Ce qui préoccupe le plus les habitants de Casablanca et Rabat

L’emploi, l’accès aux soins et le logement sont les trois premières préoccupations des habitants de Casablanca et de Rabat. Sur les 16 problèmes soumis aux sondés, l’emploi est placé en tête par 62,8%.

L’emploi, l’accès aux soins et le logement sont les trois premières préoccupations des habitants de Casablanca et de Rabat. Ce sont du moins les informations qui ressortent de l’enquête réalisée par le cabinet Eigenvalue, du 9 au 12 novembre, sur un échantillon de 400 personnes, partagé à parts égales entre les deux villes (voir fiche technique). Sur les 16 problèmes soumis aux sondés, l’emploi est placé en tête par 62,8%, suivent les soins (43,5%), le logement (32,8%), la qualité de l’enseignement et de la formation (32,3%). Ces données illustrent que le souci premier des populations est de disposer du minimum requis pour vivre convenablement, dans un environnement plus juste. Ce constat est étayé par le fait que la corruption (24,5%) et le fonctionnement de la justice (12%) sont cités en 5e et 7e position. Deux points qui ne laissent personne indifférent, que l’on soit homme d’affaires ou simple citoyen. Et si les opinions s’y focalisent, c’est qu’il y a encore des efforts à fournir dans ces domaines. Entre les deux s’intercalent les transports en commun (21,8%). Ce qui est tout à fait logique. D’abord parce que 74% de l’échantillon en dépend pour se déplacer. Ensuite, nombreux sont ceux qui ont peur que cette question soit reléguée au second plan, une fois des moyens techniques visibles, à l’instar des lignes de tramway, mis en service.
Toutes ces préoccupations, dont la plupart relève de ce que l’on peut qualifier de besoins primaires, ne sont pas propres au Maroc, si l’on se permet de généraliser ces résultats aux autres localités. Dans des pays de niveau de développement similaire ou même plus élevé, on pourrait aboutir à des résultats proches. Par contre, il est frappant de s’apercevoir que plusieurs sujets à dimension sociétale sont très largement relégués au second plan. Il en est ainsi de la sécurité des personnes et des biens et de la sécurité routière qui ne sont cités en premier que par 8,8% et 6,8% des sondés. Et dire que les accidents et autres actes délictueux relatés dans les médias créent un effet d’optique qui n’est pas vrai. Les faits le montrent tous les jours. Le plus grave est cependant de voir en ces chiffres un signe de résignation.

Les loisirs en queue de liste des préoccupations

L’égalité des chances, et la place de la femme dans la société réalisent quasiment le même score, entre 5% et 8%. Quant à la diversité et l’accès aux activités culturelles et de loisirs, ils constituent, d’après l’enquête, le cadet des soucis à Rabat comme à Casablanca, quels que soient le genre, la classe d’âge ou la catégorie socioprofessionnelle.
A quelques exceptions près, les problèmes fondamentaux des habitants des deux villes sont très proches. Mais, sans qu’il n’y ait une rupture brutale, il y a des divergences de perceptions dès que l’on centre l’analyse sur des groupes homogènes. Par exemple, l’emploi est cité comme première préoccupation des 15 à 54 ans. Au-delà, il est repoussé au second rang par l’accès et la qualité des soins qui restent quand même un souci majeur pour tout le monde (2e partout). Chez les 15-24 ans, la qualité de l’enseignement et de la formation est citée en deuxième position (45%), mais ne vient qu’en 3e, voire en 5e position chez les autres classes d’âge. Information significative, les 15-24 ans sont à l’avant-garde de la dénonciation de la corruption, placée en 3e position parmi leurs préoccupations après l’emploi et l’enseignement. Preuve de l’engagement -précoce- des jeunes dans leur désir de faire bouger la société, si ce n’est pas un simple rêve. En effet, plus on prend de l’âge moins on semble interpellé par ce problème, également vu diversement selon la catégorie socioprofessionnelle. Considéré comme secondaire par les catégories A et B, les plus aisés et les mieux formés, qui occupent en fait les centres de décision (8,2% seulement l’ont cité en premier), il vient en 5e et 4e position respectivement chez les C et les D. En revanche, la sécurité des personnes et des biens figure parmi les six premières préoccupations des A et B (15%) alors qu’elle est inscrite en queue de liste par les C (5,3%) et les D (10,7%).

Malgré tout, les avis se rejoignent quand on aborde la situation économique. La majorité des sondés, indépendamment de leur classe d’âge, du genre ou de la classe socioprofessionnelle, avance qu’elle n’a pas changé au cours des trois mois précédant l’enquête, et espère une amélioration dans les trois mois à venir. Preuve qu’en dépit des contingences de l’heure, le moral n’a pas pris un gros coup, seulement 15% des sondés anticipent une dégradation.