Ceinture de sécurité : 70% des conducteurs la portent en ville

80% le font quand ils conduisent hors agglomération.
C’est la peur des sanctions qui incite de nombreux conducteurs à  respecter la loi.
Retraités et conducteurs à¢gés de plus de 45 ans font de la résistance.

Un an après l’instauration du port obligatoire de la ceinture de sécurité, une partie des conducteurs marocains fait toujours de la résistance. C’est ce que révèle une enquête réalisée par le cabinet Charles Riley Consultants pour le compte du CNPAC (Comité national de prévention des accidents de la circulation). L’enquête menée auprès des usagers dans trois villes (Casablanca, Berrechid et Tétouan) révèle en effet que 30% des conducteurs ne respectent toujours pas la réglementation en ville, tandis que, hors agglomération, ils sont seulement moins de 20% à  se comporter comme au bon vieux temps.

Le respect de la loi est moins strict chez les hommes que chez les femmes, ces dernières portant la ceinture de sécurité dans une proportion supérieure de 17 points à  celle du sexe opposé.
Les écarts de comportement sont aussi remarquables en fonction de la catégorie socioprofessionnelle des usagers de la route : les cadres, les professions libérales et les femmes au foyer sont plus respectueux de la loi que les ouvriers, les retraités et les sans-activité.

Ceci étant, si une quasi-majorité des enquêtés (92%) qui attachent systématiquement leur ceinture par habitude (moins de 30% des conducteurs) affirment le faire pour des raisons de sécurité, les deux tiers des conducteurs interrogés affirment en revanche se plier à  cette obligation par peur des sanctions. Cette affirmation est encore plus présente dans les catégories socioprofessionnelles les moins réceptives à  cette obligation.

Le port de la ceinture est donc encore loin d’être devenu un réflexe, en particulier en dehors des agglomérations urbaines, même si, globalement, par obligation surtout, l’usage est en train de s’installer en ville pour les passagers à  l’avant du véhicule.

Plus de 80 % des personnes interrogées se souviennent des campagnes d’information
Par contre, en rase campagne, o๠le port de la ceinture est aussi obligatoire pour les passagers à  l’arrière, ils sont plus de 80% à  ne pas respecter cette dernière mesure.

Pourtant, rapporte l’enquête, les conducteurs sont très bien informés sur l’obligation du port de la ceinture grâce aux campagnes de communication qui ont été menées à  ce sujet et particulièrement à  la télévision. En effet, plus de 80 % des personnes interrogées déclarent avoir en mémoire une campagne sur le sujet et citent pour 95% d’entre elles la télévision, 72% la radio et 64 % l’affichage. Ainsi, 90% des conducteurs déclarent mettre, ou exigent que leurs passagers mettent cette ceinture parce qu’ils ont été sensibilisés par ces campagnes de communication, même si la prise de conscience doit encore se traduire dans les faits. Car, si, globalement, la majorité est sensible au risque auquel elle s’expose en n’attachant pas sa ceinture, la prise de conscience est plus nette quand il s’agit de rouler hors agglomération (70%) qu’en ville (55%). Ces données confirment d’ailleurs le comportement en fonction des lieux de conduite, déjà  souligné.

Il y a cependant une information paradoxale mise en évidence par l’enquête : les retraités et les conducteurs âgés de plus de 45 ans manifestent un niveau de sensibilisation inférieur à  la moyenne.

Dans tous les cas, les trois quarts des personnes interrogées savent qu’elles s’exposent à  une amende en cas de non-port de la ceinture et connaissent même le montant de cette amende (100DH). Mais il semblerait que le montant de l’amende est encore insuffisant pour influer sur les comportements. Enfin, il faut rappeler que la ceinture n’est pas la seule cause d’infraction courante, il y a aussi le téléphone portable. Alors, à  quand une enquête sur ce sujet ?