Centres commerciaux, quartier d’affaires… ce qui remplacera l’aéroport d’Anfa

La proposition faite par le cabinet français Reichen et Robert & Associés a séduit.
Deux méga centres commerciaux, un quartier d’affaires, un théâtre, une cité artisanale et surtout un parc traversant la cité du nord au sud.
Les anciens hangars transformés en marché.

«Anfa 03-21». C’est l’appellation sous laquelle les concepteurs du cabinet d’architecture français, Reichen et Robert & Associés, ont remis leur copie pour le projet d’aménagement du site de l’ancien aéroport d’Anfa. Pourquoi ce nom ? Parce que, tout simplement, ce sont les coordonnées qu’avait la piste d’envol de l’aéroport sur les registres de l’aviation civile internationale. Une façon, pour les concepteurs, de garder un lien avec l’histoire de ce site. Mais pas seulement. Car, la proposition du cabinet français a aussi séduit dans la mesure où «elle répondait aux orientations générales en termes d’urbanisme que nous voulons donner au site», explique d’emblée Khadir Lamrini, directeur général de l’Agence d’urbanisation et de développement d’Anfa (AUDA). Ainsi, le cabinet français a d’abord retenu un principe intéressant qui est de garder sur ce site quelques installations et bâtisses qui relèvent du patrimoine architectural de l’aéroport.

C’est le cas de la piste d’envol qui va se transformer en une longue allée traversant la nouvelle cité du nord au sud. Idem pour les installations et hangars relevant aujourd’hui de l’armée et que les architectes proposent de transformer en marché central et en parc d’expositions. D’autres hangars, autrefois utilisés par des opérateurs privés, abriteront des équipements spécifiques tels que le musée de l’air, par exemple. Et, enfin, la tour de contrôle, qui restera en l’état, rappellera qu’à une certaine époque il y avait là un aéroport.

A côté de cela, le projet de plan directeur confectionné par le cabinet français propose d’ériger un grand théâtre, deux méga centres commerciaux, un au sud et l’autre au nord, une cité artisanale, un centre dit multimodal de transport où convergeraient des bus mais aussi le rail et, surtout, un noyau baptisé la «City», une sorte de centre d’activités ou quartier d’affaires avec plusieurs tours.

Le foncier pratiquement apuré
Parmi les trois propositions qui étaient en course, celle du cabinet Reichen et Robert & Associés a le plus séduit les membres du jury présidé par le maire de la ville, Mohamed Sajid, et au sein duquel ont siégé les parties prenantes au projet dont l’AUDA et l’Agence urbaine. En effet, au terme de plusieurs mois de discussions et de réflexion et sur la base des orientations qu’avait données le Souverain au moment où il avait demandé de transformer l’aéroport (juillet 2005), le principe de base retenu était le suivant : «Il ne s’agissait pas seulement d’urbaniser les 350 ha mais plutôt de créer en lieu et place de l’aéroport un véritable centre urbain actif mais aussi agréable à vivre et pas seulement une cité-dortoir», comme l’expose le DG de l’AUDA. Et c’est là, peut-être, que la copie de Reichen et Robert & Associés a fait mouche en proposant, en plus des autres attractions précitées, un immense espace vert traversant la cité du nord au sud tout le long de la piste d’envol.

La physionomie de cette future ville étant pratiquement connue – même s’il reste encore quelques retouches à apporter -, la mise en œuvre devrait suivre rapidement. Et pour cela, des études technico-éconmiques détaillées vont être menées avant que le montage financier de l’opération ne soit étudié. A noter que certaines propositions faites par le cabinet d’architecture français devront être validées avec les opérateurs concernés. Il s’agira de vérifier, entre autres, avec l’ONCF, la faisabilité technique, par exemple, du centre multimodal de transport ou encore de certains aspects concernant la voierie, dans la mesure où il faudra assurer la soudure de cette nouvelle cité avec les quartiers mitoyens déjà existants, notamment El Oulfa, Hay Hassani et Sidi Maârouf. Une soudure qui devra se faire de manière à ce qu’il n’y ait pas de rupture, voire de cassure, entre un nouveau centre urbain aux standards mondiaux et un voisinage peut-être pas au même niveau.

Mais ce n’est pas tout. Il faudra aussi et surtout finaliser la question du foncier. Heureusement, en ce cas d’espèce, il se trouve que les 350 hectares en question appartiennent soit à l’armée soit au domaine privé de l’Etat. Ce qui a plus ou moins facilité la tâche des responsables du projet. D’ailleurs, selon l’AUDA, une grande partie des 350 ha est déjà apurée et a fait l’objet d’actes de cession entre les propriétaires et la CDG. Car, il faut le savoir, c’est la CDG qui assure dans un premier temps le portage du projet à l’instar de ce qui a été fait pour l’aménagement du Bouregreg.

Vestiges
La tour de contrôle… pour guider les investisseurs !

Une bonne idée. Dans peu de temps, quand le projet commencera à prendre corps, la cité d’Anfa ne manquera certainement pas d’attirer les gros investisseurs dans l’immobilier. Le cas du Bouregreg à Rabat est un exemple de ce que de tels projets peuvent susciter comme appétits. Et pour accueillir ces futurs investisseurs et leur faire découvrir le site, les responsables de l’AUDA ont eu une belle idée : la tour de contrôle. Car, il n’y a pas de meilleur endroit pour avoir une vue d’ensemble sur le site.