Centre marocain de l’innovation : seulement 50MDH engagés sur les 380 millions disponibles

Initié en 2011, le CMI a accompagné à  ce jour 48 projets. La majorité des sociétés retenues opèrent dans les technologies de l’information. Le centre était censé aider 800 entreprises à  l’horizon 2014.

La stratégie marocaine de soutien à l’innovation, sobrement baptisée «Maroc Innovation» et lancée en 2009, accouchait en 2011 du «Fonds de soutien à l’innovation» (FSI) doté d’une enveloppe de 380 MDH. Aujourd’hui, le Centre marocain de l’innovation (CMI), mécanisme de financement mis en place pour utiliser le FSI et permettre ainsi à Maroc Innovation d’atteindre ses objectifs fixés pour 2014, vient de clôturer la 5e édition de ses appels à projets. Depuis les débuts du centre, plus de 250 dossiers ont été déposés via le site Internet du CMI et 48 ont bénéficié d’un des trois instruments de financement que propose le mécanisme, parmi lesquels 32 sociétés ont été sélectionnées pour profiter de l’instrument «Intilak». Ce dernier s’adresse aux startups ayant moins de deux ans d’activité et porteuses d’un projet innovant. Intilak finance jusqu’à 90% des dépenses de développement, dans la limite de 1MDH, sous forme de prêt à taux zéro remboursable sur 5 ans après attribution. Neuf autres sociétés ont quant à elles été retenues dans le cadre de «Tatwir». Ce dernier fonctionne de la même manière qu’«Intilak» mais propose un financement limité à 4 MDH pour couvrir 50% des dépenses de développement du projet. Enfin, 7 sociétés ont bénéficié de PTR (Prestation technologique réseau). Ce dernier instrument proposé par le CMI subventionne à hauteur maximale de 100000 DH les coûts des prestations d’expertise telles que la rédaction de brevet ou l’étude de faisabilité.

Une évaluation du mécanisme sera réalisée en 2014

La grande majorité des sociétés retenues opèrent dans les technologies de l’information mais la tendance commence à s’équilibrer. En 2011, 82% des projets retenus pour l’instrument «Intilak» émanaient de sociétés opérant dans les TIC. En 2013, ils ne sont plus que 29%. Même constat du côté du produit «Tatwir» puisqu’en 2011 les deux sociétés qui bénéficiaient du programme étaient issues des TIC mais, en 2013, seule l’industrie en a bénéficié. Dans le cas de l’instrument «PTR», l’ensemble des sociétés retenues opère dans l’industrie. A titre d’exemple, Greendizer, Mobiblanc, Ecolink, Atlas Genomics, Qweb Technology, Quelmenu, Next Level et Dataplus font partie des sociétés qui ont jusque-là bénéficié d’un appui du CMI.

A la question de savoir combien d’entreprises accompagnées par le CMI ont réussi leur projet, le centre répond que «le développement des projets s’étend sur 24 mois. La première édition ayant été initiée au premier semestre 2012, les premières commercialisations sont prévues à partir du 2e semestre 2014. Tous les projets n’atteignent pas cependant le stade final de développement. Néanmoins, les conditions de succès restent réunies pour une partie importante de ces projets». Pour mesurer l’impact du CMI sur l’innovation, «une évaluation du FSI et de sa performance sera effectuée courant premier semestre 2014».

Rappelons que Maroc Innovation a fixé au FSI des objectifs très ambitieux: financer 800 projets d’ici 2014, dont 200 projets Intilak, 500 projets PTR et 105 Tatwir. Or, le CMI est loin du compte. Et ce n’est pas la 5e édition qui changera la donne. Clôturé le 7 octobre dernier, le 5e appel à projets a attiré 24 nouvelles demandes de financement pour Intilak et 6 pour Tatwir. A ce jour, sur les 380 MDH mis à disposition du CMI, seulement 50 MDH, dont 29 millions pour Intilak et 21 pour Tatwir, sont engagés. Créé en tant que filiale de Moroccan Information Technology Company (MITC), organisme privé œuvrant pour le développement des startups et de l’innovation depuis plus de 10 ans, le CMI devra mettre les bouchées doubles pour atteindre les objectifs qui lui sont assignés. Le ministère de l’industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique, dont dépend le CMI, prévoit le financement en 2014 de 70 projets via Intilak (contre 30 en 2013), de 40 projets «Tatwir» (contre 15) et de 250 projets «PTR» (contre 75).