Centrale laitière et Copag se préparent à  la pénurie de lait

Centrale laitière envisage d’importer du lait UHT
Copag compte constituer un grand stock pour le mois de Ramadan
Le litre de lait UHT a déjà augmenté de 50 puis de 40 centimes au mois de mars.

Contrairement au trois dernières années, le lait pourrait être beaucoup moins abondant au cours du prochain Ramadan qui coïncide avec la période de basse lactation. Avec la sécheresse, les professionnels anticipaient déjà sur une baisse de 10 à 15%. Les deux facteurs étant réunis, on enregistrera des résultats plus médiocres. Dans certaines régions, particulièrement celles qui comptent sur le pâturage, la production laitière pourrait chuter de 30 et 40 %. On sera très loin du 1,4 milliard de litres produit pendant une année normale.

Que comptent faire les deux gros industriels de la place, Centrale Laitière et Copag, pour faire face au risque de pénurie. Pour la filiale de l’Ona, son Pdg, Driss Bencheikh, indique que rien ne se prépare encore. Néanmoins, il précise que «le nécessaire sera fait pour assurer la régularité de l’approvisionnement de nos clients». Ainsi, des discussions sont entamées, indique-t-il, avec les ministères de l’agriculture et du commerce et de l’industrie en vue de définir les mesures à prendre pour parer à toute pénurie. Vraisemblablement, ces mesures consisteront essentiellement en une baisse des droits de douane sur le lait afin de permettre aux opérateurs d’importer du lait UHT de longue conservation.

Copag vient d’importer 600 génisses
La baisse des droits, rappelons-le, avait permis à Centrale Laitière d’importer environ 2,5 millions de litres de lait UHT pour faire face à la forte demande de Ramadan 2003. Il faut préciser que la consommation de lait s’accroît de 20 à 30 % durant ce mois sacré par rapport aux autres mois de l’année.

Du côté de Copag, qui vient d’importer 600 génisses, on envisage de constituer un stock de lait UHT. L’importation de produit fini est plutôt difficile, voire impossible, en raison du statut juridique de la coopérative qui lui interdit la commercialisation de produits autres que ceux qu’elle produit. Aucune indication quant au volume du stock n’est donnée, mais les responsables de la coopérative estiment que la constitution ne sera pas facile en raison du renchérissement de la poudre de lait, passée de 1 200 à 3 000 euros la tonne. Une hausse due à divers facteurs, notamment la sécheresse en Australie et en Nouvelle-Zélande, l’interdiction instituée par l’Inde d’exporter de la poudre de lait ou encore la taxation par l’Argentine des exportations de cette même matière première en vue de maintenir l’approvisionnement de son marché interne.

Il est à rappeler que la hausse du prix de la poudre de lait a été répercutée par les deux entreprises sur le prix public de vente du lait UHT. La hausse, opérée en mars 2007, a été respectivement de 50 et 40 centimes aussi bien pour Centrale Laitière que pour Copag. Espérons qu’avec la pénurie, les producteurs ne seront pas contraints à augmenter de nouveau leurs prix .