Ce que sera l’Observatoire national de l’emploi

Il a pour mission d’analyser les phénomènes qui influent sur l’emploi et d’orienter la politique
de l’Etat

Il n’empiétera pas sur les prérogatives
de la direction de la Statistique.

L’emploi va aussi avoir son observatoire, et c’est sans doute l’un des domaines où un tel organisme sera le plus utile. Certes, il y a le Haut commissariat au Plan qui publie régulièrement des statistiques sur les tendances du marché du travail et le chômage, mais force est de constater que sa production reste purement quantitative et descriptive.

Or, explique Abdelouahed Khouja, secrétaire général du ministère de l’Emploi et de la formation professionnelle, pour balayer l’idée d’un doublon avec la direction de la Statistique, «l’Observatoire ne produira pas de nouvelles photos du marché du travail, mais fera de l’analyse et de la prospection pour pouvoir agir sur ce marché et sur le système d’éducation-formation». Comment ? En analysant les phénomènes exogènes et endogènes qui influent sur l’emploi, notamment les effets du poids des charges sociales et fiscales, le volume de main-d’œuvre et les profils dont aurait besoin le plan Emergence.

Sept cadres de haut niveau pour réaliser les études
Par exemple, le marché des centres d’appel qui a explosé depuis quelques années ne trouve plus de profils adaptés et se replie sur d’autres nationalités. On le voit, l’Observatoire de l’emploi se veut un outil d’information, mais surtout de réflexion et d’aide à la décision dans la mesure où l’une de ses missions est de mettre à la disposition des pouvoirs publics les données nécessaires pour le cadrage et l’orientation de la politique de l’emploi.

Bref, le but est de ne plus subir les aléas du marché de l’emploi, mais de les anticiper, en empruntant des canaux d’information comme les fichiers de la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale), lesquels, s’ils comportent les entrées et sorties de main-d’œuvre du marché, ne font cependant l’objet d’aucune analyse. Ou encore ceux de l’OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail) pour voir comment et à quel degré leurs lauréats sont absorbés par le marché.

Des études extérieures pourront être commandées à des cabinets privés, mais l’essentiel du travail sera réalisé en interne par l’observatoire qui est conçu comme une structure légère, qui démarrera avec sept cadres supérieurs aux profils très pointus. La structure sera dotée de deux organes de contrôle. Le premier, le comité d’orientation stratégique présidé par le premier ministre, sera chargé de définir les priorités et d’évaluer les différents travaux réalisés. Quant au comité scientifique, il sera présidé par le ministre de l’Emploi, et s’occupera du suivi du programme d’action et de l’application des conventions en matière d’exploitation des fichiers d’information des autres organismes.