Ce qui a été fait des 300 MDH débloqués pour atténuer les effets des inondations dans le Gharb

16 MDH engagés pour les aides d’urgence et 100 MDH pour les cultures de reconversion.
85 000 ha replantés en tournesol, maïs et riz.
Subventions, fourniture d’intrants, relogement, réparation d’infrastructures, un programme global a été mené.

Vendredi 21 mai, Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture et des pêches maritimes, a sillonné la région du Gharb-Chrarda- Béni Hssein pour s’enquérir de l’état des réalisations au titre du programme d’aide lancé au lendemain des inondations qui ont perturbé la campagne agricole. Une enveloppe de 307 MDH avait été dégagée, dont 16 millions débloqués pour les seules missions d’urgence. Tout d’abord, il a fallu venir en aide à la population isolée, la loger provisoirement, lui fournir gratuitement 58 000 q (35 000 bénéficiaires) d’orge et vacciner le cheptel. L’opération de vaccination a, elle, largement dépassé ses objectifs, avec près de 87 000 ovins et 19 400 bovins traités.
Mais le programme consistait également à aider les agriculteurs à reconvertir les terres inondées pour sauver la campagne et leur permettre d’avoir de la trésorerie pour le reste de l’année. A ce titre, les semences ont été prises en charge à 90% tandis que les engrais ont été financés à hauteur de 60%. Un des responsables qui ont suivi l’opération, Abdelaziz Bouchraref, explique que l’opération a concerné 36 communes rurales et pas loin de 500 douars avec tout ce que cela suppose comme logistique et suivi. Il explique aussi que dès les premiers dégâts, de crainte de voir les aides tarder, le ministère a loué 20 engins pour dégager les voies et désenclaver les agriculteurs touchés, ce qui avait donné lieu à 105 interventions. Plus de 2,5 MDH avaient dû être débloqués dès les premières alertes.
Pour ce qui est des cultures printanières de reconversion, c’est le tournesol, le maïs et le riz qui ont été retenus, en fonction du sol et de l’intérêt économique pour les agriculteurs sinistrés. Ce sont 99 MDH qui ont été consacrés à la subvention de cette partie du programme qui doit toucher 85 000 ha au total (40 000 ha pour le maïs, 20 000 ha pour le tournesol et 5 000 pour le riz).

800 km de canaux d’irrigation curés

Les cultures sucrières touchées ont été l’objet d’une action concertée entre le ministère et les sucreries du Gharb. Quant à la dépense, elle a été de 19 MDH (une subvention supportée à parts égales par l’Etat et Cosumar) qui ont profité à 4 000 ha de culture de betterave et 1 200 ha pour la canne à sucre. Les semences sont intégralement financées, les engrais à 50% et les boutures de canne à sucre à 80%. Pour ce qui est des produits phytosanitaires, le financement consenti pour venir en aide aux agriculteurs touchés par les inondations est à hauteur de 80%.
Selon El Khammar Hmamou, directeur régional de l’Office régional de mise en valeur agricole du Gharb (ORMVAG), il y a d’autres dépenses très lourdes mais peu visibles pour le public. Il cite notamment le curage et l’entretien du réseau d’irrigation mais aussi la remise en état des pistes. Rien que le curage qui porte sur 800 km dans la région a nécessité une enveloppe de 112 MDH.
Dans le même ordre d’idées, les équipements hydro-agricoles touchés par les inondations devront être réhabilités et le programme d’action actuel prévoit 56 MDH pour cette seule action, auxquels il faudra ajouter 57 autres millions pour l’entretien de 120 km de pistes endommagés par les dernières pluies.
A toutes ces actions s’ajoute le programme triennal lancé depuis 2009. Une enveloppe de 47 MDH a été mobilisée au titre de cette première année d’exécution, 112 millions sont budgétisés pour 2010 et 76 millions pour 2011.
Plus globalement, ajoute El Khammar Hmamou, l’ensemble des dépenses d’investissement n’a pas cessé d’augmenter depuis 2006 dans le Gharb. Selon des chiffres fournis par l’ORMVAG, les montants alloués sont passés de 189 MDH à 572 MDH en 2010.