Ce qu’apportera l’Observatoire du tourisme à  la profession

Benchmarking avec la concurrence, études financières, banque de données

L’observatoire pourra-t-il être indépendant du ministère du Tourisme.

Créé en février 2005, l’Observatoire du tourisme a enfin communiqué, quelque 10 mois après. Lundi 28 novembre, ses responsables ont rappelé la mission de l’observatoire, contenue du reste dans l’accord-cadre sur le tourisme signé en octobre 2001, et qui devrait en faire, à terme, un instrument central de collecte, de production, et d’analyse de l’information statistique du secteur, et surtout un instrument d’aide à la prise de décision en matière d’investissement.

En effet, l’observatoire, et c’est important de le souligner, ne remplace pas le dispositif statistique du ministère du Tourisme qui publie chaque mois les chiffres des arrivées et des nuitées touristiques. Il va utiliser ces informations et les compléter par un travail de terrain, entre autres, via des enquêtes, sondages et études pour constituer une banque de données dynamique dans le paysage du tourisme.

Des objectifs ambitieux, mais des moyens limités

Cette ambition est d’autant plus importante que l’observatoire va aussi privilégier la production d’études financières pour les mettre à la disposition des opérateurs. Déjà plusieurs études ont été lancées pour le compte de l’observatoire par le cabinet Masnaoui Mazars dont l’une recensera la capacité d’hébergement du pays. Une autre porte sur les performances d’exploitation des établissements hôteliers. Une troisième, la plus importante, se consacre à l’établissement de «comptes satellites» du tourisme : poids du secteur dans l’économie établi à partir des données de la comptabilité nationale et d’enquêtes, synthèses financières et monétaires, ratios de rentabilité, etc.

Tous ces travaux et informations seront publiés dans des supports destinés à cet effet : lettres régionales du tourisme, notes de conjoncture, radioscopie annuelle de l’état d’avancement de «la Vision 2010»…
Mais si la naissance de l’Observatoire du tourisme et les missions qu’il s’est assignées sont à saluer, il faut souligner que les risques qui planent sur cet organe ne sont pas négligeables. Trois défis sont à surmonter : la recherche d’une source de financement pérenne, la crédibilité de l’information qu’il va diffuser et sa neutralité. Or, pour l’heure, l’observatoire démarre avec un financement du ministère du Tourisme et l’équipe restreinte qui y travaille vient aussi de ce département.

S’agissant des ressources, s’il est acquis que les grands groupes hôteliers nationaux et internationaux paieront leurs cotisations, qu’en est-il de la majorité des hôtels ? Car, tout compte fait, les grands groupes représentent à peine 25 % du parc hôtelier. Même remarque au sujet de l’information qui servira à constituer la base de données de l’observatoire. Si, encore une fois, les leaders du secteur vont fournir le système d’information de l’observatoire en données fiables, qu’en est-il des autres établissements ?.