturation, est bien entamé dans les zones montagneuses o๠l’accès des machines est plus difficile (parcelles exiguà«s, inaccessibles).

Pour le ministère, les superficies médiocres ne dépassent pas 3 % du total
Vu les bonnes conditions climatiques qui ont prévalu jusqu’à  fin mars – au 6 avril, le cumul pluviométrique moyen était de 329 mm contre 294 en année normale, soit une augmentation de près de 12% -, on avait espéré une campagne record, à  l’image de 1994 et 1996, au cours desquelles le Maroc avait produit respectivement 96 et 101 millions de quintaux. Cependant, les attaques d’insectes, les maladies cryptogamiques et les grosses températures de début avril, qui ont eu des effets négatifs sur la floraison, ont causé des dégâts évalués par certains producteurs à  environ 25% du rendement escompté initialement.

De même, la commercialisation des engrais, et malgré la bonne pluviométrie, reste trop faible pour assurer un niveau de rendement record. Elle atteint 616 000 t, soit le même niveau que celui de la campagne précédente à  la même date.

Force est de constater un recul de l’état végétatif général, principalement à  partir du sud de la Chaouia. Ainsi, en se basant sur la répartition des superficies des différentes céréales, leur répartition géographique et leur état végétatif, les prévisions de production devront être plus modestes et se situeraient entre 70 et 75 millions de quintaux. Cependant, si le climat prédominant ces dernières semaines persiste (climat humide, températures moyennes à  basses pour la saison), on peut espérer une amélioration des rendements suite à  une légère augmentation du poids spécifique due à  l’allongement du cycle.

Toutefois, pour le ministère de l’Agriculture, l’état végétatif des cultures céréalières en bour est généralement bon et les superficies présentant un état médiocre, localisées au niveau de l’Oriental, du Haouz et du Souss-Massa, ne dépassent pas 3% de la superficie totale semée qui s’élève à  5,2 millions d’hectares.

Par ailleurs, les producteurs expriment des craintes, qui se renouvellent chaque année, concernant la commercialisation des céréales. En effet, des rumeurs circulent sur la libéralisation des prix et l’absence de communiqué officiel n’est pas pour calmer les esprits.

Trois mois pour moissonner

Le déplacement des machines liées à  la moisson (moissonneuses-batteuses, presses à  paille destinées à  l’entreprise) dans les différentes régions du pays obéit à  un gradient de maturité des cultures qui va du sud vers le nord et les premières régions à  commencer les travaux sont les plus méridionales. Les moissons commenceront dans les régions de Doukkala, Abda, Chiadma, etc. vers la fin avril, alors que la Chaouia ne commence que fin mai à  début juin ; le Gharb, le Saà¯ss à  la fin juin.
La durée totale des moissons dans le pays est de près de 3 mois.