Ce que change le nouveau Schéma directeur urbain de Casablanca

La surface des zones inondables ramenée à  4 405 ha contre 5 796 ha programmés initialement.
Les espaces verts ajustés pour s’adapter aux ressources financières des communes chargées de les réaliser.

Un peu plus de 4 ans après son homologation, le Schéma directeur d’aménagement urbain (SDAU) de Casablanca devrait connaître plusieurs modifications. La démarche est bien avancée et un projet de modification est actuellement soumis aux communes pour concertation, suite à quoi le processus d’homologation sera lancé. Les modifications à l’étude visent à lever plusieurs problèmes constatés par les comités techniques locaux et centraux durant l’étude des plans d’aménagement issus du SDAU. Il s’agit d’abord de l’importance et de l’étendue des surfaces réservées à la trame verte régionale que l’on juge difficile à concrétiser sur le terrain du fait d’un manque de ressources financières au niveau des communes.

Aussi, cette trame a été programmée à l’emplacement de quartiers et ensembles résidentiels existants. Une autre anomalie soulevée consiste en la surévaluation de la superficie des zones inondables en l’absence d’études précises en la matière. Sur le même registre, un autre problème constaté concerne l’intégration de la zone littorale dans le périmètre des zones inondables et l’interdiction de toute construction sur cet espace alors que cela peut se faire en conformité avec la réglementation. Une ultime problématique enfin touche l’empiètement de zones industrielles sur celles résidentielles, ce qui fait que certains quartiers destinés à l’habitat sont programmés pour abriter des activités économiques et inversement.

Afin de lever un à un tous ces problèmes, l’Agence urbaine de Casablanca a commencé par confier à l’Institut d’urbanisme de Paris la réalisation d’une étude pour cerner l’ensemble des anomalies et proposer des solutions. C’est sur cette base que le SDAU modificatif a été élaboré. Celui-ci ramène la trame verte à la bonne mesure et en détermine avec plus de précision les usages : domaines agricoles, grands espaces pour le sport et le divertissement à l’espace libre, espaces verts accompagnant les routes, promenades et jardins publics et terrains de sport…

En outre, le nouveau schéma resitue les ensembles résidentiels qui se trouvaient initialement sur la ceinture verte, ce qui ouvre la voie à leur restructuration et la régularisation de leur situation juridique. Sont par exemple concernés par cette situation les quartiers de Lemsakna et Lahraouiyyine. Et pour s’assurer que les communes disposent bien des moyens pour réaliser les espaces verts programmés, une évaluation de leurs ressources financières a été réalisée préalablement à la modification du SDAU.

25 000 hectares ouverts à l’urbanisation

Pour ce qui est des zones inondables, leur superficie a été ramenée à 4 405 ha dont 118 ha au niveau de la préfecture de Casablanca, alors que l’évaluation initiale ressortait 5 796 ha de zones inondables. Cet ajustement a pu se faire sur la base d’une étude plus affinée de l’agence du bassin hydraulique de Bouregreg et de la Chaouia.

Pour ce qui est enfin de la problématique de l’empiètement des zones réservées à l’industrie sur celles destinées à un usage résidentiel, le nouveau schéma se base sur des visites de terrain et s’appuie sur des prises de vue aériennes récentes pour corriger les anomalies tout en donnant la priorité aux ensembles résidentiels se trouvant à l’intérieur des zones destinées à l’habitat.

Pour rappel, le SDAU de Casablanca, homologué le 21 janvier 2010, inclut des plans et des orientations visant en priorité l’organisation du développement urbain autour de Casablanca et Mohammédia en prévoyant 9 pôles périphériques. Il vise aussi à établir un meilleur équilibrage entre l’est et l’ouest du territoire. Son objectif consiste également à maintenir un équilibre entre l’emploi et l’habitat en organisant le développement économique autour de trois axes : l’industrie et la logistique au niveau de Mohammédia et Nouaceur, une spécialisation dans les services au niveau d’Anfa, Sidi Maârouf et Nouaceur et enfin le tourisme au niveau de Mohammédia et Dar Bouazza. A cet effet, le SDAU a ouvert 25 000 ha à l’urbanisation et organise le développement régional à l’extérieur de la couronne de Casablanca en partant des pôles périphériques dans le cadre de la trame verte régionale.