Ce que donnera la fusion des filiales BCM-Wafa

La future entité ne sera pas leader dans tous les métiers parabancaires, mais assurera son hégémonie sur l’essentiel n Le maintien de filiales dédiées au crédit immobilier est-il pertinent ? L’avenir le dira…

Outre son caractère
inédit, la fusion BCM-Wafabank va bien au-delà de celle des seuls établissements bancaires puisqu’en orbite de chacun d’eux gravite un ensemble de filiales opérant dans les métiers parabancaires les plus divers. Aujourd’hui, alors que les futurs mariages en série ont été confirmés par Khalid Oudghiri, PDG de la BCM, La Vie éco en dresse le synopsis après collecte des données les plus récentes.
Crédit à la consommation. Deuxième après Eqdom, la nouvelle entité sera le challenger du solide leader Eqdom qui, grâce à un encours de 4,4 milliards de DH, s’accapare plus de 25 % du marché à fin juin 2003. En effet, vu sa petite taille, Attijari Cetelem (2,4 % de part de marché seulement) ne poussera Wafasalaf qu’à un peu plus de 4 milliards de DH d’encours de financement, ce qui correspond à 24 % de part de marché. D’après les estimations des analystes spécialisés dans le secteur, l’écart risque de se creuser légèrement à l’issue de l’année 2003 après le succès rencontré par le produit de financement automobile LOA (location avec option d’achat) lancé par Eqdom en juillet dernier.
Leasing. Au coude à coude avec Maghrebail et Sogelease. Là encore l’union d’Attijari Locabail (610 MDH en encours et 5,6 % de part de marché) et de Wafabail (1,56 milliard de DH et 14,2 % de part de marché) ne donnera pas forcément naissance à un leader du secteur, du moins au regard des données à fin 2002. L’entité issue de cette fusion sera au coude à coude avec Maghrebail, filiale du groupe Benjelloun, qui s’accapare 20,6 % du marché et Sogelease, filiale de la Société Générale qui a réalisé récemment une remontée fulgurante.
Crédit immobilier. Leader. La fusion entre Wafa immobilier et Attijari Immobilier donnera tout simplement lieu à une société de financement unique en son genre car Wafabank et BCM sont les seules banques ayant jusqu’à présent créé des filiales dédiées à ce créneau. La filiale de la BCM réalise, à fin juin 2003, un volume trois fois supérieur à celui de son actuelle fiancée (916 MDH contre 292 MDH). Toutefois le traitement du cas de ces deux filiales sera sans doute le plus complexe, car leur existence fait en quelque sorte redondance avec la distribution de crédits immobiliers par leurs maisons-mères respectives.
Banques d’affaires. Leader devant la CDG. Sur ce créneau, les deux banques disposent, avec Wafa Trust et Attijari Finance Corp (AFC), de deux structures considérées parmi les plus dynamiques du marché, opérant dans des domaines assez variés comme le conseil financier, l’arrangement de levées de fonds, le financement structuré et l’ingénierie financière. La fusion de ces entités accouchera vraisemblablement du leader incontesté des banques d’affaires. Le nouvel ensemble, avec 29% de part de marché, devra devancer le leader actuel, la CDG, qui doit ses 25 % de part de marché à sa prééminence sur les grosses opérations initiées par les établissements publics.
Intermédiation boursière. Leader avec une avance confortable. Déjà bon leader avec une part de marché de 23,2% en volume traité en 2002 (5,2 milliards de dirhams), Wafa Bourse consolidera sa position en intégrant les 1,2 milliard de DH réalisés par Attijari Intermédiation. Et cela ne s’arrêtera pas là car le mariage sera élargi à un troisième prétendant, en l’occurrence Somacovam, ancienne société de Bourse de la SNI récemment acquise par la BCM. Une large domination sera ainsi assurée à l’entité qui en découlera.
Gestion d’actifs. Leader avec une avance appréciable. Le même scénario sera reproduit car Wafa Gestion, à fin novembre 2003, était déjà en pôle position dans ce secteur avec une part de marché des actifs sous gestion de 24,1 %, correspondant à 16,2 milliards de dirhams. Le volume additionnel de 8 milliards, à cette date, géré par Attijari Intermédiation, mettra sans doute l’entité fusionnée, pour une bonne période, hors d’atteinte de ses concurrents immédiats BMCE, Capital Gestion et CD2G (respectivement 15,2% et 14,3 % de part de marché) d’actifs sous gestion